L'expression est de Molinet
4. WiTTE, /. G, L. G; 1B91, p. 280, d'après la correspondance des capitaines alsaciens.
5. Jean de Kageneck montra à René incrédule la lettre de Strasbourg. (Witte, /. /., p. 287.)
6. Jean Wisse, bailli d'Allemagne, était allé voir Louis XI au nom de René II à Tours. 11 fut reçu par lui à sa table et obtint des promesses d'argent. Voir la lettre que Valentin de Neuenstein adressa à ce sujet à Bâle. (Kicebel, Basler Chroniken, t. III, p. Sg.)
7. Sur ces deux canons qui furent chantés en vers, voir Strobel, VaterlûndUche Getchichte des
43o HISTOIRE DE NANCY.
courtine entre la porte Saint-Nicolas et la grande tour% elles tiraient jusqu'à vingt et un coups par jour'. La porte Saintp>Nicolas fut abattue, « la muraille dilapidée fut rasée jusques aux terres ' ». Le moment semblait venu de donner l'assaut.
Pendant que le canon faisait rage contre les remparts, la famine était grande dans l'intérieur de la ville. L'on mangea les chevaux, et Rubempré fit abattre son plus beau coursier pour en distribuer les morceaux à ses capitaines^. Mais les chevaux eux-mêmes étaient si amaigris qu'ils ne donnaient plus une nourriture bien réconfortante. On raconte à ce propos une anecdote à la fois touchante et comique. Un soldat picard, voyant avec peine dépérir son cheval, plaça sur lui un mannequin, javelot à la main, salade en tête, et le lâcha par la poterne derrière la cour dans le camp ennemi. Le cheval en liberté se mit aussitôt à brouter l'herbe qu'il trouvait sur son chemin. Quatre Allemands crièrent au mannequin : « Rends-toi ! » et lui coururent sus. Des Picards et des Anglais, de l'armée assiégée, espèrent prendre ces Allemands qui se dispersent, et descendent des remparts ; des assiégeants d'arriver au secours de leurs compatriotes ; d'autres Picards et Anglais d'a- "bandonner la ville. Bref, à cause de ce mannequin, il y eut une mêlée générale. Les partisans de la Lorraine eurent pourtant le dessus. Ils poursuivirent les assiégés jusqu'aux remparts et ils les auraient suivis dans la ville, si tout d'un coup on n'eût levé le pontp-levis. Quelques Bourguignons durent, pour rentrer à Nancy, traverser le fossé à la nage^
De jour en jour la situation de Jean de Rubempré devenait plus critique. 11 n'avait pas seulement à se défendre contre l'ennemi du dehors, à procurer des vivres à sa garnison ; il devait se garder contre la population qui faisait
EUastes, t. ill, p. 3a i. D'un poème allemaad imprimé à Strasbourg en 1477 ^^ <iue nous citons plus loin, Bibl. nationale, Lb*',37, °0"B détachons ces trois strophes
Wo Neuuse das ivaz noch burgundtch
Ouch ettliche sloss darumbe ;
Ifêtriut von StroMzburg schosz nach wundsr.h ;
Die ffûser fallent umbe,
Dar innen do worent JrOmde gest.
Die werten tich gar sere ; Uff rettung detteni sie des beet.
An innen velet ir bere
Mon echosz die thurn gar eujer ab ; Die stadt ward uff gegeben ; Su riitent hin mit cleiner Hab ; Man lieez sie wol mitt leben.
(Ils arrivèrent en Lorraine) où Nancy était encore bourguignonne, amsi que quelques châteaux do voisinage. La Struss de Strasbourg tirait à souhait, et les maisons étaient abattues. Il y aysit dedans une garnison étrangère qui se défendit avec courage : ils firent de leur mieux pour être délivrés : et la mort frappa autour d*eux ; Ton abattit les tours à ras de sol ; la ville fut rendue : ils en sortirent avec peu de bien ; mais on leur laissa la vie sauve.