GHAP. XI. — LA SÉPULTURE
il roula une grande pierre, et se retira. Cependant les femmes Galiléennes, assises en face du sépulcre, virent déposer le corps dans le tombeau. Elles se retirèrent ensuite, dans l'intention de préparer les aromates et les parfums, pour la sépulture définitive. Mais , pour obéir aux. préceptes de la Loi , elles demeurèrent en repos, durant toute la journée du sabbat \ »
Josepb d'Arimatbie, un membre du Sanhédrin , Nicodème, un docteur de la Loi, ensevelissent de leurs mains le supplicié du Calvaire. Qu'était-ce donc que Jésus? Ces deux
' Matth., xxvii, 37-61. Marc, xv, 40-47. Luc, xxin, 49 ad ultira. Joann., xix, 38 — ad ultim. «On arrive aujourd'hui, dit >!"■■ Mislin, à l'emplacement de la croix par plusieurs escaliers, qui ont de douze à dix-huit marches. En descendant du Calvaire, on trouve immédiatement la Pierre de l'onction , sur laquelle Joseph d'Arimathie et Nicodème oignirent le corps de Jésus. Cette pierre, maintenant recouverte d'une table de marbre rougeàtre , n'a que quelques pouces d'épaisseur; elle est longue de huit pieds, etlarge de deux. Le Saint Sépulcre est à soixante-trois pieds de la Pierre de l'onction. En entrant dans le Saint- Sépulcre, une petite porte conduit d'abord dans la Chapelle de l'Ange ; une pierre qui est au centre indique le lieu où se tenait l'Ange , quand les saintes femmes portant des parfums , vinrent voir le Sépulcre. Jusqu'à l'époque de Constantin , la Chapelle de l'Ange était une grotte naturelle, qui fut rasée pour faire place au monument qu'on y éleva. En avançant un peu, on se trouve dans une petite chapelle, de deux mètres de largeur. La partie qui est à droite est occupée par le Saint- Sépulcre, qui est couvert d'une table de marbre, brisée par le milieu; quatre personnes peuvent se tenir agenouillées à côté. La voûte et les parois sont revêtues de marbre, ainsi que le tombeau. Une quantité de lampes en or et en argent brûlent constamment dans ce sanctuaire; et des fleurs toujours renouvelées y répandent leurs parfums. ( Les Saints Lieux, tom. II, p. 260-270.)
illustres personnages, qui s'étaient tenus caches pendant la vie de Jésus, se montrent courageusement à sa mort. Les Apôtres s'effacent au sépulcre. L'Evangile ne les mentionne même pas. Ils étaient là pourtant ; puisque S. Luc, quelques lignes plus haut, nous a dit: « Les amis de Jésus se tenaient à quelque distance de la croix, avec les femmes de Galilée, et observaient de loin tout ce qui se passait *. » Mais les Apôtres expient la lâcheté de leur fuite à Getlisémani; avec Pierre, ils se taisent et ils pleurent. Au milieu des femmes assises, à l'entrée du sépulcre , était ^larie , la Mère de Jésus, devenue, en ce jour, la Mère des Douleurs. Elle reçut, dans ses bras défaillants, le corps ensanglanté qu'elle avait adoré à la crèche de Bethléem. Les sept paroles de son Fils sur la croix, comme sept glaives, avaient transpercé son cœur. Mais ses angoisses sont silencieuses, comme l'avaient été ses joies. Le fils adoptif, qui lui a été légué sur le Calvaire, ne soulève pas lui-même, dans son Evangile, le voile de douleur, sous lequel s'enveloppe la compassion de Marie. La Reine du ciel traverse l'océan d'amertume qui doit sauver le monde, sans qu'une parole révèle la subhmilé de son sacrifice. Seuls, les Prophètes ont décrit à l'avance ce martyre de l'amour maternel : « 0 vous qui passez sur le chemin , contemplez et voyez s'il est une douleur semblable à ma douleur ! ^ ^) Le manteau d'humilité de la Vierge-Mère est aussi impénétrable que * Luc, XXIII, 48-49. — ^ Thrcn , i, 12.