ENSEIGNEMENT, COLLÈGES
qu'il s'agit d'une organisation et non d'une création.
La Faculté des Arts célèbre dans le monde entier dès le début du xni" siècle, avant même la naissance des Facultés de Droit, de Médecine et de Théologie, primait et dominait les autres.
Il y eut vers le milieu du xn"^ siècle des écoles monastiques et cléricales et des écoles laïques, des cours libres fondés par des professeurs.
Les statuts du 27 mars 1742 établirent l'organisation de la Faculté des Arts. Le régent ou le lecteur dans les écoles de grammaire ou de dialectique devait être examiné ou approuvé par l'évêque ou par son délégué spécial qui devait s'adjoindre pour cet examen quelques régents.
Plusieurs collèges gravitaient autour des Facultés des Arts, de Médecine et de Droit :
Le collège Cistéricn de Valmagne^ doté en 1263, par Jayme V"^ d'Aragon, était situé dans le faubourg Saint- Guilhem et particulièrement affecté aux études théologiques.
Le collège de Saint-Germain^ annexé au monastère des bénédictins de ce nom, construit de 1364 à 1368, par Urbain V, entretenait 16 étudiants clercs, dont 6 au moins du diocèse de Mende. Les constructions de ce couvent sont aujourd'hui occupées par la Faculté de Médecine.
Le collège de Mende fondé par Urbain V en 1369, à l'entrée de la rue Germain (ancienne rue Saint- Mathieu) et de la rue Urbain V, était destiné à l'entretien de 12 étudiants en médecine du diocèse de Mende. On l'appelait aussi pour cette raison le collège des Douze Médecins.
Le collège de Saint-Ruf, situé en face du collège Saint-Germain, était une fondation du frère d'Urbain V, le cardinal Anglie Giimoard, évêque d'Albano, et abritait 18 bourgeois : 6 pour les Arts, 8 pour le Droit, 4 pour la Théologie. La durée de la bourse était de sept ans. Les pensionnaires étaient soumis^
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l'obligation de ne parler que latin. Le règlement était des plus sévères. Ce fut une des maisons les plus prospères-, elle dura jusqu'aux guerres de religion et se rouvrit au x\ii^ siècle pour envoyer des boursiers aux jésuites.
Le collège de Gtrone^ en face le collège de Mende, fondé par Jean Brugerie, maître ès arts et docteur en médecine vers le milieu du xv^ siècle, pour deux étudiants en médecine de Girone, son pays natal.
Le fondateur avait laissé un testament de 700 écus d'or et certains objets mobiliers.
Il fut transporté plus tard, vers le milieu du XVI® siècle, rue des Carmes, dans une maison qui a gardé de nos jours le nom de Collège de Girone.
Lç collège du Vergier ^owdela C li a pelle-Netive 'à c^iUse d'une chapelle que Jean du Vergier y attacha ; cette maison fut bâtie vers 1470 dans l'encoignure des rues actuelles de la Chapelle Neuve et du Four-qui-Passe. Elle servait de logements à trois étudiants en droit et à un chapelain. La Faculté de Droit y élut domicile à deux reprises, en 1592 et en 1682.
Ces cinq collèges de Saint-Germain, de Mende, de Saint-Ruf, de Girone et du Vergier", rayonnant autour de l'Ecole de Médecine, située alors rue Saint- Mathieu (ou Germain), à la place de l'école de Pharmacie, formaient un groupe scolaire important, une sorte de quartier latin.
Le collège de Bresse ou de Pézenas fut fondé par Bernard Trigard ou Trigardy, ancien moine de l'abbaye de Valmagne, devenu évêque de Bergame en 1342 et de Brescia en 1349, par son testament de 13 =,8, pour dix étudiants pauvres de Pézenas, sa patrie, pris autant que possible dans sa famille, qu'il constituait ses hiritiers pour les trois quarts de sa succession. Il y eut jusqu'à 24 coUégiés. Il disparut aux guerres de religion, et plus tard les consuls de Pézenas en utilisèrent les revenus, auxquels vinrent se joindre quelques libéralités de Henri IV, pour
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fonder dans leur cité leur collège 'qui y est encore.
De nombreuses écoles mixtes de Théologie et de Belles-Lettres s'abritaient à l'ombre des couvents : Bénédictins de Sauret et Trinitaires de Saint-Maur ; Franciscains ou Frères-Mineurs, près la porte de Lattes ; Dominicains ou Frères-Prêcheurs dont le cloître et l'église situés dans le faubourg Celleneuve servaient de lieu de réunion à la Faculté de Droit; Religieuses de la Merci logées à la tour Ste-Eulalie au siège de l'Ecole de Droit; les Carmes établis sur l'emplacement de l'Hôpital Général, dont le collège comptait, en 1428, jusqu'à six régents et faisait partie de l'Université de Montpellier; les Augustins sur la rouie de Nîmes. Tous ces monastères donnaient en outre à leurs proies un enseignement analogue à la Faculté des Arts.
Dans les premiers troubles religieux de 1560 et 1^62, tous ces collèges, tous ces couvents furent saccagés et leurs archives pillées. Pendant une vingtaine d'années, il n'y eut plus d'enseignement littéraire suivi à Montpellier.
En 1579, les consuls, tous calvinistes, installèrent trois régents à FEcole Mage ; ils attribuèrent au premier trois cents livres de gages, au second cent quarante livres et au troisième cent livres. Pour cette dépense on imposa une crue de cinq deniers sur chaque quintal de sel. Les trois maîtres s'engageaient à lire pendant un an, à partir du jour de Saint-Luc, et s'interdisaient de recevoir aucune rétribution des élèves appartenant aux familles de la ville ou du diocèse. C'est ainsi que l'administration communale essaya de rétablir la Faculté des Arts. Elle n'ignorait pas le succès des jésuites ; elle savait que les anciennes méthodes étaient mises de côté ; de plus elle se proposait de changer l'ancienne croyance au moyen de l'éducation. Elle créa une position pécuniaire, et proclama la gratuité de l'enseignement.
Henri IV se montra libéral pour la culture des
lettres, et en 1596, il prescrivit l'enseignement des arts libéraux, des lettres humaines, des langues grecques et latines dans le collège qui voulait être de toute ancienneté. On établit cinq régents sous la direction du savant Cazaubon qu'on fit venir de Genève. Les classes furent ouvertes alors dans les locaux du collège de Mende, fondé par Urbain V, et appelé pour cela Collège du pape.
La translation dans l'île de Oézelly, sur l'emplacement actuel de Notre-Dame, eut lieu en 1600. Les places de régents furent mises au concours et l'on distribua des prix pour clore solennellement l'année scolaire.
Des statuts de 1608 organisèrent l'Académie Montpelliéraine de philosophie et de philologie. C'était un établissement mixte d'enseignement secondaire et d'enseignement supérieur. Sous l'ancien régime, ce collège ne fut jamais distinct de la Faculté des Arts et des Lettres.
L'autorité locale avait prononcé la suppression des petites écoles. Elle n'avait ouvert aux familles qu'une seule école annexée au collège, sous le titre de Classe des abécédaires^ et en avait confié la direction à deux maîtres calvinistes, auxquels il était défendu de recevoir des habitants aisés plus de deux sols par mois, ni de rien exiger des pauvres, sous peine de destitution immédiate. Les catholiques repoussèrent une telle éducation première ; ils parvinrent à obtenir une transaction, en vertu de laquelle la classe des abécédaires fut divisée d'après les religions.
Des arrêts du Parlement de Toulouse maintinrent l'évêque dans le droit de se dire secrétair»3 et conservateur du collège (161^-1617), de délivrer des lettres aux maîtres ès arts, d'instituer et de destituer les principaux et les régents. L'évêque Fenouillet demanda et obtint du roi que les jésuites fussent mis à la tête du collège ; leur installation s'effectua paisiblement le 20 juillet 1629 pendant que le cardinal