Krug-Basse, o. l., pp
TABLEAU DE NANCY SOUS FEKRI IJl. l"]^
Quelques-uns de ces chevaliers qui siégeaient aux assises avaient à Nancy même un fief relevant du duc; aussi à leurs noms ils ajoutaient d'ordinaire la qualification : de Nancy. Dans les documents de l'époque de Ferri III apparaît ainsi Forquîgnon de Nancy qui achète la dîme cl le droit de patronage à Blainville'; Jean, chevalier de Nancy, qui fait un accord avec Tabbaye de Senones au sujet de biens sis à Vitrimont'; sa veuve Poince échangera plus tard ces biens avec le duc Ferri III '. Nous avons déjà rassemblé plus haut les textes relatifs au bailli Thiriat ou Thierry de Nancy*. Un autre Thiriat de Nancy, fils de Gérard la Tartre, achète vers cette époque une série de maisons à Nancy, des biens à ChampigneuUes et à Art-sur-Meurthe^. Il relève du duc le moulin de Boudonville, entre Nancv et Maxéville**. Citons encore un autre seigneur de Nancy, Gérard, fils de Tancien bailli Jean Belle tte 7.
Nous avons réuni en ce chapitre tous les renseignements qu'il nous a été possible de trouver sur Nancy à l'époque de Ferri III. Ce long règne a marqué dans l'histoire de la cité. Un nouveau couvent est créé sur son territoire, celui des Dames prêcheresses ; c'est même le premier monastère qui s'élève dans l'intérieur des remparts. Il exercera bientôt sa tutelle sur la Maladrerie de la Madeleine où sont recueillis les pauvres lépreux. L'organisation municipale de Nancy est ébauchée, quand le duc lui confère la loi de Beaumont. On doit toutefois regretter que les libertés accordées à la ville lui aient été peu à peu retirées. Les échevins deviennent des fonctionnaires judiciaires : les échevins administrateurs perdent bientôt leur nom et tombent sous la tutelle du prévôt. Au moins les traces de l'ancienne servitude tendent à disparaître et les redevances que les bourgeois doivent au duc sont maintenant fixées. Dans la ville se dressent de nouveaux monuments : les halles et le palais ducal. L'administration du duché de Lorraine se complique et des fonctionnaires plus nombreux habitent la capitale. Les chevaliers y tiennent leurs assises et sans doute l'animation est grande les jours où, sous la présidence du bailli, ils se réunissent dans un coin du palais, reçoivent les appels des juridictions inférieures et rendent leur sentence souveraine.