‹ Histoire de N.S. Jésus-Christ, exposition des saints évangiles (volume 2)Chapitre 15 sur 69 · CHAP. VII. — RETOUR DANS LA LÉCAPOLE · texte numérisé non relu

CHAP. VII. — RETOUR DANS LA LÉCAPOLE

fiance irrésistible : « Fils de David , guérissez-les ! -» Leur foi ne va pas jusque-là. Ils demandent à Jésus de leur imposer les mains, de faire effort pour les guérir , « s'il en a le pouvoir. » Tel est, avant la régénération spirituelle, l'état des fils d'Adam. Chaque jour , sur tous les points du monde, on apporte à l'Eglise catholique des sourds-muets et des aveugles spirituels à introduire dans le royaume des cieux. Fidèle à la tradition de son divin Maître, le ministre de Jésus-Christ impose les mains sur la tête de l'enfant : « Dieu tout-puissant et éternel, père de Jésus-Christ Notre- Seigneur, dit-il, daignez abaisser un regard sur votre serviteur, que vous appelez au privilège de la foi, et chassez les ténèbres qui aveuglent son cœur*. — Puis le prêtre humecte son doigt de salive ; il touche les oreilles et les narines de l'enfant, en disant : Ephphethaj Ouvrez-vous, à la suave odeur des parfums de l'Evangile. Satan , prends la fuite ! car le jugement de Dieu s'approche ^. » Ainsi parle et agit, depuis l'ère évangélique , l'Eglise fondée par Jésus-Christ, reproduisant, sur les sourds-muets et les

^ Omnipotens , sempiterne Deus, Pater Bomini nostri Jesu Christi, respicere dignare super hune famuîum tuum N. quem ad rudimenta fidei vocare dignatus es ; omnem cœcitatem cordis ah eo expelle. {Ritual. roman., de Sacrant. Baptism., edit., Mechlin, in-S", 1850, pag. 16.)

^ Postea sacerdos digito accipiat de saliva oris sui, et tangat aures et nares infantis ; tangendo vero aurem dexteram et sinistram, dicat : Ephphetha, quod est, Adaperire ; deinde tangit nares, dicens ; In odorem suavitatis. Tu autem effugare , diabole : appropinquabit enim judiciumDei. {Ritual. rom., ibid., pag. 20.)

aveugles spirituels qu'on présente au baplome , les actes symboliques accomplis par Notre-Seigneur sur le sourdmuet de la Décapole et l'aveugle de Bethsaïda. Le pliarisaïsmc prolestant et le rationalisme sadducéen peuvent le constater. La tradition catholique descend du Sauveur, et y remonte, par une chaîne non interrompue. La porte du salut, dont les clefs furent remises à Pierre, s'ouvre aujourd'hui, après dix-neuf siècles écoulés , exactement dans les mêmes conditions , avec la même formule, les mêmes rites que sur les bords du lac de Tibériade, quand Notre- Seigneur illuminait l'œil des aveugles et rendait l'ouïe aux sourds. Qu'on ait pu méconnaître le signe divin d'une pareille unité, que des passions et des préjugés de secte, que le parti pris de l'incrédulité n'aient pas saisi ce caractère d'immanence et de perpétuité , imprimées à l'œuvre rédemptrice, malgré les variations des âges , les révolutions sociales, les revirements de la science, de la philosophie et de la Httérature humaines, en vérité c'est là un des miracles d'aveuglement que l'esprit du mal, le prince de ce monde, a seul la puissance de produire !

Petrus ^^' " J^^'^S) ^^ l'Evangéhste, se rendit alors sur le territoire de Césarée de PhiHppe *. Après avoir prié seul, il prit avec lui ses disciples, et parcourut les bourgades voi-

* L'ancienne Pancade, située aux sources du Jourdain. Le tétrarque Philippe l'avait fait reconstruire , et lui avait donné le nom de Césarée, en l'honneur du César Tibère.

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