Nancéide, éd. Schutz, t. I, p
5. Le duc René supporta avec bonne grâce ce pillage. (Dicbold Schilling [de Berne], édition de l'jk^t p. 34aO
6. Chronique de Lorraine, p. ao6 : « Li duc René feit prendre tout le lousgls di duc de Bourgoigne, tentes et pavillons, en Loherenne feit tout asmener. » Nous reviendrons plus loin sur ce texte.
7. Il fut question de cette artillerie d'abord à la diète de Lucerne du la juillet 1476. (EidgenOstitche Abschiede, t. II, p. SgS.) La réponse définitive fut renvoyée à la diète de Fribourg, convoquée poor le a5 juillet. Là, les canons furent rendus. Knebel vit René à son retour de Fribourg emmenant avec lui deux immenses bombardes.
qui se passait dans le duché, excitait ses partisans et venait lui-même payer de sa personne, lorsqu'il jugeait sa présence nécessaire.
La nouvelle de la victoire de Morat, succédant à celle de Grandson, eut, comme bien l'on pense, un immense retentissement en Lorraine. Les partisans de René, enhardis, redoublèrent leurs attaques. Les soldats établis à Vaudémont et à Pont-Saint- Vincent, sous la conduite de Petit-Jean de Vaiidémont, s'aventurèrent désormais sans crainte jusqu'à Nancy et tinrent comme bloquée la ville, qui était aux mains des Bourguignons. Le commandant de Nancy, Jean de Rubempré, rendit une ordonnance qui défendait aux bourgeois de s*aventurer hors de ville, de se rendre même à Saint-Nicolas, sans être accompagnés par des soldats de la garnison'. Un jour, le grand richard de Nancy, à cette époque, Jacques Mory, alla à Saint^Nicolas avec une forte escorte, « et en son cou portait une bonne chatne d'or » ; mais dans le bois de Saurupt était venu se cacher Petit-Jean. Au moment où le cortège s'approcha de Jarville, il se précipita sur lui, engagea avec l'escorte un combat très vif, tua quelques soldats; cependant, Jacques Mory rebroussa chemin ; ses agresseurs lui donnèrent la chasse jusqu'au faubourg Saint-Nicolas, mais no purent le prendre ni avoir sa chatne d'or. Désormais on n'osait plus sortir de Nancy'. Le même Petit-Jean harcelait sans cesse les 4oo hommes de la garnison bourguignonne de Mirecourt, et quand, par hasard, celle-^i s'aventurait en dehors, il lui faisait éprouver de graves échecs. Enfm, des Lorrains résolus, Gratien d'Âguerre, Philibert de Brixey, Jean de Baschi, sans doute un frère du maître d'hôtel Suffren', s'étaient établis à Fontenoy-sur^Moselle, un village dont le nom rappelle le terrible incendie allumé en 1871 par les Prussiens : de Fontenoy ils faisaient des incursions continuelles contre Gondreville, et un beau matin la garnison de cette forteresse, excédée de ces attaques, se replia sur Nancy ♦.
Mais le cours des succès ne devait point s'arrêter. Après la bataille de Morat, .pendant un court séjour que René II fît à Strasbourg^, un habitant de Bruyères, Varin Doron, vint le trouver. « Hé, duc, lui dit-il, tu es bien endormi. Si tu veux, je te ferai seigneur de Bruyères. L'église se trouve devant ma maison ; tous les jours, le capitaine bourguignon et ses gens vont y entendre la messe. Donne-moi des gens; ils surprendront ces ennemis : puis le pa^'S environnant se donnera à toi et tu pourras aller jusqu'à Vaudémont. » Leduc accepta cette proposition ; il réunit une troupe de lao hommes et il en confia le commandement à un capitaine très résolu, Raoul Harnescher^. A minuit, Varin Doron fît entrer ces soldats dans sa demeure qui était située dans le