‹ Histoire de NancyChapitre 343 sur 642 · Id.f ibid., t. 111, p. l\'À · texte numérisé non relu

Id.f ibid., t. 111, p. l\'À

DÉBUTS DES HOSTILITÉS ENTRE RENÉ II KT CHARLES LE TÉmÉRAIRE. 897

de Soleuvre, qu'il signait l'abandon de René 11, qu'il livrait la Lorraine sans merci au duc de Bourgogne. Mais, comme dit Commines, il préférait le gain à l'honnem*. Du reste, il en était arrivé à souhaiter l'anéantissement du jeune duc. n venait de confisquer sur le roi René la province d'Anjou que René II eût pu revendiquer un jour* (i474)- H songeait à prendre le Barrois, autre possession du roi de Provence, et précisément René II avait pris pied en ce duché. Jean de Salm, maréchal de Lorraine, et Philippe de Fresnel, seigneur de Louppy, l'avaient occupé en son nom. Des gouverneurs lorrains avaient été désignés pour les principales places fortes : Gérard d'Ayvillers pour Briey, Thierry des Armoises pour Clermont-en-Argonne, Jacques Fesseler dit Wisse pour Étain '.

Charles le Téméraire a, par suite de cette trêve, les mains entièrement libres et il va pouvoir assouvir sa haine contre René. Le défi que le prince lui avait porté l'avait jeté dans une rage noire ; et il trouvait double profit à prendre la Lorraine : l'exécution d'un dessein politique longtemps caressé et la satisfaction de sa vengeance. Dès le 3 juillet, il avait invité les signataires de la déclaration du i8 novembre il^'ji à rompre toute relation avec le duc René, sous peine d'être eux-mêmes considérés comme félons '. Puis, il avait lancé sur la Lorraine une armée, commandée par Campo-Basso. Les Bourguignons emportèrent Gondrecourt, Étain, Landres et vinrent mettre le siège devant Conflans-en-Jarnisy*. Un capitaine basque au service de la Lorraine, Gratien d'Aguerre, opposa une vive résistance. En vain René II supplia La Trémoille, campé à Hatlonchâtel, de venir au secours de la placée La Trémoille, qui avait des ordres, ne bougea pas. René entreprit seul de délivrer sa cité. Devant son armée, Campo-Basso leva le siège et se retira dans le Luxembourg. Les Lorrains joyeux remportèrent un riche butin sur des marchands bourguignons à Toullon et à Sivry-le-Franc^.

Mais un tel succès n'inspira point aux Lorrains une trop grande illusion. Ils savaient bien que les Bourguignons reviendraient; René II se tenait sur le qui-vive et concentrait son armée autour de Pont-à-Mousson. Il réclama avec instance des renforts aux Suisses et aux Alsaciens ; ces alliés, qui venaient précisément d'enlever en Franche-Comté la forteresse de Bla-

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