LioNZfois, t. 1, p. sa
cienne citadelle. xVujourd'hui l'on a pris l'habitude, pour éviter la confusion, de réserver à la porte la plus rapprochée de la ville son ancien nom, port« de la Craffe, et de donner le nom de Notre-Dame à la porte extérieure, du côté de Malzéville.
Celte seconde porte était devenue tout à fait nécessaire, après les modifications qui furent apportées aux remparts de Nancy. Dès l'année i5o5 la porte de la GraQe fut flanquée des deux côtés d'un boulevard ; à la fin du xn* siècle, l'ingénieur Orphée de Galéan résolut de l'entourer de bastions. Au temps même où s'élevèrent les bastions le Marquis et le Duc, on commença la seconde porte. La date de iSgS, qu'on peut lire encore aujourd'hui sur une plaque de marbre de la façade extérieure, indique le moment où la construction fut élevée. Le caractère de cette porte est tout différent de celui de la porte de la Craffe; au lieu de l'architecture dite gothique, nous trouvons ici un échantillon du style fleuri de la Renaissance, avec pilastres rustiques, niches, encorbellements, fronton triangulaire.
Du côté extérieur s'ouvre dans la ville une porte rectangulairCi flanquée de deux portes secondaires ; pendant très longtemps, celle de gauche seule était ouverte au public; celle de droite était entièrement remplie par de la pierre de taille. Sur la clef de la porte principale l'on avait sculpté les armes de Salm, et, au-dessus, dans un vaste encadrement, les armes de Lorraine. Les unes et les autres ont aujourd'hui disparu.
Au-dessus des portes secondaires, on trouve d'abord de très beaux trophées d'annes; puis deux statues, placées dans des niches et dans un étal de conser\'ation lamentable. L'une de ces statues, celle de gauche, tient dans sa main une couronne qui, aujourd'hui, est simplement en fer-blanc ; aunlessous on lit sur une plaque de marbre cette belle devise latine : Scatam ihexpth gnabile xquitaSy l'équité est un bouclier qu'on ne saurait vaincre. A droite, une autre statue de femme est tout à fait abîmée ^ C'est précisément au-dessous de cette statue qu'on trouve le millésime de la construction de la porte : MDXCVIII.
La porte se tf*rmine par un fronton triangulaire, avec une niche. Dans cette niche, qu'entourent des drapeaux, des étendards, des canons, se trouvait, avant 1792, une Vierge avec l'enfant Jésus; en i863, sur l'initiative de Gu(»rricr de Duniast, l'on a placé ici une statue du duc Charles III, œuvre du sculpteur lorrain Jiorné Viard, et qui était d'abord destinée au palais de l'Académie. Charles III tient en main une charte qui, à l'origine, devait être celle de l'Université de Pont-à-Mousson ; mais, quand la statue du duc eut été transportée sur cette porte, la charte devint celle de la ville de Nancy.
I. Coiiiint* nous l'a fait rciuar<{uer M. Léon Germain, ces statues, trop graodes pour les niches où elles se trouvent placées, semblent avoir été rappartées. La statue de gauche qui devrait représenter l'Équité n'en a aucun des attributs ; c'est plutôt une Victoire. Lionnois, d*aulrc part, prétend que It statue i\o droite est une statue d'homme. Par suite, nous pensons ([ue les anciennes statues ont été dëiruites et remplacées après la llévolution par les statues actuelles. Celles-ci avaient à Torigine une autre destination. Peut-être proviennent-elles du parterre du palais ducal.