‹ Histoire de N.S. Jésus-Christ, exposition des saints évangilesChapitre 21 sur 63 · CHAP. II. — GÉNÉALOGIE DE JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

CHAP. II. — GÉNÉALOGIE DE JÉSUS-CHRIST

l'état d'impossibilité matérielle. Le feu avait consumé toutes les Archives du Temple ; et, dès lors, les Juifs dispersés, sont demeurés sans généalogie, confondus indistinctement sous le nom de fils de Jacob , ignorant euxmêmes à quelle tribu appartenaient jadis leurs aïeux.

35. Aussi l'existence des généalogies, reproduites par solution

de la question

saint Matthieu et saint Luc, suffit, à elle seule, pour établir des deux

péremptoirement que leur Evangile était composé avant la évangéiiques. destruction de Jérusalem (70). Leur discordance même est une garantie de plus de leur authenticité. Les nations étrangères, auxquelles les Apôtres portaient la bonne nouvelle du Verbe fait chair, ne connaissaient rien aux usages juifs; si, comme le suppose le rationalisme, «un travail populaire » s'était fait, après coup, et sur divers points, relativement aux origines du Sauveur, loin de prendre plaisir à dresser deux listes contradictoires, les auteurs apocryphes se seraient mis d'accord, pour reproduire scrupuleusement la même, dans les deux récits qu'ils auraient voulu faire adopter sous le nom de saint Matthieu et de saint Jaic. Ici encore, l'Evangile, dans son immuable et auguste simplicité , déjoue toutes les hypothèses du rationalisme. De toutes les généalogies juives, celle de la famille de Jésus-Christ devait être l'une des mieux conservées ; puisque, d'une part, elle représentait la descendance royale de David; et que, de l'autre, elle touchait à la race sacerdotale, par l'affinité de Marie avec Ehsabeth, descen-

â08 HISTOIRE DE îsOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST.

dante d'Aaron. Mais Jésus-Christ, dans sa personne divine, offrait aux généalogistes hébreux un type sans précédent dans l'histoire. Il passait légalement pour le fds de Joseph de Nazareth ; en réalité, il était fils de Marie, et n'avait point de père, parmi les enfants des hommes. Yoilà pourquoi Jésus-Christ a deux généalogies; l'une par Joseph, remontant à Salomon et David , c'est celle de saint Matthieu ; l'autre, par Marie, fille d'Héh ou Joakim , remontant à David par Nathan , c'est celle de saint Luc. Et qu'on veuille bien le remarquer, le nom de Marie ne se trouve pas, au début de la généalogie de saint Luc. Un apocryphe, étranger aux coutumes judaïques, n'aurait pas manqué de l'y inscrire. Pour éviter ce piège, il fallait de toute nécessité, que l'Evangéliste fût parfaitement au courant des usages hébraïques. En effet , la femme ne figurait jamais, dans les généalogies des Hébreux, à moins que son nom ne rappelât une origine étrangère, ou une alliance, illégale dans le principe, mais régularisée ensuite par des circonstances exceptionnelles. C'est ainsi que la généalogie de saint Matthieu mentionne Thamar , dont l'union avec Juda, l'aîné des fils de Jacob, rappelait un épisode fameux. Elle inscrit encore les noms de Rahab, l'héroïne de Jéricho , que son dévouement avait nationalisée en Israël; celui de Ruth la Moabite, et enfin Bethsabée, l'épouse d'Urie, devenue la mère de Salomon, dans les circonstances que chacun se rappelle. En dehors de ces

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