‹ Histoire de NancyChapitre 402 sur 642 · Nancéide, chant IV, éd. Schutz, t. II, p · texte numérisé non relu

Nancéide, chant IV, éd. Schutz, t. II, p

4. Lepage, Commentaires, p. 3<j. A. D., H, 973 et volumes suivants.

prises par un adroit artilleur, le bombardier Pierre, elle démonta les canons ennemis qui ne cessaient de tirer sur cette partie des remparts et qui avaient déjà fait beaucoup de mal '. Quand le duc de Bourgogne apprit cette nouvelle, il jura, selon son habitude : « On m'a trompé, criait-il : on m'a assuré qu'ils n'avaient plus de poudre. Mais ils ne perdront pas pour attendre ; avant peu de jours, ils seront obligés de se rendre et je les ferai tous mettre à mort. »

Cependant, malgré l'assurance de Thierry, rien ne paraissait encore à l'horizon. Le i" janvier i477 s'écoula pour les Nancéiens triste et sombre. Le soir pourtant, un nouveau messager du duc, Jean Huin, de Laneuvelotte ^, réussit à pénétrer dans la ville. Il annonça que le duc était en route, qu*il allait franchir les Vosges ; et pour prix de cet exploit, il reçut le 22 janvier exemption de toutes tailles sa vie durante Les journées des 2, 3 et 4 janvier se passent sans aucune nouvelle et la faim faisait dans la cité des victimes. Le canon bourguignon tonnait avec rage; on devinait que l'ennemi voulait à toute force prendre la ville; l'assaut était annoncé pour le lendemain. Puis tout d'un coup, dans la nuit du samedi 4 siu dimanche 5, il y eut un grand remue-ménage au camp bourguignon. L'armée de Charles abandonnait ses quartiers. Mais pourquoi? On ne savait que penser; en tous cas, le dimanche 5 au matin, la garnison de Nancy sortit de tous les côtés avec des torches enflammées. Elle mit le feu aux tentes des Bourguignons et rentra dans la ville. Peu de temps après, un soldat ennemi pénétra dans le fossé derrière le palais ducal, il pria qu'on lui accordât la vie sauve, pour les bonnes nouvelles qu'il apportait. Il annonça que René II avec son armée de secours et le Téméraire étaient rangés en bataille, à une demi-lieue l'un de l'autre, que le combat allait s*engager. Aussitôt toute la garnison se mit sur la muraille, attendant les événements. Les prêtres organisèrent une procession, en portant toutes les reliques des églises. Et, anxieux, on attendit sans savoir trop quelle conduite tenir. Dans le lointain, du côté de Jarville, on entendait un cliquetis d'armes et des sons de trompette*. Tout à coup l'on vit fuir vers la ville les Bourguignons ; et aussitôt la garnison de sortir pour leur couper le passage. Plus de doute n'était possible : c'était bien la délivrance, après un siège de deux mois et demi succédant à une série d'autres sièges ; c'était le salut,

I. Chronique de Lorraine, p. 375. Par lettres patentes du 11 mars l^i^^, René II accorda à Gloris une pension de 5o francs et la résaux de blc. Le 16 avril i4Hi, il lui fit présent de cent écus d'or. (Lepagk, Commentaires, p. 36.)

a. Canton de Nancy-Sud.

3. Lepage, Commentaires, p. 04* Évidemment, nous ne connaissons pas tous les actes d'hëroÏMn^ accomplis à ce moment par des Nancéiens ou des soldats lorrains. D'autres personnages encore que ceux que nous avons cités sont sortis de Nancy et y sont rentrés, ainsi Gilles de Bruneval. On lit aux registres des comptes du receveur de Lorraine, A. D., B, 97G, au fol. 491 : < Monseigneur a assigné à Gilles de Bnmeval, valet des |)aiges de Monseigneur, prendre et avoir chacun an sor la recepte dudit receveur, pour cause de pension, cinquante francs, XII gros par franc, pour les bons et «ggreables sen'ices qu'il a faiz h mon dis seigneur, et meismement pour ce que pendbBmt le temps que la Tille de Nancy estoit assiégée du feu duc de Bourgoigne il entra et yssit plusieurs fois de la dicte ville de Nancey et s'en alla devers mondit seigneur en Allemagne. »

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