‹ Histoire de NancyChapitre 334 sur 642 · Joinvilie, chef-lieu de cauton, Vassy, Hnule-Marn · texte numérisé non relu

Joinvilie, chef-lieu de cauton, Vassy, Hnule-Marn

r>. Hugo, ms. elle, p. i(>3. Le P. Hu<io s'en réfère à une histoire maouscrile de René 11, nar J^Jf 01: LUD.

FNTH^E DE RRNiS II A NANCY. 887

l'on Tit bombance*. Mais il fallaK bien songer aux alîitires, et, quelques jours après, un incident prouva combien la situation était troublée.

Yolande reparlait le 8 aodt pour sou château de Joinville, et sou fils voulait l'escorter jusqu'à uue certaine distance. Mais à peine était-on arrivé à Jarville que le guetteur, placé sur la tour de Saint-Èvre, sonna le tocsin. Le bruit courut que des partisans venaient d'enlever le nouveau duc. I^a bounjcoisie

de Nancy prit aussilôl les armes ; les corps de «jarde abandonnèrent leurs postes pour se joindre à elle ; heureusement l'on trouva René sain et sauf et on

I, Chronique de Lorrainf, ç\>. iS.'i-iM, «vec li tauKse date Un iSaoïit. I.b vraii; dsW A. D., 0.343; I.RPAQC, Viiaiijiu igliie Sainl-Gearija, dans M. S. A. h., iSig, p. ai5.

1. Ce portr^t t%\. sang doute d« Hiiijues ran der Gocs. l^e duc est revttu des insignes delaTmsoa d'Or. Il tient en mains U Qêetie : car il vient d'être victorieux su concours i l'arc de la gullde Saint- Sébastien. On sait qu'à deux reprises, en i4G6 et en 1471, le prince abattit l'oiseau. Le tableau paraît ilre de 1466, alors que le prince avait irente-trois ans. Cf. Alpho.vsk Wautibs, Rechtrchet tur rhit- Inire rie nnirr prrmikre rrnh de peinture dora la itconde moitié rta xi-* tiède. Bruxelles, 188a.

le ramena en triomphe à Nancy. L'alarme avait été donnée à tort, et toute cette panique avait été provoquée par des Bourguignons, jadis amenés eii Lorraine par le duc Nicolas'. Ils craignaient, au début du nouveau règne, d*étre persécutés et ils profitèrent du trouble pour se sauver et gagner les pays voisins.

On pouvait à la rigueur soupçonner de mauvaises intrigues les Messins que, quelques mois auparavant, le duc Nicolas avait voulu surprendre. Mais raffaire de Metz fut arrangée : après de longues négociations. Ton décida qu'on rendrait de part et d'autre les prisonniers et qu'on réparerait les torts faits ^ On pouvait aussi croire que le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, avait mis la main sur le duc'; car à ce moment il convoitait la Lorraine.

11 la menaçait de trois côtés à la fois : au nord, par le Luxembourg que venait de conquérir son père, Philippe le Bon; au sud, par la Franche-Comté; à Test par les États autrichiens de la Haute-Alsace et le Val-de- Ville que le duc Sigismond lui avait engagés par le traité de Saint-Omer (9 mai 1469). Maître de la Lorraine, il réunissait les deux tronçons de ses domaines et il pouvait avec rapidité porter ses troupes de Dijon à Bruxelles ou réciproquement. Pour s'assurer de ce pays, il avait attiré à son parti, comme nous l'avons dit, le jeune duc Nicolas et lui avait promis la main de sa fille Marie. Mais le jeune René poursuivra-t-il la politique de son prédécesseur, ou au contraire prêtera-t-il l'oreille aux propositions que le roi de France, Louis XI, lui fait en grand secret?

René n'eut pas, en vérité, la liberté du choix. Le Téméraire, sous prétexte de le protéger, faisait entrer ses gens d'armes dans le duché et par le Luxembourg et par la Bourgogne. Puis, Charles était à ce moment à l'apogée de sa puissance. II venait de conclure avec Louis XI, après une campagne victorieuse, une trêve qui devait durer jusqu'au i* avril idyd; et, après s'être emparé en passant du duché de Gueldre, il se rendait à Trêves où il pensait que l'empereur Frédéric III ressusciterait pour lui l'ancien royaume d'Âustrasie. Il n'était bruit par le monde que de son faste, de ses costumes magnifiques, de ses richesses, des fêtes qu'il donnait aux princes allemands. Le mariage projeté entre sa fille Marie et le fils de l'empereur, le jeune Maximilien, allait encore augmenter sa puissance. Que pouvait contre lui le jeune duc de Lorraine, aux prises avec toutes les difficultés qui surgissent toujours à un nouvel avènement? René comprit qu'il ne lui restait qu'à céder. Pendant que (iharles était à Trêves, des négociations furent engagées; elles aboutirent

I. chronique de Lorraine, p. 187. Huoo, ins. cité, p. i65-i6C.

a. Le résumé du traité avec Metz (a8 avril i474)» dans Dom Calmet, t. HI, Pr., p. 476.

3. Jean de Roye, dans la Chronique scandaleuse, éd. B. de Makdhot, t. I, p. agS, prétend qiv René II fut fait prisonnier « à l'adveu et faveur du duc de Bourgogne ». îi ajonte même : t Poar laquelle cause, et afin de ravoir le dict conte de Vaudesmons {René II), fut prias pour mMrquf en la ville de Paris ung jeune fils escolier, nepveu de l'empereur d'Alemaigne >• Mais U nouvelle de IVnlfevement de René H n'était qu'un faux bruit.

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