‹ Histoire de N.S. Jésus-Christ, exposition des saints évangilesChapitre 14 sur 63 · CHAP. II. — VISION DE ZACHARIE · texte numérisé non relu

CHAP. II. — VISION DE ZACHARIE

f(xv(o9ev) 1, et qu'il le poursuivra, selon l'ordre chronologique (x.%(iilx;) 2. Tels sont les deux caractères que, d'avance, il signale , comme devant être exclusivement propres à son œuvre. Or, en supprimant les deux premiers chapitres de saint Luc, c'est-à-dire la naissance de Jean-Baptiste, et l'histoire des premières années de Jésus-Christ, en quoi l'Evangile de saint Luc se distinguerait-il de celui de saint Marc, puisqu'il commencerait avec ce dernier, au baptême du Jourdain ^1 Comment justifierait-il l'intention, préalablement accusée, de prendre le récit dès le principe (avweav), c'est-à-dire au delà même de saint Matthieu, qui débute seulement par l'Annonciation? Saint Luc ne se serait donc pas entendu lui-même, quand il traçait, de sa plume inspirée, le prologue de son Evangile ? Et voilà un second miracle, que les rationalistes auront à subir, pour compenser celui de la vision de Zacharie , dont ils ont horreur. Ils expliqueront comment un Evangéliste, qui ne se comprenait pas lui-même , a pu subjuguer la foi de l'univers. Ce n'est pas tout, cet imposteur, ce faussaire , qui , au second ou troisième siècle , aurait interpolé la légende de saint Jean-Baptiste, aurait dû, pour réussir, être un véritable thaumaturge. Son plus grand miracle eût consisté à se rendre invisible. En efiet, nul ne l'a vu, ni soupçonné, dans toute la série de l'histoire chrétienne ; il s'est dérobé à toutes les rechercb s. Origène , en l'an 200, ne l'a pas * Luc, i, 3 . — - Ibid. - 3 Marc, i.

■VU ; et pour échapper aux regards d'Origène, il fallait plus que de l'iiabileté. Mais surtout, en l'an 150, Celse, le païen, Tennemi des Evangiles, ne l'a pas vu. Pour tromper ce regard, plein de haine, il fallait une finesse bien voisine du prodige. Or Celse le philosophe cite le premier chapitre de saint Luc, et il en prend occasion de flétrir le nom immaculé de Marie ^ Où placer donc votre invisible faussaire, dans une période historique si scrupuleusement gardée? TertulUen, Irénée, antérieurs à Origène, ne l'ont pas connu. Saint Papias , dont Eusèbe note avec tant de soin les précieux témoignages , n'en avait nul soupçon. Gardez donc, avec vos autres mythes, cet apocryphe miraculeux. La première page de saint Luc n'a pu être inventée , après coup, par un faussaire posthume.

Preuves 3. Elle porte d'ailleurs, en elle-même, des signes d'in-

mtrinsèques . . , . . i ' i •

dei'authen- contcstable authenticité. Imaginez un ignorant légendaire,

ticité du récit

évangéiique. éciivaut après la ruine du Temple , et improvisant, sans une seule faute, tout l'ensemble de l'histoire, des mœurs et de la religion juives. La seule expression, si simple en apparence : « Aux jours d'Hérode, roi de Judée, » suppose tout im ordre de connaissances , qui défierait une imposture rétrospective. Au second siècle , il y avait eu trois princes du nom d'Hérode , qui avaient régné en Judée : Hérode Tlduméen, dont nous avons écrit l'histoire ; Hérode-

1 Origen., Contra CeJsum, lib. I, cap. xx x; PatroL grœc, t. XI, col. 734.

Page 1