Voir plus haut, p
6. Kmebcl mentionne le départ de René pour cette ville, /. c, pp. 78 et 79.
7. Eidffenôssische Abschiede, t. II, p. 63 1. Herter était un capitaine du duc Sigismond qui commandait à Waldshût. 11 garda ce poste sous Charles le Téméraire en 1469, mais bientôt abandonna le duc de Bourgogne pour prendre du service à Bàle« puis auprès du duc René. Cf. J. Amiet dans le Sonntagsblatt der Hu/uit 187G, p. 129.
8. Il semble que Herter ait reçu d'avance des instructions en ce sens. Voir la lettre que René II lui adressa de Bàle, le 39 novembre 1476, dans FoasTEa Kirk, t. III, p. 617.
ment 2 florins, il recevrait les deux autres à la fin du mois, et René s'engageait à faire sur la route bonne provision de vivres. Ces soldats devaient être réunis à Bâle le i5 décembre. La diète n'osa se prononcer sur ces propositions ; chaque délégué les rapporterait à ses commettants et les cantons décideraient. On faisait pourtant observer qu'il fallait bien se garder de réduire René II au désespoir. Ne pourrait-il pas ravager l'Alsace et faire renchérir les vivres en Suisse? Puis le duc de Bourgogne n'avait plus avec lui que 6,000 hommes et l'entreprise ne serait pas si redoutable'. La Suisse refusa donc d'intervenir en son nom, contrairement à ce qu'on avait fait espérer le 23 novembre : elle laissait les cantons libres d'autoriser chacun chez lui In levée de mercenaires.
Une nouvelle diète, réunie à Lucerne le 16 décembre, confirma les décisions de la précédente. Au légat Alexandre de Forli qui était venu à la rescousse avec des propositions de paix, elle déclara que les Suisses ne feraient jamais de traité sans y comprendre le duc René et les membres de la Basse-Ligue. Philippe de Linange et Guillaume Herter dépeignirent en termes émus la triste situation de Nancy; ils assurèrent que, contrairement à un bruit qui s'était répandu, la ville tenait encore*. A nouveau, la diète résolut de laisser partir des volontaires, mais sans engager en rien la Confédération.
Cependant la nouvelle que René levait une année se répandait partout ; attirés par la très forte solde, les Suisses affluaient. Dans chaque canton se pressaient les engagés. A Zurich se présentèrent 2,346 hommes; on leur donna un florin pour s'équiper. A leur tête se plaça l'un des héros de Morat, Hans Waldmann', et Hans Holzhalb portait l'étendard. Luceme fournit 1,200 hommes, ayant à leur tête Heinrich Hassfurter. A Schwitz se levèrent environ 800 hommes, commandés par Ulrich Kâtzi ; à Zug 200 ; à Unterwalden 3oo; à Claris 246^. A Berne s'enrôlèrent 1,087 fantassins et 5o cavaliers ; ils avaient à leur tête Brandolf de Stein et Kilian de Rûmlingen, et à eux se joignit le porte-étendard Urbain de Mûhleren^ Il vint encore des hommes d*Uri, de Fribourg, de Schaffhouse. Tous ces Suisses étaient vigoureux, décidés à bien se battre. Pourtant, reconnaissons-le, la discipline leur faisait défaut ; ils étaient capables d*accomplir immédiatement une action (l'éclat : mais ils n'auraient pas su lutter contre la mauvaise fortune et ils ne se seraient point raidis dans le désastre.