CHAP. XI. — LA SÉPULTURE
lation, et dans leur démarche auprès de Pilate, un aveu de terreur suprême. Les convulsions de la nature; le voile du Temple déchiré par le milieu, en deux parts égales, à l'heure où le prêtre commençait le sacrifice du soir * ; les ténèbres de ce jour sanglant ; les tombeaux entr'ouverts ; tous ces prodiges ont jeté dans leur âme une consternation indicible ! Ils ont hâte de faire disparaître les traces de leur forfait. Naguère ils s'écriaient : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! » Ils ne se faisaient aucun scrupule de violer la sainteté du Jour de la Préparation! Maintenant ils ont peur de la croix silencieuse, et du sang qu'ils ont versé ! Pour abréger les tortures des condamnés, les Romains avaient coutume de leur rompre les jambes, avec une barre de fer, ou de leur asséner sur la
« Dans le premier temple, bâti par Salomon, il n'y avait qu'un rideau, sur le mur qui séparait le Sanctuaire du Saint des Saints. Mais lorsque , après la captivité de Babylone , on rebâtit le temple sous Esdras, comme on ne savait plus si le rideau était suspendu autrefois en dedans, ou en dehors du mur, et si ce mur lui-même était posé sur le sol du Sanctuaire , ou sur celui du Saint des Saints , on plaça deux rideaux, l'un intérieur, l'autre extérieur, en laissant vide l'espace intermédiaii'e. Sous l'action électrique du tremblement de terre, le prêtre qui entrait dans le héchal ( sanctuaire) pour le sacrifice du soir, au moment précis (trois heures) où Notre - Seigneur expirait sur la croix, dut voir les deux rideaux se partager du haut en bas, et le Saint des Saints s'ouvrir; ce qui, dans le premier temple, n'aurait pu arriver sans que le mur tombât. L'Evangéliste saint Marc désigne le rideau qui se déchira, sous le nom grec de KaTo.TrsTaar/.a. Or c'est précisément le nom du voile intérieur du Saint des Saints, tandis que le rideau extérieur du Sanctuaire s'appelait KaXu;j.{;.a, » ( Sepp. La vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ , tom. II, p. 48.)
poitrine un coup de massue. Cela s'appelait le coiqy de grâce. Mais Jésus était mort. Le soldai pour mieux s'en assurer, lui perce le cœur, du fer large et recourbé de sa lance romaine. De l'eau et du sang jaillissent de la blessure. Au point de vue physiologique, c'était un signe infaillible de la mort, puisque le sang décomposé laisse échapper la partie séreuse. IMais la blessure du cœur de Jésus avait une signifîeation divine, pour le salut du monde. Le sang divin, et l'eau de la grâce, qui s'en échappent, sont deux sources d'immortalité, ouvertes à jamais pour les générations fidèles !
Lî sépulture 27. c( Yei'S Ic soir , dit l'Evangile, Joseph d'Arimathic
par Joseph . , , i t ' ti ' • ' i
dArimathie viut, pour enlevcrle corps de Jésus. 11 était accompagne de
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Nicodème, ce docteur qui avait eu , des la première année du ministère public, un entretien nocturne avec Jésus. Nicodème apportait pour la sépulture, environ cent livres d'une composition de myrrhe et d'aloës. Joseph avait acheté un suaire neuf, dont il enveloppa le corps de Jésus, après l'avoir détaché de la croix. Joseph et Nicodème l'entourèrent ensuite de bandelettes, avec les aromates, selon le rit d'ensevehssement des Juifs. Or, au heu même du Calvaire, Joseph s'était fait creuser, dans le roc, un sépulcre où personne n'avait encore été déposé. Comme l'heure où finissait la Parasceve, et où le lever des étoiles allait marquer le commencement de la Pàque, était proche, Joseph se hâta de porter le corps dans le sépulcre, à l'entrée duquel