‹ Histoire de N.S. Jésus-Christ, exposition des saints évangilesChapitre 18 sur 63 · De ces régions, pleines de lumière et de paix, il jésns · texte numérisé non relu

De ces régions, pleines de lumière et de paix, il jésns

PII , 1 1 •> . était- il de la

nous laut redescendre , pour écouter les dernières arguties fimiiie de

. ■ David?

du rationalisme. « Ce qui prouve bien, continue-t-il , que le voyage de la famille de Jésus à Bethléem n'a rien d'historique, c'est le motif qu'on lui attribue. Jésus n'était pas de la famille de David (V. ci-dessous , p. 237-238 ) , et en

*Bossuet., £?euaf. sur les iUys^éres, xv« sem., v^ j;iév., édit. Lachat, tom. \II, pag. 267, 268.

eùt-il été, on ne concevrait pas encore que ses parents eussent été forcés, par une opération cadastrale et financière, de venir s'inscrire au lieu d'où leurs ancêtres étaient sortis depuis mille ans. En leur imposant une telle obligation , l'autorité romaine aurait sanctionné des prétentions, pour elle, pleines de menaces i. » — Jésus n'était pas de la famille de David ! Si un écrivain moderne commençait l'histoire d'Alexandre par ces mots : Alexandre le Grand n'était pas fils de Philippe, roi de Macédoine ; il ferait sagement de ne pas renvoyer son lecteur à un dédaigneux a ci-dessous, p. 237-238 ! » Il est vrai que l'histoire d'Alexandre n'atteindra jamais la notoriété de la Vie de Jésus. On aura donc la patience de chercher la citation indiquée , pour savoir à quelle famille appartenait le Sauveur; pour apprendre quelle généalogie nouvelle doit être substituée à celle de saint Luc , qui le fait descendre de David ^^ et à celle de saint Matthieu , qui lui donne la même origine ^ La curiosité ne peut manquer d'être puissamment éveillée, surtout en présence des textes précis de saint Marc, qui affirme que Jésus-Christ était de la famille de David*. Or, « l'Evangile de Marc, nous dit- on , est, des

* Vie de Jésus, p. 20, note. — ^ Luc, iv, 23-38. — ^ Matth., i, 1-17.

'' Jesu, fili David, miserere mei (Marc, x, 47, 48). Chnstum. filium esse David. (M. xii, 35). En ce dernier passage, l'affirmation a d'autant plus de valeur que c'est Jésus -Christ lui-même qui s'adresse au peuple réuni dans le Temple, et qui établit, par le témoignage des scribes eux - mêmes , que le Christ doit être fils de David. Manifestetement, si Jésus n'eût pas été de la descendance royale, il n'aurait

trois synoptiques, le plus ancien, le plus original, le moins chargé de fables tardivement insérées'. » Saint Jean a écrit , dans son Apocahjpse , cette parole significative : « Moi, Jésus, je suis la racine et le rejeton de David ^ » Mais saint Jean n'a pas les sympathies du moderne rationahsme. « Il montre sans cesse, dit-on, les arrière-pensées du sectaire ; ses tirades sont prétentieuses , lourdes , mal écrites. Une métaphysique contournée remplit tous ses discours ^. » Il est évident que la plume qui a écrit Vin principio n'était pas taillée à l'usage de nos lettrés. Du moins Fauteur des Actes des Apôtres a trouvé grâce aux yeux des nouveaux exégètes. Or, à la seconde page des Actes , saint Pierre sortant du Cénacle, s'adresse à la multitude réunie pour la solennité de la Pentecôte. Il proclame que Jésus était fils de David *, le Christ attendu, et prédit. Trois mille Juifs se font baptiser à sa voix. Saint Paul % un Juif, disciple de Gamaliel, nourri dans toutes les traditions nationales, dit deJésus-Christ que « Dieu l'a fait naître de la race de David , selon la chair. « On avait donc cru , jusqu'à ce jour, sur la foi de saint Matthieu, de saint Marc, de saint Luc, de saint Jean, de saint Pierre et de saint Paul, que Jésus-Christ était fils de David. L'unanimité de croyance ,

point rappelé cette circonstance , qui devait immédiatement détruire toute foi en sa mission. — * Vie de Jésus, Introduct., pag. xxxvni. — *Ego Jesu... Ego sum radix et genus David. ( Apoc, xxu, 16). — ' Vie de Jésus, Introduct., p. xxix, xxx. * — Act. Apost., i, 29-32. — ^Rom., i, 3.

192 HISTOIRE DE KOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CnRIST.

fondée sur runanimité des témoignages contemporains, rend plus intéressante la révélation négligemment renvoyée à « ci-dessous, p. 237-238. » Yoici cette révélation : « La famille de David, nous dit-on enfin, était, à ce qu'il semble, éteinte depuis longtemps ; ni les Asmonéens , d'origine sacerdotale, ne pouvaient cherclier à s'attribuer une telle descendance; ni Hérode, ni les Romains, ne songent, un moment, qu'il existe autour d'eux un représentant quelconque des droits de l'ancienne dynastie ^ )> C'est tout. Il est. évident que les quatre Evangélistes, et les témoignages de saint Pierre et desaintPau],sont anéantis par cette phrase, et que «Jésus n'était pas de la famille de David !» — « Il semble que la famille royale était éteinte depuis longtemps ; » c'est pour cela, sans doute, que tous les Juifs unanimement s'accordaient à attendre un Messie fils de David ! Il a semble que les Asmonéens n'avaient rien de commun avec la descendance de David. » Qu'est-ce que les Asmonéens ont à faire avec Jésus-Christ? Et, toutefois, les Talmudistes affirment que les Asmonéens réunirent le sang de la tribu royale à celui de la tribu d'Aaron^ ! Il « semble qu'Hérode ne songe pas un moment qu'il existe autour de lui un représentant quelconque de l'ancienne dynastie. » C'est pour cela qu'Hérode fait massacrer tous les enfants de Bethléem ! Il « semble que les Romains ne s'en préoccupent pas ; »

1 Vie de Jésus, pag 237, 238. — ^ Dans Galatinus, cap. iv, lib. IV, pag. 196. A. B. C.

CIIAP. H. — LE YOYAGE A BETHLÉEM. 193

qu'est-ce que cela faisait aux Romains? Et pourtant, comme s'il ne (levait pas même rester une syllabe, de tous les « semblants » du rationalisme , Pilate , le procurateur romain, a voulu maintenir, obstinément, à Jésus crucifié, son titre officiel de Roi des Juifs '. Et Yespasien, après la ruine de Jérusalem , faisait recliercher et mettre à mort tous les membres survivants de la famille de David ^. 29. Qu'on ait pu, un seul instant, prendre au sérieux î orme du

recensement

une telle puissance scientifique , jointe à de pareils procé- a-après la loi

romaine.

dés de discussion, cela paraîtra, avant vingt ans d'ici, plus surprenant qu'un miracle. Ce prodigieux « ci-dessous » ne saurait être dépassé, même par son auteur, bien qu'un tbaumaturge soit tenu de reproduire, à volonté, tous les miracles qu'il a faits une fois. A peine si nous aurons le courage, après cela, de relever l'anachronisme « de l'autorité romaine, sanctionnant des prétentions, pour elle, pleines de menaces, en imposante Joseph l'obligation de se faire inscrire » à Bethléem , berceau de sa famille ; au lieu d'envoyer, comme il se pratique chez nous, un tabellion , à son domicile de Nazareth, pour y recevoir la déclaration de ses nom, prénoms, âge et qualités! ce On ne conçoit pas, » chez les Romains, une tracasserie administrative aussi exagérée ! Imprudents, ils couraient au-devant d'une révolution ! Eh bien , disons-le , non pas à des lettrés, qui

Uoan., Evang., xix, 15, 19,21, 22. — ' Voir dans le chapitre intitulé : Enfance de Jésus-Christ , n" 20.

IQi HISTOIRE DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST.

le savent mieux que personne, mais à la foule, que de tels sophismes pourraient séduire : Chez les Romain?;, chez les Juifs, chez tous les peuples de l'antiquité, et maintenant encore, en Orient, ce n'était point une dure contrainte, c'était un privilège , plein d'honneur et de gloire , d'être recensé au lieu de l'origine. Au berceau des ancêtres ne s'attachaient pas seulement, comme chez nous, les souvenirs du cœur; mais tous les droits juridiques de propriété, de liberté, d'existence légale, renfermés, pour les Romains, dans le titre de citoyen, et, pour les Juifs, dans celui d'enfant d'Abraham. « La prétention, pleine de menaces pour l'autorité romaine, » eût été précisément celle d'imposer un système inverse. L'antiquité vivait par les aïeux ; nous, qui vivons uniquement du présent, trop ou bheux du passé , à qui nous devons pourtant tout ce que . nous sommes, il nous est permis de nous étonner des usagés antiques ; mais à la condition, du moins de les connaître. Voici un précis sommaire de la législation romaine, au sujet du recensement. Tout VAger Romanus avait été primitivement divisé entre les citoyens, qui en eurent la propriété utile, sans que l'Etat perdît jamais le haut domaine et la propriété réelle. L'Etat, dans son sens général, était la chose pubhque {Respuhlica) ; il se fractionnait en cités [civitas); le citoyen {civis) était celui qui était attaché à une cité, par la naissance au sein d'une famille libre. A l'époque d'Auguste, il n'y avait, dans l'immense étendue

de l'empire romain, que quatre millions de citoyens*. Qu'était tout le reste , aux yeux du droit ? Des esclaves ou des vaincus. Voilà pourquoi le recensement, à Rome, se faisait par tribu, c'est-à-dire dans le lieu originaire, sans égard au lieu de la résidence. On rappelait les citoyens, des provinces en Italie, pour qu'ils se fissent inscrire ; et, réciproquement, on ordonnait aux Latins, qui résidaient à Rome, d'aller subir le cens dans leurs propres municipes^ La loi Julia établit, en règle absolue, que chacun se fit recenser dans la ville dont il était citoyen. Le livre De Censibiis, d'Ulpien, nous a conservé jusqu'aux formules légales des rôles de recensement. Nous les reproduisons ici, pour édifier le lecteur sur le véritable caractère de ce que le rationalisme affecte de nommer une insignifiante « opération de statistique et de cadastre. » Ulpien , secrétaire et ministre d'Alexandre Sévère, ne sera pas accusé d'ignorer le droit romain. Quant au droit juif, il serait inutile de prouver qu'il était essentiellement basé sur la division par tribus, par familles et par héritages. Nous préférons emprunter, à la Bibliothèque Orientale d'Assémani», un fait plus récent , qui montrera la persistance de ces coutumes en Syrie. « Abdul-Mélik, ayant voulu procéder à un recensement de la Judée, ordonna, comme Auguste, que

* Marbre d'Ancyre, cité plus haut. — ^VelL, cap. ii, IS; cf. Cicer., Verr., act. 1, 18; Liv. cap. xui, 10; Zell., BeJect. Inscrijtt, Rom., p. 275, Heidelberg, 1850. — ^ Asscniani, Bibl. Orient, lib. Il, p. 104.

chaque individu se rendrait dans son pays, dans sa ville et dans la maison de son père, afin d'y être enregistré. « On croirait entendre l'écho de la parole de saint Luc : « Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville natale. Joseph se rendit en la cité de David appelée Bethléem ; car il était de la maison et de la famille de David K »

* Voici les tableaux de Recensement, dressés d'après les indications du Livre : de Censihus, d'Ulpien :

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