‹ Histoire de NancyChapitre 365 sur 642 · Ibid,, p · texte numérisé non relu

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de Tannée i475 à Joinville; puis, au début de 1476, il était retourné à la cour de France, espérant que le roi lui fournirait enfin quelques troupes. Mais Louis XI ne voulait pas s'engager ; il évitait de donner prétexte au Téméraire de violer la trêve de Soleuvre. René fut importun à la cour; car « quand un grand homme a perdu tout le sien, il ennuyé le plus souvent à ccuLv qui le soustiennent' ». Pourtant Louis XI ne voulait pas entièrement abandonner le duc ; il voyait en lui, à l'occasion, un utile instrument, et de Tours il le (raina à sa suite à Lyon (mars 1476). Le sang généreux du duc bouillonnait en ses veines, tant tous ces retards l'impatientaient 1 Sans doute, à Lyon on lui montrait beaucoup de faveur. Il y avait dans la ville un assez grand nombre de marchands alsaciens qui, en apprenant sa venue, arborèrent aussitôt ses couleurs : blanc, rouge et gris. Ainsi ornés, ils allèrent audevant de lui et se firent présenter par le bailli d'Allemagne, Jean Wisse. Autour de lui, ils assistèrent au mystère l'Arbre de Jessé qui fut joué à son entrée. Puis, tous les jours, ils vinrent le chercher à son logis, pour le mener à la grand'messc, et le reconduisirent en pompe. Avec lui ils se réjouirent de la nouvelle de Grandson. Mais que pouvaient toutes ces sympathies pour lui qui n'avait ni hommes ni argent et que le roi éconduisait sans cesse, sinon lui rappeler son malheur? A ce moment, René II apprit que sa grand'mère, Marie d'Harcourt, veuve du comte Antoine, était mourante en son château d'Elbeuf. Il arriva à temps pour recueillir, le 19 avril, son dernier soupir'. Elle lui laissait tous ses biens, sa vaisselle d'or et d'argent ei 200,000 écus comptants. René célébra honorablement ses funérailles, fit faire un service pendant neuf jours, laissa des rentes pour les anniversaires. L'argent de l'héritage et celui que lui procura l'engagement de différents biens lui servirent à équiper une petite troupe. Il songea à se rendre avec elle en Suisse, pour combattre Charles le Téméraire qui détenait son duché, et il alla à Joinville où sa mère, Yolande, essayait en vain de le retenir : « Madame ma mère, vous sçavez que du temps Josué, le grand Alexandre, Charlemaigne, mon prédécesseur Godefroy de Bullion, le roi Charles de France que la Pucelle dedans ladicle France remit, s'il n'eussicnt été preux et hardys, uncques en grande seigneurie ne fussent parvenus'. » Son dessein était arrête; Charles le Téméraire lève à ce moment une grande armée, pour venger sur les Suisses la défaite de Grandson ; il combattra avec les Suisses; il mourra ou sera victorieux avec eux. Dans les vallées suisses se décidera le sort de la ville de Nancy.

Pour aller de Joinville en Suisse, il fallait passer par la Lorraine, alors occupée par les troupes bourguignonnes. René II demanda à Louis XI une escorte, pour qu'il pût franchir sans danger le pays^. Le roi de France y con-

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