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ANCIENS JEUX

Anciens Jeux : Jeu de l'arc (ij. — De l'arbalète. — De l'arquebuse. — Du mail. — Du ballon. — Danse du chevalet. — Danse des treilles. — Danse des bâtons. — Les joutes. — Anciens chants.

Montpellier est une ville où les jeux et les divertissements ont toujours été en grand honneur. Quelques-uns d'entre eux, comme le chevalet, ont une origine locale et le jeu de mail y a eu de nombreux adeptes.

Les réjouissances publiques étaient autrefois bien plus nombreuses et le peuple et les étudiants y prenaient une grande part. L'entrée dans la ville des grands personnages était bien moins officielle que de nos jours; les harangues parfois naïves, dites avec la conviction et la sincérité qu'on apportait dans ces fêtes, faisaient naître un enthousiasme général. Les écoliers lors de l'entrée à Montpellier de Marie des Ursins, femme de Montmorency, en 1615, récitèrent en sa présence une pastorale en langage du pays et dansèrent ensuite le ballet des aveugles. On dressait des arcs de triomphe, la ville offrait des cadeaux ; le peuple poussait des vivats et les consuls et les notabilités accompagnaient leur hôte jusqu'à l'hôtel qui lui était destiné.

(lj,Voir Bibliographie Troubat F.

Le jeu de l'arc est peut-être le plus ancien des jeux de Montpellier. Les statuts, renouvelés en 141 1, disent « qu'on les a dressés pour soutenir et maintenir les bonnes coutumes faites et ordonnées par nos anciens pères, prédécesseurs et saints prud'hommes ».

La compagnie dite des archers était composée des principaux bourgeois de la ville, soit mariés, soit jeunes gens; les artisans n'y étaient pas compris.

Plus tard, ils prirent le nom de chevaliers qui leur parut plus honorable. Leur nombre étaitd'environ 250.

Leur chef portait le nom de capitaine, roi et gouverneur du noble jeu de l'arc. Il était nommé à vie. Dès son élection, faite à la pluralité des voix, l'élu se rendait à l'hôtel de ville, où se trouvaient les consuls revêtus de leurs robes et de leur chaperon rouge pour le recevoir; ils mettaient le capitaine entre le premier et le second consuls et se rendaient tous ensemble au bruit des trompettes, des tambours, des hautbois et des violons dans le fossé, où le capitaine prêtait entre les mains du premier consul le serment accoutumé.

Les exercices avaient lieu dans le fossé compris entre la porte de Lattes et la citadelle. On tirait le perroquet le premier jour du mois de mai; c'était une figure d'oiseau, faite de bois et peinte en vert, qu'on attachait au haut d'un mât de navire élevé de dix-huit toises (36 mètres), et qu'il fallait abattre à coups de flèches.

La compagnie des archers se faisait un honneur d'aller tirer au perroquet lorsqu'un personnage de qualité était de séjour à Montpellier.

En 1634, le corps de la bourgeoisie voulut donner au duc d'Alcuin le divertissement du perroquet.

Les bourgeois, armés d'arcs et de flèches, avaient au milieu d'eux leur enseigne, en habit magnifique, portant son drapeau, entouré de douze jeunes hommes des mieux faits et habillés de tafletas, gris de lin, avec des bouquets de plumes sur leurs chapeaux»

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Après avoir perché le perroquet on commença le tir au bruit des fanfares, des trompettes, mêlé à ceux de hautbois et de violons. Le perroquet ayant été abattu quelques jours après, on promena le vainqueur par toute la ville.

En 1701, pendant le séjour du duc d'Anjou et de ses frères le duc de Bourgogne et le duc de Berry à Montpellier, les officiers du noble jeu de l'arc leur furent présentés et furent passés en revue par eux. Ils défilèrent au nombre de plus de deux cents, tous en uniformes, avec leur suite accoutumée, de Maures, de Sauvages, de Turcs et de Cupidons, mêlés d'un grand nombre de musiciens.

Les premiers officiers du perroquet saluèrent de la flèche qu'ils tenaient à la main et ensuite du chapeau ; ils se mirent à côté pour faire place à deux petits amours, qui présentèrent deux caisses en forme de croissant, peintes d'azur etsemées de fleurs de lis d'or. Les princes assistèrent de la fenêtre de leur appartement aux tirs du perroquet, et signèrent sur le registre de la compagnie, qui est parvenu jusqu'à nous.

La rue Jeu-de-l'Arc a conservé le nom de ce jeu; elle se trouve près du square de la gare de Palavas.

Le jeu de l'arbalète est pour le moins aussi ancien que le jeu de l'arc.

Ce jeu était aff"ecté aux artisans; ils élisaient leur capitaine et leurs officiers de même que les chevaliers du noble jeu de l'arc; ils n'avaient d'autres armes que l'épée et l'arbalète, qui est un arc d'acier qu'on bande avec effort par le secours d'un fer propre à cet usage ; ils s'en servaient pour tirer des traits appelés matras, plus courts et plus gros que les flèches des archers. Le lieu de leur exercice était dans le fossé de la porte de Lattes à la porte de la Saunerie.

Leurs exercices et leurs cérémonies étaient les mêmes que ceux du jeu de l'arc.

Au jeux de l'arc et de l'arbalète succéda celui de Tarquebuse»

Chaque sixain (quartier de la ville) formait une compagnie et chacune d'elles allait pendant le mois de mai s'exercer au tir dans le fossé près de la porte du Pila Saint-Gély.

En 1699, pour faire oublier au peuple la disette dont il avait souffert aux mois de juin et juillet, les consuls jugèrent à propos de faire reprendre le jeu de l'arquebuse. Les consuls, selon l'ancienne coutume, donnèrentà chaque sixain dix écus pour le prix qu'ils devaient tirer tour à tour. Ce fut un consul qui s'approcha le plus du but et reçut le rondeau de bois peiniuré\ le tireur qui vint après reçut l'épée, le fusil, avec la mise de tous les tireurs, ayant à sa charge les frais du jeu.

La rue de TArquebuse, située au-dessous de l'Esplanade, rappelle le souvenir de l'endroit où avaient lieu les tirs à l'arquebuse.

Le jeu du mail est un des plus anciens jeux établis à Montpellier; un proverbe ancien disait que les enfants y naissaient un mail à la main. Les habitants passaient autrefois pour les plus habiles joueurs de l'Europe.

Plusieurs souverains étrangers s'adressaient à Montpellier pour se fournir de mails à virole d'argent, avec le manche garni de velours et d'un petit trainon de frange d'or.

Les joueurs de mail sont appelés les chevaliers du bois roulant et les ouvriers en mail palemardiers.

De tous les anciens jeux, c'est le seul qui a survécu et les adeptes en sont encore très nombreux.

Le jeu du ballon paraît remonter au milieu du XVI® siècle.

Le ballon était en cuir très dur et de petite dimension. On le gonflait en y introduisant du vinaigre avec une seringue ; les joueurs étaient armés d'un brassard en bois. Ce jeu demandait une certaine adresse. Il était très en honneur, il y a un siècle, dans un grand nombre de villages. On le jouait encore à Montpellier, il

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