‹ Histoire de NancyChapitre 253 sur 642 · Chronique de Lorraine, p · texte numérisé non relu

Chronique de Lorraine, p

4. Saichent luit que Margueritte de Naacey, femme Jehan d'Argat, Katherine [de NanccyJ femme Jelian Begel et Aulison dicte fillette, femme Jehan Bertrant le courvesier, toute trois suers et démorani a Nancey ont recognu et confessei de lour plenae voluntei qu'elles trois conjointemeiit ont donnei pour Deu purement et en elmosne par pur et vrai don faicl entre lez vifs senz rapeller et pour tous jours maix en heritaige au priour et curei de Nancey et a lour ecclises dous solz de fors de cens annuel et lez ont promix a paier et a rendre chascun an au dit priour et curei et a lour successours le londemain de Pasquc communiant*, sus la poinne dou double, et pour melleur seurtei a aroir au dit priour et curei d'estre bien paiei chascun an dez diz dous solz de cens et dou double, s'il y encheoit, les dictes trois suers dessus nommées lez ont assignei a panre et lever chascun an sus ung meix qu'elles ont en la voie de sainct Desier emdroit la porte de* Bourde*, entre le meix Jehan Bourrée d'une part, et le gerdin Jelian Hesselet le gruier d'autre part, auqucil meix li dis prieur et curei poulroient aller pour le dit cens et pour le double, pour le démener au us et a la costuoie du paiix. Et est faicte ccste dicte donacion pour tant que li dis priour et curei et leur successours soient et seront tenus de faire en lour ecclise chascun an une foix l'anniversaire de Andreu le Rouxier, de Girardin le Pogueticr, de Escellctc lour femme, de lour peire et meire de elles trois meismes, de lour ancessours et successours. Si ont promix les dictes trois suers par lour foix données et sub l'obligacion de tous lours biens mobles et heritaiges presens et advenir qu'elle paieront a tous jours maix les dis dous solz de cens, et pourtcront bonne warenlie dou dit meix au dit priour et curei contre tous jusque a droit. En tesmongnaige de veritci, a la requeste des dictes trois suers, sunt ces présentes lettres seellees dou secl dou tabellion monseigneur le duc de sa court de Nancey, saulf son droit et l'aultrui. Que furent faictes l'an de graice notre signour mil trois cent quatre vingtz et deix, le quatorzcyme jour dou moix de décembre. (Le parchemin replié pour le sceau sur double queue.) A. Im G, 359.

5. Saichent tuit que honorable personne li sire Conraul Bourrée de Nancey, prestre prevost de l'ecdise collégial sainct George de Nancey, ait recognuy et confessei de sa plenne yoluntei qu'il, rewairdant et considérant la salvetei de son airme, ait donneir et donne pour Dieu purement et en elmonne pour tous jours maix en i'ecclise monssignour George de Nancey, au preTost et chapiltre de la dicte ecclise et a lour successours dous solz de fors de cens annuel que le dis sire Gonraol ait ehu acquesteir a Poiresson Warenel de Nancey le bouUengier, que Durant, flljc Malkut de saint Desier et Jeunette sa femme debvoient au dit Poiresson au jour de la saint Martin d*jTer, s paore

a. Celte expression signifie le jour de Pâques.

LA POHTE DK LA r.HAFFE. 267

a.i~d, les mentions de ce nom sont fréquentes sous les formes « Craffe, GralTe, ^^scraffe » ', etc.

On a discuté beaucoup sur i'étymologie de ce mot. Le chanoine de la i^rîmatiale qui rédigea en 161 g un mémoire sur Nancy prétend que cette porte est ainsi dénommée « du nom d'un gouverneur gentilhomme napolitain de la Casa de Caraffa' », et sans doute, en sa pensée, ce gentilhomme aurait bâ.ti la porte. Mais nul document ne nous parle de ce personnage, qui est aussi légendaire que le chevalier Mettius fondateur de Metz, ou Nanceius, [oiidateur de Nancy. On a voulu aussi rattacher ce mot à l'allemand Krajl (force), pour désigner une porte fortifiée ^ L'étymologie n'est pas invraisemblable ; nous trouvons en effet dans l'onomastique de Nancy beaucoup de mots allemands : le quartier du Crosne (AroA/i), la Cafhouse pour la douane {Kaajhaus)j le Somerhouse où se tenait autrefois l'école et où étaient gardes les seaux pour les incendies, dans la rue Pierre-Gringore-*; mais ces vocables soDt tous de date plus récente. Nous préférons voir dans le mot Craffe un ancien nom français, soit qu'il faille entendre par là quelques détails d'architecture, des coquillages ^ représentés sur les pieds-droits, ou encore des crampoDs de fer, grappe, grafe, retenant les pierres.

Cette porte des Bordes ou de la Craffe devait être, à la fin du xiv* siècle, d'une architectiœe encore assez primitive. Elle faisait pendant à la porte Saint- Nicolas, située au côté opposé de la Grande-Rue ou rue de la Boudière. Sur les autres côtés du rectangle étaient percées : vers l'est la porte Sacrée et une poterne qui mettait directement le palais ducal en communication avec la

^v One chaneriere séant on bain de saint Desier après une aultre cbaneviere qu'il ait de la maison ne l'ospitaol, devant la porte la Craif, si comme ces choses appert par dous paire de lettres saellees ^ Mel dou taubellion de Nancey, dedans lesquelles ces présentes sont annexiees, que li dis **^fw Conraul ait donnée et délivrées aulz dis signours de chapiltre avec tout son droit, raison et action. Et est fait li dis sire Conraul cest dicte donation pour cause et raison d'une armairc de \^nt séant on mur frontal de la dicte ecclise saint George entre le pourtal et la tour par devers le cbiftire que lidis signour de chapiltre li ont donnée et octroieez pour tous jours maix pour mettre ^ ycdle armaire tout ses lettres en depos et lez lettres de sa chappelle de la priourei notre Dame. Sj ait promix le dis signour Conraul par sa foix donnée et sus l'obligacion de tous ses biens qu'il ^''^tit a tous jours maix ferme et estauble la donacion dessus dicte sens aller au contraire en '"^ere que soit. En tesmoignage de veritei, a la requeste dou dit signour Conraul sunt ces lettres "^Uees dou sael dou taubellion monsignour le duc de sai court de Nancey, sauf son droit et l'autruy. V<K forent faictes l'an de graice monsignour mil quaitres cens et quaitre, le cinqyme jour dou moix ^ fenier (Original scellé sur double queue du sceau du tabellionat de Nancy). A. D., G, 359. — A ^^^ lettre sont annexées deux autres lettres, l'une du samedi après la fête de saint Luc l'évangéliste, 1387, par laquelle Garnis de Nancey clerc fils Jehan Warenel accense à Durant de Saint-Dizier et 'ouieùe sa femme ce meix entre une chenevière c qui est de l'ospital S^ Nicholay d'une part et le ^de S< Desier d'aultre part », contre un cens de deux sous de fors; la seconde de la Saint- ^ujceot i4o4 (aa janvier i4o5, n. st.), par laquelle Poiresson Warenel le boulanger, héritier de ^>nÙ8, vend au seigneur Conraul pour trois petits florins ces deux sous fors de cens séant sur un ^tt « entre une chaneriere qu'il est de l'ospitaul saint Nicholay defuer Nancey d'une part et le ruip ** Saint Dezier d'aultre part. »

^' Voir les plus anciens comptes de Saint-Georges, A. D., G, 6i4 (i435-i436). G, Gi5 (i465-i46G), "• ^*6(i 46g- 1470), et les notes suivantes de notre ouvrage.

*• Daïis DoM Calmbt, Notice de la Lorraine, t. II, col. 9.

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