I. I^. WiBifER, Catalogue, Monuments anciens, n
a. Journal de Nicolas {M. S. A, L., 1899, p. 348-349).
3. Sur les antiquités de Soulosse, voir Beaulieu, Archéologie de la Lorraine, t. I, pp. 157-247 ; JoLLOis, Mémoires sur quelques antiquités remarquables des Vosges, pp. 57-73.
4* Nijon, canton de Bourmont, arrondissement de Chaumont, Haute-Marne. Autrefois Noviomagus avait été identifié avec Neufchâteau par d'Anville et les archéologues lorrains.
5. E. Dbsjardins, Géographie de la Gaule d'après la Table de Peutinger, p. 128.
lO HISTOIRE DE NANCY,
demi. Or, il se trouve que Nancy est à peu près à la distance indiquée de cette route de Toul à Nijon. On a, en conséquence, identifié Andesina avec Nancy. Cette thèse, notamment, a été soutenue par un grand savant, étranger à nos contrées et qui ne s'est pas laissé entraîner par Tamour du clocher natal, le baron Walckenàer'. Maisy a-t-il eu sur notre territoire des sources minérales? Walckenâer ne s'en est pas inquiété. Si un indiscret avait fait cette demande, on aurait pu lui indiquer la fontaine Saint-Thiébaut, au pied de l'ancien bastion de ce nom. Descendez par l'escalier très raide de la place Saint-Jean actuelle dans la rue Saint-Thiébaut, et, à votre gauche, cachée par une maçonnerie, coule la fontaine aux eaux ferrugineuses. Au xvui^ siècle, le président du Collège de médecine, Bagard, en signale les vertus curatives*, et Lionnois affirme que cette source préservait les habitants du voisinage des fièvres si fréquentes à Nancy. « Dans les mois de chaleur, écrit-il, grand nombre de personnes de tous les quartiers de la ville se rendent à cette fontaine de grand matin avec leur gobelet et y boivent plusieurs rasades en se promenant hors de la porte Saint-Jean et se guérissent de plusieurs maladies ^ » Voilà donc la source minérale cherchée, et cette observation pourrait fortifier les conclusions de Walckenâer.
D'autres archéologues, sans indiquer Nancy même, ont cherché Andesina dans le voisinage de notre ville. Walckenâer, après Nancy, nous propose à la rigueur le village d'Essey*, à l'est de la ville, sans doute à cause d'une certaine ressemblance de nom. Beaulieu, de son côté, après avoir signalé toutes les antiquités romaines trouvées à Laneuvevillc, veut chercher sur le territoire de cette commune l'emplacement à' Andesina^, Mais à tous ces systèmes on peut faire une objection décisive : Nancy, Essey, Laneuveville sont situés à gauche du chemin de Metz à Langres, et notre ville de bains est nettement indiquée à droite de cette voie. C'est du côté de l'ouest et non du côté de Test qu'il faut chercher.
Or, tout à fait à l'extrémité nord-ouest du département des Vosges, sur un vaste plateau, au village de Grand, canton de Neufchâteau, se dressent de nombreuses ruines romaines. Ici sont encore debout deux arcades appartenant à un amphithéâtre dont les dimensions étaient égales à celles de l'amphithéâtre de Nîmes ; il pouvait contenir i5,ooo à 20,000 personnes. Ici se trouve en place cette belle mosaïque représentant des personnages de comédie et qu'a mise au jour M. Voulot ; ici sans cesse la pioche ramène des vases romains.
1. Géoçraphie anciennne historique et comparée des Gaules cisalpine et transalpine, Paris, 1839, t. III. Analyse géographique des itinéraires anciens, p. 90. Walckenfter, du reste, commet, en ce passage, une double erreur. Il cjmpte par milles romains, alors qu'il faudrait compter par lieues gauloises. Il fait partir Tembranchement vers Andesina de Toul, au lieu de le faire partir de la route entre Toul et Noviomagus.
2. Observations sur les eaux de la fontaine Saint-Thiébaut, Nancy, 17C3, cite par Lionnois. Nous n'avons pas retrouvé la brochure.