Ch/'omque Je Lorraine, p
3. MoLWET, Chronique, t. I, p. 209, qui est pleinement d'accord avec la Chronique de lA*rrnine,
4. Lettre de Kageneck à Strasbourg, citée par Witte, J, (J. L, (i,, i8<ji, p. 37y.
5. Copie aux A. D., série B, 821, n» 68; Dom Calmet, t. III, Pr., p. 284.
seule nourriture qu'il avait mangée depuis quelque temps. Le duc de Lorraine lui adressa aussitôt à lui et à ses capitaines force pâtés de venaisons, chapons, viandes délicieuses, et du meilleur vin' !
Le dimanche 7 octobre au matin, la garnison bourguignonne sortit de la ville par la porte de la Crafle et prit la direction de Pont-à-Mousson. Mais au village de Saint-Dizier, les Allemands coururent sus aux premiers soldats qui se présentèrent et les détroussèrent. René en fut averti ; il vint lui-même à cheval se placer près de la porte pour réprimer tout désordre. Quand le vieux commandant de Kubempré se présenta, le jeune duc mit aussitôt pied à terre pour le saluer et lui dit : ce Monsieur mon oncle, humblement vous remercye de ce que vous avez si courtoisement ma duchié gouverné *. » Le seigneur de Bièvres avait administré presque une année la Lorraine et il fut béni de la population pour sa douceur; je ne connais point de plus bel éloge qu'on puisse faire d'un homme. Il a été regretté des Lorrains qui pourtant haïssaient l'autorité représentée par lui. Jean de Rubempré remercia vivement : a Monsieur le duc, ne me sachez point mauvais gré de cette guerre; j'aurais mieux aimé que Monsieur de Bourgogne ne l'eût jamais commencée. »
Après le départ des Bourguignons, René II fit dans sa cité une entrée triomphale. Il fut reçu aux acclamations des habitants; mais à la joie se mêlait une grande anxiété. On savait Charles le Téméraire en route ; on prévoyait que bientôt il fondrait sur la Lorraine avec des troupes firatches. Les Lorrains n'eurent donc point le loisir de se reposer des fatigues du siège. On mit à la hâte Nancy en état de défense; puis, le 9 octobre, René mena le gros de l'armée à Saint^Nicolas où il lui était plus facile de l'approvisionnera Ce même jour, l'on apprit que Charles le Téméraire était à peine à quelques lieues; il se trouvait avec une armée de 1 2,000 hommes à Neufchâteau * et allait faire sa jonction avec l'armée du Luxembourg, venue du Nord. Le duc René réunit le 10 octobre son conseil de guerre. 11 lui proposa d'aller dans le comté