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Titre XLVII

QUFXQUES COUTUMES DE NANCY. lf>()

lait certainement en Lorraine. A Morville-sur-Seille, la femme injuriée suivait la coupable qui portait son fardeau et elle la fustigeait'. Dans révêché de Verdun, à Charny et à Vigneulles, la pénitence était répétée quatre dimanches consécutifs*. Quand, à la fin du xvi* siècle, les coutumes lorraines furent rédigées, il y demeura quelques traces de cet usage. I^a coutume de Marsal porte : « Femme appelée en matière d'injures évite réparation, si son mari déclare les désavouer ou soutient judiciairement par serment l'avoir battue ^ » La correction maritale remplaçait l'ancienne procession avec la pierre. La coutume générale de Lorraine dit que si une femme a commis le délit d'injures et qu'elle est condanmée à Tamende, cette amende ne peut être saisie sur les biens du mari, en cas de désaveu de sa part, mais seulement sur les biens propres de la coupable ♦. Nous voyons ainsi qu'au cours des siècles l'article de la loi de Beaumont s'est lentement modifié.

Nous voyons aussi par le coutumier publié à Beaumont au xvn' siècle que s'étaient introduits dans cette ville divers usages que nous retrouvons à Nancy. Cette coutume condamne le suicide comme un crime odieux ; le cadavre de celui qui avait attenté à ses jours était pendu au gibet avec ignominie ^ Il en allait de même en Lorraine. On faisait le procès au cadavre ; on le déposait à la geôle^; puis, après sentence rendue, le corps était attaché à une charrette, la tête en bas et la face contre terre et traîné par les rues jusqu'au lieu du gibet; là on le pendait par les pieds et, au bout de six heures d'exposition, on le jetait à la voirie 7. Nous retrouverons aussi à Nancy, quand nous parlerons des procès de sorcellerie, les mêmes moyens de torture qui sont indiqués dans l'acte de Beaumont : l'échelle et l'eau chaude à mettre au coupable « dedens le corps sans le trop oppresser^ ». Est-ce aussi un vieil usage de Beaumont que celui de faire un procès en règle aux animaux qui avaient blessé ou tué un être humain ? Après avis des échevins de Nancy, fut pendu et étranglé, le 20 mai 1672, à Moyenmoutier, un porc qui avait dévore un jeune enfant ; comme on est sur terre ecclésiastique, l'animal coupable est livré au prévôt ducal. Les condamnés sont d'ordinaire remis tout nus ; mais il faut bien qu'une courroie fie les pieds de l'animal récalcitrant. L'abbé a soin de déclarer que ce fait ne por-

1. Voir la charte octroyée à Morville-sur-Seillc par Warnicr, châtelain de Mousson, et Thieirj', sire de Morrille, le i«f janvier 1382, dans Lepage, Les Communes de la Meurthe, t. H, p. 78; Musée des archive* départementales» p. 128.

2. Clouet, Histoire de Verdun, t. lU, p. 16G; Dumo.nt, Les Ruines de la Meuse, t. I, p. i/|i.

3. Titre XXIV. Voir Coutumes de la ville et prévôté de Marsal. A Nancy, II. Thomas, 1761, p. 1 1.

4. Titre I, p. a^. Coutumes générales, Nancy, Dabin, 1770, p. 9. A .Mulhouse, l'on montre encore le Klappergtein que les femmes bavardes étaient obligées de porter. Voir l'amusante brochure «If Auo. Stœber, Notice historique sur le Klapperstcin. Colmar, i850. Sur toule cette question, Bon- ▼ALOT, o. /., pp. 491-49S.

5. La loix de Beaulmont, art. i38, Boxvalot, appendice, p. 19.

6. DÉS. Germaix, Ecrous et élargissements (Extraits des M. S. A. L., 1890), p. 3i.

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