C. Cf. infra, p. i4o
7. Catalogue, n® 77. Peut-être ce prévôt est Forquignun de Nancy qui, le 17 février ia44, vendit au prieuré de Flavitjoy ce qu'il possédait à Vaudeville et Cranteooy. (Le Mercier de Moméhk, b« a74.)
LES MONNAIES DE MATHIEU II. l3l
Nancy et les environs. L'abbaye Saint-Goêry d*Épînal, que Mathieu II venait de prendre sous sa protection spéciale, s'enyagea en échanf|e à payer annuellement entre les mains de ce prévôt une quarte de cire (acte de décembre 1227). Des seigneurs possèdent à Nancy des fiefs relevant du duc. Ainsi Ton nous cite monseigneur Cunon de Nancy. Le 25 février 1247, Mathieu II abandonne à ce personnage tout ce qu'il possédait au village de Leyr, excepté ce qu'il avait déjà cédé au monastère Sainte-Glossinde de Metz'. Enfin, quelques pièces de monnaie prouvent que l'atelier monétaire de Nancy continuait de fonctionner sous ce prince. Ni Agnès de Bar ni Gertrude ne semblent avoir frappé de pièces en leur nom dans la ville de leur douaire ; toutes celles qui sont parvenues avec la légende Nancy ont été émises par Mathieu II. Pour la première fois, nous voyons sur les monnaies la représentation du cavalier armé de toutes pièces, Tépée levée, qui se trouve plus anciennement sur les sceaux^; sous le cheval la lettre M,
MONNAIE DE MATHIEU II (l" type) MONNAIE DE MATHIEU H (a« type)
initiale du nom de Mathieu, entre deux points. Au revers est représenté à droite un aigle éployé avec la légende .NANCEI.5; c'est l'alérion-* qui, depuis le règne de Ferri II, est devenu l'emblème de la famille ducale de
I. Catalogue, n9 3o5. Pièces justificatives, n® xlvii, p. 3o4. Leyr, canton de Nomeny. De Rogéville, Dictionnaire dee ordonnances, t. II, p. i65, publie un acte de Maltiieu II, du a6 mai ia33, aux termes duquel ce prince aurait établi quatre tabellions dans la ville de Nancy et deux dans chacune des prévôtés du duché. Ces tabellions seraient entrés dorénavant en concurrence avec les notaires impériaux et ecclésiastiques. Mais cette pièce que reproduit Nokl, Recherches historiques sur Corigine du notariat en Lorraine, i83i, p. io3, a tous les caractères d'un faux. Elle est écrite en roman, ce qui est très rare à celle épotpie ; il y est question des baillis (au pluriel) et des procureurs du duché, qui n'apparaissent que plus tard.
a. Voir le très beau sceau de Simon I«<' sur une charte de 1 1 i5-i laG et que nous avons publié : Chartes antérieures au xiv« siècle conservées ti la bibliothèque de Nancy. (Extrait du /. S. A. L., 1899.)
3. Dk Saulcy, Recherches, p. 3o (pi. II, fig. 8); J. Hermerel, /,«* Monnaies des premiers ducs héréditaires, p. 71, fig. 34; Collection de Charles-Robert, n® 1200.
4. M. II. Lefebvre, a propos d'un sceau du duc Simon II (/. S. A. L., i8<j4, p. 3), a voulu voir la première représentation des alérions sur un sceau du duc Simon II, au bas de cet acte (A. 0., B, 798. Mandres, n^ a8). « In nomine sancte et individue Trinilatis. Ego Simon Dei providenlia I^thoringie dux et marchio cunctis notum facio posteris et modcrnis quod Balduinus de Mandlcs homo meu factus sit ligius post dominum Darneii (/e seigneur de Darney, Vosges, après lequel se plaçait Baudouin de Mandres dans la hiérarchie féodale), domum suam de Mandlcs a me feodc accipiendo iali modo, quod si heredem de légitima uxore mea per gratiam Dei habuero, Balduinus et hères ejus ab herede meo de légitima uxore mea diclam domum, ut de me tenuerant, sic tenebunt. Si vero moriar heredem de uxore mea legittima non relinqucns, Balduinus et hères ejus erunt a dicto hominio penitus absoluti et eamdem domum suam de Mandlcs a feodo absolutam in proprium suum allodium rchahebuot. Cujus rei testes fuerunt Bruno de Roseires, Gerardus li Truie, Jotfridus de Dawelleio, TrirricuR de Sassures, Tirricus de Sentalaphe, Arardus de Beleoneio, Gerardus de Tandun, Tirricus de Sesseio, dominus Tirricus de Mandlcs, et alii plurimi quorum memoriam non habemus. » Cet acte, comme M. Lefbbtre le fait observer, est bien de Simon II (1176-1205). Sur le sceau, le duc est représenté dans l'attitude du cavalier armé, se couvrant de la droite de son écu. Cet écu est traversé
l32 HISTOIRE DE NANCY.
Lorraine'. Ce type présente quelques variétés; à la place de la lettre M, on voit parfois sous le cheval une espèce de fleuron évidé et trilobé, et ici encore Ton a prétendu reconnaître le chardon ou bien une tige de rosier*. L'aigle est aussi, sur quelques pièces, accompagné d'une légende différente; 4-N — NCI; pourtant il semble bien que cette légende désigne la ville de Nancy 5.
d'une baode héraldique sur laquelle se trouvent des signes où M. Lefebvre a voulu voir des alérions. Mais nous y voyons plutôt de simples fleurons, analogues à ceux qui se remarquent sur le sceau de Simon I^^. Les alérions apparaissent pour la première fois sur un sceau de Ferri de Bitche, appendu à un titre pour Stiirtzelbronn, de l'amiée 1196. Le sceau a été reproduit par Dom Calmet, t. II, pi. Il, n» VIII. Quand Ferri II fut devenu duc de Lorraine, il garda cet emblème de son père (sceau reprt»duit ibid., n^ X); puis les alérions fîgurent sur les sceaux de Tliiébaut I^c et de Mathieu II. Voir Le Mercier de Morière, Catalogue, les deux planches.
I . L. QonfTARD, ReMution au duc Mathieu 11 de deniers attribués à Ferri III, dans les M. S. A. L,, 1876. M. QuLNTARD attribue à Mathieu II les pièces représentant un cavalier armé sans légende, et ré{)ée eu pal avec divers ornements et la légende .NANCEI. : mais nous continuons de donner ces pièces à Ferri III, puisqu'elles ont la plus grande analogie avec celles de ce prince qui sont signées.
a. Saulcy, pi. II, n. g; Hermerel, fig. 35; Chaules-Robert, Catalogue, no laoï. C'est dans ce catalogue qu'il est question de la fleur du chardon.