A. Lecot de la Marche, Le Roi René, t. I, p
a. HcJGO, Vie de René II, ms. Bibl. de Hancy, n^ 79a (88), p. 174, d'après le registre des lettres patentes.
3. Cette lettre est publiée dans Plancher-Salazard, Histoire générale et particulière de Bourgogne, t. IV, Preuves, p. 347 ; Huguenin, Appendice, p. 34C.
4' Chromque de Lorraine, p. 160. Connans, chef-lieu de canton de Meurthe-et-Moselle ; Gondrecourt- Aix, canton de Conflans; Landres, canton d'Audun-le-Homan ; Étain, chef-lieu de canton de la Meuse.
5. René II était à Hattonchâtcl le 5 août i475. Par acte daté de ce lieu, il donna à Jean Wisse, bailli d'Allemagne, les ville et château d'EinvilIc-au-Jard, avec une certaine pension sur les deniers de la gruerie dudit lieu dont avait joui le comte de Campo-Basso, en vertu de donations des ducs Jean et Nicolas de Calabre, ledit comte s'élant tourné vers le duc de Bourgogne. Ms. Société d'archéologie lorraine, n° 77, pp. 8-9. Sans doute à ce moment fut conQsquée aussi la seigneurie de Commercy.
6. Chronique de Lorraine, p. 161. Toullon, dans le grand-duché de Luxembourg; Sivry, canton de Montfaucon, Montmédy, Meuse.
SgS HISTOIRE DE NANCY.
mont (9 août)', accueillirent avec faveur sa demande, et une troupe de 4,000 hommes fut dirigée par eux vers la Lorraine. Le contingent de la ville de Strasbourg était commandé par Jacques Bock, ayant sous ses ordres Jean de Kageneck, Adam Zorn et Gérard de Hochfelden ; celui de Tévêque Robert avait pour chef Antoine de Hohenstein. Schlestadt, Colmar, Thann, Bâle avaient envoyé leurs troupes. Schmassmann, seigneur de Ribaupierre, qui gouvernait avec son frère Guillaume, le comte de Lupfen, les seigneurs d'Andlau étaient présents. A la tète de toute l'armée était placé Oswald de Thierstein, bailli du duc Sigismond'. Les Alsaciens se rendirent directement à Pont-à-Mousson ; ils doublèrent l'effectif de René qui s'éleva dès lors à 8,000 hommes.
Mais que pouvait contre l'armée du duc de Bourgogne cette troupe sans cohésion et que bientôt accabla la maladie? Charles le Téméraire avait 4o,ooo hommes en tout, et déjà son avant-garde, forte de i4,ooo soldats, sous le commandement de Campo-Basso, reprenait le chemin de la Lorraine, l hi conseil de guerre fut tenu à Pont-à-Mousson, et Ton reconnut l'impossibilité d'attendre le Bourguignon de pied ferme. L'on décida d'abandonner les petites places qui ne pourraient soutenir la résistance, comme Charmes, Dompaire, Bruyères et Arches, d'emmener leur matériel dans les citadelles vraiment fortes, particulièrement à Ëpinal et à Nancy. Peut^tre contre Nancy se briserait la puissance du Bourguignon, comme naguère C43ntre Neuss. Les comtes lorrains, particulièrement ceux qui appartenaient à la partie allemande du duché, ceux de Bitche, de Nassau, de Salm, de Linange- Apremont, de Réchicourt, se retirèrent chacun dans son pays pour se mettre à l'abri. Les chefs allemands rentrèrent dans leurs foyers; les soldats furent partagés entre Épinal et Nancy et jurèrent de garder énergiquement ces deux villes. La défense d'Épinal fut confiée au bâtard de Vaudémont, fils du comte Antoine, celle de Nancy au bâtard de Lorraine, fils du duc Jean IL
Quant au duc de Lorraine, il se décida à aller trouver Louis XI. Il voulait lui rappeler ses promesses solennelles : « Voici, lui dira-t-il, la lettre scellée de votre sceau, signée de votre main^ ! » N'avait-il pas juré sur les reliques saintes de ne pas abandonner la Lorraine, si elle était envahie ? comment pourrait-il oublier ce serment? René prit congé des siens avec un certain apparat ; il promit d'être bientôt de retour avec des renforts, et, en attendant, il engageait chacun à faire son devoir. 11 trouva Louis XI à Senlis le 9 septembre, et celui-ci va le traîner avec lui de résidence en résidence, l'emmenant jusqu'à Dieppe^, lui laissant toujours espérer du secours; et cependantil
1 Cf. WiTTE, Zar Geachichte der Burganderkriege. Dos Kriegajahr t^jS» Die ReUe gem BU-
montf dans la Zeitschrift, 1898, p. 197.
a. WiTTE, J. G. L. G., 1H90, {>p. 63-64. Pour la présence de Schmassmaim, cf. Albiuccht, Ra^
pitlsteiniches Urkundenhuch, l. V, p. 38, n©' 67-68.