‹ Histoire de NancyChapitre 388 sur 642 · Ibid., p. a4r · texte numérisé non relu

Ibid., p. a4r

C). Witte, /. O. L. G., 181)2, p. 80.

IIENK 11 CIIKIICHE DES SKCOUIIS KN SUISSE. f^'i']

uue armée fraîche pour tomber sur les Bourguignons; en attendant, ses soldats tiendront les places fortes et les maintiendront sous Tobéissance du duc de Lorraine.

Le duc se rendit à cet avis, qui était en somme le plus sage. Il fit venir à SaintrNicolas les représentants de la bourgeoisie de Nancy, leur demanda s'ils avaient des vivres pour deux mois et, sur leur réponse affirmative, il les engagea à faire tout leur devoir. Il leur jura qu'au bout de deux mois il reviendrait avec l'armée de secours. Eux, de leur côté, promirent au nom de la population de tout souffrir pendant ce temps plutôt que de se rendre'. Ce serment reçu, René II licencia les Alsaciens qui voulaient rentrer dans leurs foyers. La plupart revinrent à Strasbourg ou en Haute-Alsace. Jean de Kageneck lui-même abandonna la partie'. Guillaume de Ribeaupierre repassa les Vosges '. Seuls, quelques cavaliers de la Basse-Ligue restèrent en garnison à Lunéville, Rosières et Dieuze*. René II ramena en personne les Suisses. Mais, arrivés à Raon, ils se révoltèrent et réclamèrent les 3oo florins qui leur étaient dus pour leur solde. Ils fermèrent même les portes de la ville et menacèrent de tenir le duc prisonnier jusqu'à ce qu'ils fussent payés. A ce moment un citoyen, Jean Cachet, lui fit l'avance de 270 florins d'or, et plusieurs dames de la ville, entraînées par un généreux mouvement, mirent leurs bijoux en gage pour compléter la sommet La famille de Jean Cachet fut anoblie pour ce fait : c'est celle-là même qui fournira à la Lorraine plusieurs générations de médecins illustres. René II voyait, par cet exemple, qu'il pouvait compter sur le dévouement de ses sujets. Sûrement ils résisteront le plus longtemps possible et n'auront pas de plus cher désir que de le voir revenir avec l'armée de secours.

Page 1