Aussitôt après la mort de Jésus, continue l'Evangé
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liste, « ledécurion, Joseph d'Arimatliie , homme riche et ''{l^^'^^ considéré pour sa piété et sa justice, celui des Anciens qui Ss''^' n'avait pas voulu prendre part aux dernières délibérations du Sanhédrin, parcequ'il attendait le royaume de Dieu, vint courageusement trouver Pilate, et lui demanda le corps de Jésus. Pilate, étonné que Jésus fut déjà mort , manda le centurion. Jésus est-il mort? lui dit-il. — Sur la réponse affirmative de l'officier, Pilate fit donation du corps à Joseph \ » Il pouvait le lui 'vendre. Les préteurs et les proconsuls romains faisaient d'ordinaire payer aux parents, ou aux amis des suppliciés, la faveur que Pilate accorde ici gratuitement. D'un seul mot : Bonavit, « 11 en fît la donation, » l'Evangile nous retrace tout un système de jurisprudence et de tyrannie oubliées. Une autre expression de l'écrivain sacré mérite d'être remarquée. Joseph d'Arimathie avait jusque-là, dit S. Jean, soigneusement dissimulé ses relations avec Jésus, de peur d'encourir la haine et la vengeance des Juifs : Discipulus Jesu, occultusautem, propter metum Judœorum. Maintenant il est plein de courage; il s'avoue hautement disciple du crucifié, et se présente comme tel chez Pilate lAudacter introivit ad Pilatum. Les prodiges du Calvaire avaient relevé le cœur des amis de
* Matth., xxva, 57-58. Marc, xv, 43-45, Luc, xxiii, 50-52. II. 37
Jésus, en', même temps qu'ils conslernaient ses ennemis.
« Comme on était au jour Je la Parcisccve, repre«J TEvan-
géliste, et que le lendemain était le grand sabbat, les Juifs
ne voulurent point que les corps demeurassent suspendus
à la croix, pendant la solennité. Ils demandèrent à Pilate de
faire rompre les jambes aux condamnés, pour qu'on pût
les enlever. Les soldats vinrent donc ; ils brisèrent d'abord
les jambes des deux larrons, pour les achever. Mais, re-
m.arquant que Jésus était déjà mort, ils ne lui rompirent
point les jambes. Toutefois, l'un d'eux lui ouvrit le côté,
d'un coup de lance : de l'eau et du sang jaillirent aussitôt
de la blessure. Celui qui raconte ce fait, l'a vu de ses yeux,
et son témoignage est véritable. Ainsi furent accomplies
les paroles de l'Ecriture : « Vous ne briserez point les os
de l'Agneau pascal ',» et cette autre - : « Ils verront celui
qu'ils ont transpercé ^ »
Qu'est-ce que ce nouveau scrupule des Pharisiens et des
Prêtres? Pourquoi craignent-ils maintenant le cadavre de
celui dont ils ont voulu la mort ? Il y a, dans leur précipi-
1 ExoJ., XII, 46. Numcr., ix, 12. — ^ Zacliar., xii, 10, 3 Joann., xix, 31-36. Une des chapelles de l'Eglise du Saint- Sépulcre, à Jérusalem, porte le nom de chapelle de saint Longin. Le nom du soldat rouiain, dont la lance perça le cœur du divin iMaitre, était Lo7iginus. On lit au Martyrologe Romain, sous la rubrique du 15 mars : Cœsareœin Cappadocia, passio sancti Longini, militis, qui latus Bomini lauceàper forasse peïhibetur. {MartyroL lioman. 2o niartii. Bolland. Eodem die. Valmcr, tom. X, Tract., 48.) La lance, ou hasta romaine, qui perça le cœur de Jésus, est aujourd'hui conservée à Rome, dans la basilique de Sainte Croix de Jérusalem.