CHAP. VII. — LA TRANSFIGURATION
pour se porter ensuite sur la cime la plus élevée de l'Anti- Liban, le grand Hermon , ancien asile des lions et des léopards', presque toujours couronné de neiges; puis viennent les déserts du Hauran, le miroir si profondément encadré du lac de Tibériade, la vallée du Jourdain avec son fleuve sacré, où. les cieux se sont ouverts, comme sur le Tbabor, pour laisser descendre les complaisances du Très- Haut sur le Fils d'une Yierge de Nazareth. L'immense plaine d'Esdrelon , où les guerriers de toutes les nations qui respirent sous le ciel ont planté leurs tentes dans la suite des âges, se déploie , comme un tapis éclatant d'or, digue des splendeurs d'un tel lieu. En contemplant cette magnificence, on se sent pris d'un saint enthousiasme ; on croit voir encore la nuée lumineuse , et entendre la voix de l'Eternel, Le chrétien quia vu les merveilles du Thabor croit pouvoir dire, avec le prince des Apôtres ' : Ce n'est point en suivant d'ingénieuses fictions que nous avons fait connaître la puissance et l'avènement de Noire-Seigneur Jésus-Christ ; mais après avoir été nous-mêmes les spectateurs de sa majesté, nous avons entendu cette voix qui venait du ciel, lorsque nous étions avec lui sur la montagne sainte ^. »
33. «Le lendemain, dit l'Evangile, Jésus et les trois Le démoniaque disciples descendirent de la montagne*. Etant arrivés au deDatireh.
1 Cantic. Cantic, iv, 8. — ^ II Petr., i, 16-18. ^ M^'' Mislin, Les Saints Lieux, tom. III, pag. 404-406. * Le petit village de Dabereh ou Dabarith, ainsi nommé en souvenir de Débora, au pied de la montagne du Thabor, sur le lieu
lieu OÙ les autres disciples les altendaient, ils les trouvèrent environués d'une grande foule de peuple, au milieu de laquelle des Scribes leur parlaient avec véhémence. La multitude, en voyant Jésus, fît silence. Quel est, demandat-il, le sujet de votre discussion? — Alors, un homme sortit de la foule et vint se prosterner à ses pieds, en disant : Maître, j'ai amené ici mon fils unique. Jetez , je vous supplie, un regard de compassion sur sa misère. Il est atteint d'épilepsie, et se laisse tomber soit dans l'eau, soit dans le feu. Quand l'esprit du mal s'empare de lui, il le précipite avec violence, et l'infortuné pousse des cris, il écume, grince des dents et se tord dans des convulsions dont il reste tout déchiré. Je l'ai présenté à vos disciples, en les priant de le délivrer du démon ; mais ils n'ont pu le guérir. — Jésus dit alors : Génération incrédule et perverse, jusques à quand serai-je au milieu de vous et vous supporterai-je? Amenez-moi ce jeune homme. — On le lui amena. Comme on l'approchait de Jésus, l'esprit du mal le saisit, l'arracha aux mains qui voulaient le contenir , et le précipita violemment sur la terre, où il se roulait en écumant. — Le Seigneur interrogea le père et lui dit : Depuis combien de temps cela lui arrive-t-il ? — Dès son enfance , répondit cet homme. Souvent le démon l'a jeté dans l'eau ou
même de la célèbre victoire remportée par les Israélites contre Sisara est désigné, par la tradition, comme le théâtre de cet épisode évangélique (MEf Mislin, Les Saints Lieux, tom. III, pag. 402. )