CHAP. II. — GÉNÉALOGIE D£ JÉSUS-CIIRIST
unions, étrangères ou exceplionnelles, la généalogie de saint Matthieu, qui embrasse une période de trois mille ans, ne nomme pas d'autre femme. C'est que, suivant la racine même du mot hébreu [Nssim] , les femmes étaient toujours passées sous silence. L'homme seul [Zkar) \ avait le privilège de perpétuer les souvenirs, ainsi que la race. Du jour où Marie était légalement l'épouse de Joseph, sous la plume des généalogistes, le nom de Joseph devait se substituer à celui de Marie ; en sorte que, suivant l'expression d'un récent exégète, «il y a, dans la généalogie de saint Luc, précisément ce qui devait y être. La femme est voilée ; on n'en parle pas, au désavantage même de la divinité du Christ. Il y a, sur cette ligne généalogique, l'empreinte d'une robuste authenticité. »
36. Et maintenant, avions-nous raison de dire que coaciusfon. toutes les académies du monde, mettant en commun leurs lumières, et les données historiques dont elles peuvent aujourd'hui disposer, ne réussiraient pas à refaire les deux généalogies de saint Matthieu et de saint Luc , si ces deux monuments venaient à se perdre ? Que signifie le « travail populaire, opéré sur divers point, » auquel le rationalisme veut faire honneur d'un pareil résultat? L'Evangile est un miracle vivant d'exactitude, de réalité vraie, d'authenticité saisissante. Il semble que la. Providence ait pris à tâche de multiplier , autour de ce monu- * Nssim { Oublier ) . — ^ Zkar ( Se souvenir ) ,
ment divin, les garanties les plus incontestables, Jérusalem sera effacée du milieu des nations, aussitôt que la généalogie du Christ aura été enregistrée dans le livre éternel. lies Hébreux perdront le souvenir de leurs ancêtres, aussitôt que la fleur patriarcale du Testament Ancien sera épanouie. Nulle main ne saurait plus ajouter un iôla, au livre de l'Agneau, scellé jusqu'à la consommation des siècles. Et l'on prétend arracher au monde la foi à l'Evangile ! Mais, qu'on essaie de soumettre à un contrôle aussi minutieux, à un examen aussi sévère , à une critique aussi exagérée le plus accrédité des historiens. Aucun n'y résistera. Une page de Tite-Live , prise au hasard , dans les quatorze ou quinze volumes de ses œuvres, ne pourrait supporter, sans de rudes échecs , une semblable épreuve. Et pourtant l'Evangile est debout. Origène l'expliquait au philosophe Celse; saint Justin l'expliquait au Juif Tryphon ; saint Irénée aux Gnostiques; saint Augustin aux disciples de Manès. Kepler, Leibnitz, Newton, Bossuet, les plus puissants génies que notre monde ait connus, tombaient à genoux, devant la merveille de l'Evangile. Et nous, qui balbutions à peine les premières lettres d'une science dont ces grands-hommes possédaient tous les secrets, nous n'aurions pas le droit d'adorer, dans sa manifestation évangéhque, la divinité radieuse de Jésus-Christ! Des pauvretés sophis-. tiques, quelques lambeaux d'érudition contradictoire, pillés, le long des siècles , à des hérésies vingt fois mortes, ■-■ '-■ J