‹ Histoire de NancyChapitre 383 sur 642 · Ibid,, p · texte numérisé non relu

Ibid,, p

4. Id., ibid. Sur la force de l'armée, voir £. von Rodt, Die Feldiûge KarU de* KtJuMn, t. U, p. 34s. Elle était surtout composée de Bourguignons.

CHARLES LE TÉMÉRAIRE REVIENT EN LORRAINE. l^'i'i

de Vaudémont au-devant de Tenaeini'. Mais son avis ne prévalut pas. On préféra courir d'abord contre les troupes de Campo-Basso et on espérait les battre avant qu'elles eussent rejoint le Téméraire. On descendit par suite la vallée de la Moselle. Peut-être aussi espéraitp-on que Campo-Basso se déclarerait enfln pour les Lorrains. II venait de voir Rubempré, le glorieux défenseur de Nancy. Celui-ci n'avait pu lui cacher que sa loyauté lui semblait suspecte. Quoi ! avec une si belle armée il n'avait rien tenté pour délivrer Nancy*! Après cette entrevue, Bièvres se rendit à Thionville pour se reposer de ses fatigues; il pensait que son armée y toucherait la solde de quatre mois qui lui était due.

Il n'était que trop vrai que, depuis quelques jours déjà, Charles de Bourgogne foulait de nouveau le sol de la Lorraine. Il était entré dans le duché le 6 octobre, le jour même où Rubempré signait la capitulation de Nancy. Mais tout de suite une curieuse aventure lui devait montrer qu'il aurait bien plus difficilement raison du pays que l'année précédente. Il prit son chemin près de Bulgnéville, là même où le roi René avait jadis subi sa grande défaite. Le bâtard de Bulgnéville, qui commandait en cette place, vint trouver Pavant-garde bourguignonne, portant au bras la croix de Saint-André. II engagea les ennemis à venir prendre possession de sa petite forteresse ; on l'écouta et on lui donna un détachement de soldats. A peine ces troupes étaient-elles entrées qu'il fit fermer les portes et il garda les Bourguignons prisonniers 5. Quand Charles le Téméraire sut la nouvelle, il entra en un grand courroux ; mais, trop pressé de délivrer Nancy, il continua sa route, remettant sa vengeance à plus tard. Le 7 octobre, il arriva à Neufchâteau et s'y s'arrêta trois jours pour avoir des nouvelles précises (7-10 octobre +). Il y apprit la reddition de Nancy, et sa rage fut extrême. «Par saint Georges, cria-t-il, avant le jour des Rois je serai de nouveau maître du duché de Lorraine; j'en chasserai ce René et ses gens, ou bien tous nous y demeurerons morts 5. > Désormais fixé, il poursuivit sa route vers le nord, pour tendre la main à Campo-Basso. Le 10 octobre, il campa aux champs ; le 11 ^, il arriva à Toul. Jadis, les habitants lui avaient fait une magnifique réception ; cette fois-ci, ils se montrèrent plus réservés. Ils le supplièrent de ne pas loger dans la ville, et il dut se contenter de s'établir aux deux faubourgs Saint^Evre et Saint-Mansuy et dans les villages voisins. Pourtant il reçut des gouverneurs vivres en abondance 7. Dans la prairie de Toul vint le rejoindre Campo- Basso, qui avait marché sur la rive gauche de la Moselle, tandis que René

1. WiTTE, d'après les archives de Strasbourg, J. (J. L. 6'., 1891, p. 292.

Page 1