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2^4 IIISÏOIIIE DE NANCY.

mêmes avaient dérobé aux bénédictins du prieuré Notre-Dame. Chaque fondation a ainsi sa période de splendeur, que suit la décadence. Pourtant, même après i48o, Saint-Georges ne fut pas tout à fait négligé. René y fonda l'oflice solennel de saint René, à dire le 12 novembre; deux messes à dire chaque jour en Thonneur du mystère de l'Annonciation, puisque ce mystère était peint sur son étendard le jour de la bataille de Nancy ; des revenus sur les salines de Rosières étaient affectés à ces messes '. Il unit à Saint-Georges différents prieurés qui ne pouvaient plus que difficilement subsister par euxmêmes : celui de Lièvre, en Alsace'; de Saint-Don, sur la commune de Dombasle; de Saint-Thiébaut, sur la commune de Méréville'.

La création du chapitre primatial en 1602 porta un coup plus sensible encore à la collégiale Saint-Georges. Un chapitre nouveau, possédant des privilèges considérables, ayant pour chef le fils même du duc Charles 111, évêque de Metz et de Strasbourg, cardinal, s'établbsait à Nancy ^. Il obtint des privilèges très grands et Saint-Georges se trouva éclipsé. Le don du prieuré de Sainte-Mélaine, à Vandoeuvre^, et de celui de Saint-Pierre, à Ge^béville^^ ne fut qu'une mince consolation au milieu de ce désastre. Et voici que, contre le nouveau corps, les chanoines de Saint-Georges montrent toute leur jalousie; ils lui disputent le premier rang dans les processions, les honneurs ecclésiastiques ; et ces mesquines querelles absorbèrent les forces du chapitre au xvn' siècle alors que les Français occupaient Nancy, et même au début du xvni« siècle, après le retour de Léopold7. Le chapitre traînait misérablement son existence, lorsque Léopold, pour construire le Louvre de Boffrand, ce palais qui en sa pensée devait remplacer le palais ducal, eut besoin d'une partie de l'emplacement de l'église Saint-Georges. En 171 7, le chœur, un des transepts et six autels de cette église furent démolis, et ce qui restait, c'est-à-dire la nef, fut fermé du côté est par un mur*. Pendant ces démolitions, les chanoines disaient leur office à l'église voisine des Dames précheresses. Ils n'avaient dès lors plus qu'un tronçon d'église, où les chanoines étaient confondus avec la foule, où l'on ne trouvait même plus place pour les orgues ! Léopold leur donna bien quelques petites indemnités pour le terrain qu'il leur avait enlevé ; il promit de leur reconstruire une nouvelle église plus belle. Promesse illusoire : l'église ne fut jamais commencée, et le Lou\Te de Boffrand fut jeté à bas avant qu'il eût été terminé.

Stanislas, quand il fut devenu duc de Lorraine, comprit bien qu'une ville

I. Lepage, 332. Par son tcstameut, il donua à la coUécjialc Coo Cr. pour uo service à dire après sa morl et des messes de Requiem aux Quatre-Temps. (Don Calmet, t. III, Pr., col. 356.) 3. Voir les archives du prieure de Lièvre, G, 3()3-4oi.

3. Le pape Jules II ratiûa en i5o5 l'uniou de ces deux derniers prieurés à Saint-Georges, G, 38s.

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