‹ Histoire de N.S. Jésus-Christ, exposition des saints évangiles (volume 2)Chapitre 21 sur 69 · CHAP. VII. — LA TRANSFIGURATION · texte numérisé non relu

CHAP. VII. — LA TRANSFIGURATION

dans les flammes pour le tuer. Si vous pouvez quelque chose, secourez-nous et ayez pitié de notre affliction. — Jésus lui dit : Si vous pouvez croire vous-même , tout est possible à celui qui croit ! — Le père s'écria , en fondant en larmes : Je crois, Seigneur ! Yenez en aide à mon incrédulité ! — Jésus, voyant le peuple accourir en foule, menaça l'esprit impur, en disant : Esprit sourd et muet, je te l'ordonne, quitte le corps de ce jeune homme et n'y rentre plus à l'avenir ! — Alors , poussant un grand cri et l'agitant avec violence , le démon sortit de l'enfant qu'il laissa inanimé, en sorte que plusieurs disaient : 11 est mort ! — Mais Jésus prit la main du jeune homme, qui se leva guéri, et le rendit à son père. La multitude, épouvantée, admirait la grandeur de Dieu. Jésus entra ensuite dans une maison, et les Apôtres, le prenant à l'écart, lui demandaient : Pourquoi n'avons-nous pu chasser ce démon ? — Il leur répondit : A cause de votre incrédulité. — Seigneur, dirent-ils , augmentez en nous la foi ! — Jésus reprit : Si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé , vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d'ici là, et la montagne le ferait. Vous diriez à ce mûrier : Déracine-toi et va te planter dans la mer; il vous obéirait. Quant à cette sorte de démons, on ne peut les chasser que par le jeûne et la prière*. »

34. Quoi qu'en dise le rationahsme, non-seulement Jésus La théorie

* Matth., XVII, 14-20; Luc, ix, 37-45; Marc, ix, 13-26.

i84- HISTOIRE DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CURIST.

évangéiique opère dcs pi'odiges , mais il donne à ses Apôtres la théorie

da miracle.

du miracle. Chose remarquable ! l'Eglise catholicjuc, aujourd'hui, comme les Apôtres au pied du Thabor, est investie de ce pouvoir surnaturel. Ce signe divin n'a jamais cessé de resplendir à son front. A l'heure où nous écrivons ces lignes, une commission permanente, établie à Rome pour examiner juridiquement et constater les merveilles opérées par les serviteurs de Jésus-Christ, enregistre des miracles environnés de tous les caractères de la plus scrupuleuse authenticité. Il y deux ans à peine, le monde chrétien se donnait rendez-vous à la Confession de Saint-Pierre, pour assister à la canonisation solennelle de trente-deux saints. Chacun d'eux avait opéré des miracles. La foi, qui transporte les montagnes, ou qui déracine les arbres, est toute-puissante aujourd'hui, comme à l'époque évangéiique. Les saints, ces héros de la foi, se transmettent, d'âge en âge, l'empire sur la nature que le divin Maître légua à ses Apôtres. Leur pouvoir n'est pas un art magique, ni une puissance occulte. L'unique secret des thaumaturges, depuis Moïse jusqu'à saint Vincent de Paul, est renfermé dans celte révélation du Verbe incarné : «Tout est possible à celui qui croit. » Mais quelle unité magnifique du Testament Ancien avec le Testament Nouveau, dans l'atmosphère du surnaturel ! Quel épanouissement de la puissance humaine, régénérée par l'amour de Dieu, dans la série de merveilles qui commence aux patriarches, traverse l'Horeb

CHAP. YIl. — DERNIER YOYAGE A CAPHARNAUM. 185

et le Sinaï, étonne l'Egypte des Pharaons, ébranle les sommets de Séir, les forêts du Cédar, refoule les flots de la mer Rouge, suspend le Jourdain dans sa course , arrache a^'ec Ehe des victimes à la mort, éclate avec Daniel sous la ■voûte des palais babyloniens, pour aboutir à l'effusion de prodiges de l'histoire évangélique et à la perpétuité du miracle, au sein de l'Eglise de Jésus-Christ !

§ VII. Dernier voyage à Capharnaûm.

Page 1