‹ Histoire de MontpellierChapitre 81 sur 145 · DANSE DU CHEVALET · texte numérisé non relu

DANSE DU CHEVALET

y a cinquante ans, à l'endroit où se trouve actuellement le square de la gare de Palavas.

L'origine de la danse du chevalet remonte à 1207, année de la naissance du roi Jacques P'' (p. 50). Les habitants, pour fêter l'entrée àMontpeUier de Pierre, roi d'Aragon, son père, avec sa mère la reine Marie, prodiguèrent les plus grandes marques de réjouissances autour du cheval qui les portait.

Aussi en i239,lorsque ce roi vintpasser plusieurs mois à Montpellier, « ses vassaux lui firent-ils une grande fête en son château de Lattes. Cette fête ne fut qu'un renouvellement de celle qu'ils avaient faite autrefois lorsque la Reine, sa Mère, revint de Mirevaux avec le Roi son Epoux. Pour en rappeler le souvenir, ils avoient rempli de Paille la Peau d'un Cheval, pour représenter celui sur lequel le Roi Pierre avoit porté la Reine Marie en croupe; et comme si cette pauvre Bête devoit prendre part à leur joye, ils la faisoient danser de la manière que nous voyons qu'on le fait encore. »

Parmi les réjouissances qui eurent lieu à Paris pour la convalescence du roi Louis XV en 172 1, on cite la danse du chevalet.

« Un jeune homme monté sur un petit cheval de carton proprement équipé et semblable à ceux qu'on introduit quelques fois dans les ballets, lui fait faire le manège au son du hautbois et des tambours -, un de ses camarades tourne autour de lui, ayant un tambour de basque, dans lequel il fait semblant de vouloir donner de l'avoine au chevalet. L'adresse consiste en ce que le chevalet doit paroître éviter l'avoine pour ne point se détourner de son exercice et que l'affectueux donneur de civade doit le suivre dans toutes ses caracoles, sans s'embarrasser avec lui ; ce qui se fait avec beaucoup d'agilité et toujours en cadence. Vingt-quatre danseurs, vêtus à la légère, avec des grelots aux jambes et conduits par deux capitaines, entourent ces deux-ci, et s'entrelacent en plusjeiirs

laçons en dansant toujours les mêmes rigodons que le chevalet. »

La danse du chevalet plut si fort aux princes (duc d'Anjou, duc de Bourgogne et duc de Berry), qu'ils voulurent emporter des exemplaires en làngage du pays, des chansons, qu'on avait pris soin d'imprimer pour eux.

Des fragments en sont parvenus jusqu'à nous.

Donnas de civada au paure chivalet, Fasès lou beurc, quand a set.

Lou flatou, lou gratou, lou chivalet s'en ris, etc. Dounàs la civada au paure chivalet Qu'es mort de fam, qu'es mort de set, L'aflata Lou grata

lînd'un riban vert

A In moda de Vauvert.

le fai de belesas,

E coucardas niesas

Sus soun nas que ris

A la nioda de Paris,

La danse du chevalet a eu lieula dernière fois pour les fêtes du Centenaire de l'Université (1890).

On n'est pas bien fixé sur l'origine de la danse des treilles (las treilhas).

C'est un vrai ballet populaire, qui, s'il faut en juger par le costume champêtre des danseurs et des danseuses, est un souvenir des fêtes de Bacchus ou des vendangeurs.

Les danseurs et danseuses conduits par des coryphées passent et repassent en cadence sous des cerceaux garnis en mousseline gaufrée et ornée de rubans et de fleurs. La danse des treilles, comme celle du chevalet, a été exécutée à Montpellier lors des passages des personnages remarquables, des souverains et des grandes fêtes locales.

Un hautbois et un tambour de petite dimension jouent un air auquel on a adapté les vers suivants :

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