‹ Histoire de N.S. Jésus-Christ, exposition des saints évangiles (volume 2)Chapitre 4 sur 69 · XIII · texte numérisé non relu

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le précepte sabbatique , il venait de raccomplir, dans le sens le plus élevé , il avait sanctifié le jour du repos par le sceau du miracle. Cependant l'esprit de la législation mosaïque, étouffé sous les absurdes commentaires des Pharisiens , avait disparu pour faire place à des pratiques serviles, commandées par un rigorisme tracassier, et surveillées ipar la jalousie orgueilleuse d'une secte. Moïse avait défendu de travailler le jour du sabbat. L'infirme, retournant guéri en sa demeure et y emportant son grabat, travaillait-il? Le divin Maître, en lui rendant, d'une parole, le libre exercice de ses membres, avait-il travaillé ? Toutefois , pour cette foule d'infirmes spirituels, pour ces paralytiques du pharisaïsme, ainsi que les appelle saint Augustin , le miracle opéré un jour de sabbat constituait une •violation du repos sabbatique. L'acte de transporter sur ses épaules le grabat oùun malade avait langui tant d'années leur apparaissait comme un crime. Encore une fois, de telles aberrations ne pouvaient se rencontrer que chez un peuple dominé par le rigorisme pharisaique, et emprisonné dans les minutieuses formalités d'une hypocrite observance \ Aussi quelle explosion de violences et de haines, quand le Sauveur a prononcé celte parole : « Mon Père ne

* A mesure que le récit évangélique nous présentera Notre-Seigneur Jésus-Clirist en face des erreurs et des préjugés des sectaires pharisiens^ sadducéens, hérodiens, etc., le lecteur pourra admirer la bonne foi avec laquelle on a osé dire que « les diverses écoles juives furent inconnues à Jésus. » {Vie de Jésus, p. 34, 35.)

26 HISTOIRE DE NOTIIE-SETGNEUR JÉSUS-CHRIST.

cesse jamais d'agir ! w L'action conservatrice de la Providence est incessante et ne connaît point d'interruption babbutique. Que deviendrait le monde , si la main qui le dirige, l'abandonnait un seul instant? « Voilà pomT|uoi j'agis moi-même. « La mesure et la règle de mon action ne sont pas différentes de celles de Dieu ! — L'affirmation par Jésus-Christ de sa propre divinité ne pouvait être plus nette. Aussi les Juifs ne s'y trompent pas. « Ces aveugles , dit encore saint Augustin, ces futurs bourreaux du Christ, comprennent ce que nos Ariens ' ne veulent pas comprendre. Ils s'irritent non pas d'entendre Jésus donner à Dieu le nom de père. Est-ce que nous ne disons pas tous : Notre Père , qui êtes aux cieux 2? Est-ce que les Juifs ne lisaient pas chaque jour la prière d'Isaïe : Seigneur, vous êtes notre père et notre rédempteur ^1 Ce qui excite leur fureur, c'est que Jésus donne à sa filiation divine un sens réel et absolu, tel qu'il ne saurait convenir à aucun homme. Ils se révoltent parce que Jésus se fait égal à Dieu \ » C'est là, pour eux, un blasphème, un crime national, prévu par leur loi, et passible de mort. Voilà pourquoi la foule, ameutée et

' Les Ariens morlernes n'ont ]ias fait avancer (run pas leur exégèse, et les paroles du grand évèque d'Hipi>onc n'ont rien |)erdu de leur actualité. «Jésus, disent-ils, n'énonce pas un moment l'idée sacrilège quil soit Dieu. » — « Que jamais Jésus n'ait songe à se faire passer pour une incarnation de Dieu lui-même, c'est ce dont on ne saurait douter. » ( Vie de Jésus, pag. 75, 242. )

2 Mattli., VI, 9. — • Isa., lxih, 16 , et lxiv, 8. — * S. August., In Joan. Comment.; Patrol. lat., toni. XXXV, col. 1535.

tumultueuse, « cherchait, dit l'EvangéUste, à le faire mourir, non plus seulement parce qu'il violait le sabbat, mais parce qu'il appelait Dieu son Père, en se faisant lui-même égal à Dieu. »

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