NOUVEL DTVESTISSEMENT DE NANCY PAR CHARLES LE TÉMÉRAIRE
commença'. Les Bourguignons campèrent dans les retranchements qu'ils avaient élevés lors du premier siège et qui avaient déjà servi aux Lorrains pour le second ; le duc Charles planta de nouveau sa tente près de la Commanderie Saint-Jean. Il se fît construire une maison de bois, « richement armoyée de ses blasons » '. Et aussitôt son artillerie se mit à tonner. Il avait affûté une grosse bombarde contre la porte de la CrafTe ; une autre tirait sans cesse sur la maison d'un bourgeois de Nancy, Jean Claude, maison qui sans doute se trouvait près de la Grande-Tour et de la poterne Saint-Jean'. Les assiégés répondaient énergiquement. Un jour que Charles le Téméraire lavait ses mains avant de prendre son repas, un coup de serpentine tua son valet de chambre à côté de lui et blessa un chevalier à la joue ; certainement si le duc avait été à table, il eût été en danger de mort ♦. Le Téméraire n'avait pas seulement à redouter le feu de la place; il était exposé à des périls plus graves. Quand, pour la première fois, il assiégea Nancy, il avait conquis toute la Lorraine. La capitale était entièrement isolée. Cette fois-ci, Charles commit une grosse faute. Il s'était borné à s'assurer du cours de la Moselle du côté nord et, au début, il obtint par cette voie, de l'évêque de Metz, des vivres en abondance ; mais sur les autres côtés des garnisons lorraines occupaient les places fortes, et il était entouré d'ennemis. Des soldats énergiques, résolus, avaient été laissés en arrière par René, à Épinal Vautrin Wisse, à Vaudémont Vautrin de Nettancourt, Pierre du Fay et CoUignon de Ville, à Mirecourt Henri et Ferri de Tantonville ; plus loin, Guillaume de Thuillières, Jean d'Haussonville et Harnescher commandaient à Arches, Saint-Dié, Bruyères et Remiremont; et, plus près, Bernard de Hohenstein gardait Lunéville, Robert Malhortie Rosières et le bâtard de Vaudémont Gondreville K Tous ces partisans se mettaient sans cesse en campagne pour arrêter les convois du duc de Bourgogne, et ils finirent par lui couper les vivres : ils arrêtaient et égorgeaient les Bourguignons qui s'éloignaient du camp ; ils faisaient des expéditions nocturnes jusqu'au camp même. Au début du siège, les habitants de Rambervillers, qui dépendaient de l'évêché de Metz, envoyèrent huit chariots de vivres, des souliers, des habillements. Robert Malhortie s'embusqua sur la route et enleva le convoi à Ferrières^. La nuit de la Toussaint 7, à lo heures du soir, le bâtard de Vaudémont quittait Gondreville avec sa garnison qui comptait environ 3oo hommes. A travers la forêt de Haye, ces partisans arrivèrent jusqu'à Laxou où était dispersé un détachement bourguignon. Ils surprirent à 2 heures du matin tous ceux qui étaient logés au bas du village.