‹ Histoire de N.S. Jésus-Christ, exposition des saints évangiles (volume 2)Chapitre 45 sur 69 · GHAP. XI. — VIA CRUCIS · texte numérisé non relu

GHAP. XI. — VIA CRUCIS

vrer Barabbas, et leur remit Jésus pour le crucifier'. » c( Lave tes mains, Pilate, elles sont teintes du sang innocent! Tu l'as octroyé par faiblesse; tu n'es pas moins coupable que si tu l'avais sacrifié par méchanceté! Les générations ont redit jusqu'à nous : Le juste a souffert sous Ponce-Pilate : Passus est sub Ponîio Pilato '. »

§ X. via Crucis.

21. La sentence était portée par l'autorité romaine, ce premières

stations

furent des soldais romains qui l'exécutèrent. « Prenant deiaToie

douloureuse.

Jésus, dit l'EvaugéUste, ils l'outragèrent encore, et après ces nouvelles insultes, ils lui arrachèrent le lambeau d'écarlate dont ils l'avaient affublé, lui remirent ses vêtements,

1 Joann.,xix, 13-16. Matth., xxvii, 24-26. Marc, xv, lo. Luc, xxm, 24-23.

* Dupin. Procès de Jésvs, p. 108. Voici, d'après une antique tradition, quelle aurait été la formule de l'arrêt de mort prononcé par Pilate : Jesum Nazarenum, sedactorem gentis, contemptorem Cœsaris, et falsum Messiam, ut majonim suœ gentis testimordo probatum est, ducite ad commimis suppïicn locum, et mm ludihriis regiœ majestatis in medio duorum latronum cruci affigite, I, lictor, expedi cruces. Le nom de Pilate a été enregistré par Tacite presque dans les mêmes termes où il figure au Credo. L'historien Romain a écrit : Tiberio imperitante , per procuratorem Poncium Pilatum Cfiristus supplicio affectus erat. (Tacit. Annal. , Itb. XV, cap. xxxxiv.) On sait que, deux ans après la mort du Sauveur, Pilate fut destitué par Vitellius, alors gouverneur général de Syrie, et envoyé à Rome pour se justifier devant l'empereur de plusieurs actes de cruauté qu'il avait commis. Exilé par Caiigula à Vienne, dans les Gaules, il se tua de désespoir. Selon une légende helvétique, il se serait noyé près du mont Pilate, dans le canton de'Lucerne.

560 niSTOIRE DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSCS-CHRIST.

et chargeant la croix sur ses épaules, le couduisirent au Calvaire, appelé en hébreu Golgolha \ » ïci commence le Chemin de lu Croix, dont tous les pas ont été et ne cesseront d'être arrosés de larmes, par la piété chrétienne. La première station se fait au tribunal de Pilate, quand le préteur se lave les mains, croyant effacer la tache du sang divin, qui flétrira à jamais sa mémoire. Du prétoire au Calvaire, on compte environ treize cent vingt pas. Jésus, traîné par ses bourreaux, escorté par les soldats , et suivi de la populace juive, passa d'abord sous l'arcade où il avait été montré à la foule, après sa flagellation. La rue, longue d'environ deux-cents pas, est en pente, et descend jusqu'à la rencontre de la route d'Ephraïm, maintenant route de Damas. «Sur la gauche, en descendant, dit Mgr Mislin, on trouve le heu où la sainte Vierge, qui s'était tenue aux abords du prétoire, durant cette cruelle matinée, et qui voulait encore une fois apercevoir son divin Fils, se plaça sur son passage , et s'évanouit en rencontrant son regard. » L'Evangile n'a point noté ce trait de la douleur maternelle. Le glaive, prédit par Siméon, frappait le cœur de Marie ; mais on dirait que l'humble Vierge a voulu cacher ses souffrances, avec le même soin qu'elle a voilé ses joies et ses grandeurs. Cependant tous les Pères nous ont conservé cette tradition, et TEghse catholique l'a enregistrée. Au

' Gûlgotha, expression chaldaïque, formée de l'hébreu Golgolth, simific : Crâne. Le mot Calvaire en est donc la traduction exacte.

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