LE PRIEURÉ DE LA Y
bulles de la cour de Rome '. Mais Stanislas mil fin à toutes ces rivalités, en unissant en 1746 le prieuré à la maison des Missions-Royales qu'il avait créée au faubourg Saint-Pierre *. Les jésuites des Missions et après eux les Lazaristes touchèrent les rentes de Lay, se bornant à payer aux anciens bénédictins une somme annuelle de 2,000 fr. Le 24 août 1794» les biens du prieuré furent vendus en faveur de la nation 5.
Entre Nancy et les terres du prieuré, les relations étaient nombreuses. Au prévôt de Nancy appartenait l'exécution des criminels condamnés à mort sur le ban ecclésiastique. Le jour de Saint-Christophe, soit le 20 juillet, le même prévôt, enseigne déployée, allait à Lay faire le cri de la fête, et le prieur lui devait en échange un past, c'est-à-dire un repas dont le menu était soigneusement réglé. En revanche, les jeunes gens de Lay avaient droit, dans Nancy, le jour de la Saint-Èvre — i5 septembre — d'ouvrir la danse. Ces usages firent nattre des querelles ; le cardinal de Lorraine, fils de Charles III, les supprima le 22 octobre iSgo; en échange An past, le prieur de Lay dut fournir chaque année, le jour de Saint-Martin d'hiver, un virelai de vin à l'hôpital Saint Julien de Nancv ♦.
Le souvenir d'Eve, femme du comte Hugue, mérite d'être conservé à Nancy et dans le voisinage. Elle était, selon toute apparence, propriétaire de Valleu de Nancy qu'elle a cédé aux moines de Saint-Èvre de Toul ; elle a donné à Saint-Arnoul de Metz la terre de Lay où fut fondé un prieuré dépendant de l'abbaye messine ; et l'histoire de ce prieuré n'a pas été sans influence sur celle de la ville.
Nancy ne resta pas longtemps au pouvoir des religieux de Saint-Èvre. Quand, pour la seconde fois, Othon 1", devenu empereur dans l'intervalle, confirma à Cologne le 2 juin 965 les biens de l'abbaye 5, Nancy n'est plus mentionnée parmi eux. Cette localité disparaît de nouveau de l'histoire pendant plus d'un siècle. Quand elle réapparaît en 1069 et en 1078, elle est un alleu des ducs de Lorraine de la seconde dynastie. Dans l'intervalle (947-1069) qui sépare ces deux mentions, de grandes révolutions politiques se sont accomplies. En 969, le grand duché de Lorraine a été partagé en deux ; la Lorraine inférieure suit des destinées indépendantes et change
I. Journal du libraire Nicolas (Af. S. A. L., 1899, p. 294 )•
a. Le P. de Menoux, directeur des Missions, avait obtenu Tautorisation nécessaire du pape RenoU XIV, le i«r juillet 1746. Les revenus du prieuré comprenaient la haute justice k Lay-Saint- Christophe et à Eulmont, le droit de nomination du cure d'Eulmont, les dîmes des deux paroisses et une foule de redevances féodales, en outre une série de biens sur les bans d'Agincourt et de Velainesous-Amance. La seigneurie de Chanipigneulles avait été perdue. Cf. Copie des titres et papiers concernant la fondation du prieuré de La y-Saint-Christophe dans le ms. i48 du grand séminaire de Nancy (^Catalogue de l'abbé Vacant). Ces titres sont précédés d'une histoire du prieuré de Lay qui est à peu près textuellement celle de Dom Calmet. Voir aussi le ms. i^g* Apres l'expulsion d(;s jésuites, un chanoine de Toul, Charles Hollin, réussit à se faire donner le prieuré ; mais les Lazaristes qui avaient succédé aux jésuites dans les Missions royales (iaircnt par en rester les maîtres. Voir les facturas n^ 7368 et 7369 du Catalogue Favier.