‹ Histoire de N.S. Jésus-Christ, exposition des saints évangiles (volume 2)Chapitre 19 sur 69 · II · texte numérisé non relu

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arcs s'évanouirent, les spectres devinrent de plus en plus pâles et vagues , et enfin le phénomène disparut entièrement. Au commencement , la figure des arcs était ovale ; vers la fin, elle était parfaitement circulaire. » Tel est le récit de l'illustre voyageur. On pourrait y joindre des faits analogues, observés par la science moderne, sur les hauteurs du Brocken, ou dans les eaux transparentes de Naples et de la Sicile. Mais, en vérité, le rationalisme , qui croit y trouver les éléments d'une assimilation avec le prodige du Thabor, oublie que l'Orient est la patrie du mirage ! Sur les eaux du lac de Génézareth , où ils conduisaient leurs barques, Pierre, Jacques et Jean avaient été vingt fois témoins de ce phénomène naturel, que toutes nos caravanes ont encore aujourd'hui l'occasion de constater. La reproduction, à distance , des objets, dans le miroir rayonnant de l'air ou des eaux, n'a jamais passé pour un fait surnaturel. Les spectres répercutés ainsi n'ont pas de voix ; ils ne s'entretiennent pas entre eux, dans un langage que l'on puisse entendre. Ils sont ce qu'est l'ombre d'une personne dans une glace ; ils en suivent les moindres mouvements. Supposez le phénomène du Pambamarca sur le Thabor , les quatre spectateurs, savoir : Jésus-Christ, Pierre, Jacques et Jean, formeront quatre images représentées à distance, et, si l'on pressait la comparaison, visibles seulement une à une pour chacun d'eux. Cela ne constitue point une transfiguration. Les sept couleurs de l'arc-en-ciel ou du spectre

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n'ont rien de commun avec le visage de Jésus, qui, pendant sa prière, devint étincelant comme le soleil. Les dégradations de l'incarnat, de l'orangé , du jaune et du vert ne ressemblent en rien à la blancheur de neige qui resplendit sur les vêtements du Sauveur. Enfin, la voix sortie de la nuée, qui dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j'ai mis toutes mes complaisances, écoutez-le ! » cette voix, distincte de celle des trois interlocuteurs , et qui fait tomber la face contre terre les Apôtres épouvantés, par quelle illusion d'acoustique a-t-elle retenti sur les som • mets de la montagne ?

32. Le mirage du rationalisme se trouve d'ailleurs en identification face d'une réalité plus éloquente que tous les raisonne- tagnedeia

Transflgura-

ments. Pierre, Jacques et Jean ont subi le martyre pour at- tion avec le

Thabor.

tester la divinité de Jésus-Christ. On ne meurt pas sur une croix, on ne se laisse pas décapiter , ni plonger dans une chaudière d'huile bouillante, pour l'honneur du plus habile des physiciens. La transfiguration des pêcheurs de Galilée en apôtres est aussi miraculeuse que la transfiguration de Jésus-Christ lui-même, et la transformation du monde, opérée par l'Evangile, ne passera jamais pour une illusion d'optique ou une réfraction des rayons lumineux dans un nuage. Ici encore les souvenirs évangéliques se sont gravés sur des monuments qui leur donnent un corps. Le texte sacré ne désigne point, par son nom, la montagne qui fut ]e théâtre de ce grand événement. Cependant, la tradition a

suppléé à ce silence. Saint Cyrille, évêque de Jérusalem, en 350; Eusèbe de Césarée, vers la même époque, savent le lieu précis du miracle. Ils nomment le Thabor, Vltabirion des Grecs, le DjWjieZ-A^owr (Montagne de lumière) des Arabes modernes*. L'impératrice Hélène, la mère de Constantin le Grand, fait construire une basilique, à l'endroit môme oii Jésus fut transfiguré. Depuis lors, tous les pèlerins qui visitent la Palestine sont venus prosterner leur front au lieu où Pierre, Jacques et Jean « tombèrent la face contre terre. » Voici la description qui nous est fournie par l'un d'eux. « Le sommet du Tbabor est un plateau d'une demi-lieue de circonférence, légèrement incliné à l'ouest, tout recouvert de chênes verts, de lierres, de bosquets odorants, de ruines antiques et de souvenirs. A la partie sud-est du plateau, trois autels, protégés par de petites voûtes, marquent l'emplacement oi!i Jésus apparut dans sa gloire, escorté de Moïse et d'Elie. Le côté méridional de la montagne offre le plus beau spectacle de la terre. Le regard s'étend au loin vers le sud, à travers les montagnes de Gelboë , sur les chaînes bleuâtres de Juda et d'Ephraïm ; les hauteurs plus sombres du Carmel arrêtent la vue au couchant; au nord , elle se promène sur la Galilée, tout imprégnée des pas et des miracles du Sauveur ; elle descend dans l'ombre de ses vallées,

1 Voir la réponse aux difficultés proposées contre cette identification de la montagne désignée par l'Evangile avec le mont Thabor. (Ms' Mislin, Les Saints Lieux, tom. III, pag. 406-410.)

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