Chronique, p. 3oa
4. Autrefois, l'on citait de préférence Jean Lud ; aujourd'hui, l'on incline à donner la préférence à Chrétien. Cf. Lepaoe, Notice sur Jean Lud et Chrétien, M. S. A. L., t. V (i853), p. ai6, et Commtit'
taires» pp. 118-119.
OUCt'MEKTS LOHHALNS StK LA BATAILLE DE iNANCY. 4t)y
Chronique '• D est loisible, selon ses préférences^ de s'attacher à l'un ou à l'autre, en attendant que la découverte d'un document nouveau permette de résoudre ce petit problème historique. Un troisième écrit a pour nous une certaine importance. Vingt-trois années après la bataille de Nancy', au début de l'année i5oo, un ancien secrétaire de René, Jean Lud, devenu dans l'intervalle mattre-général et justicier des mines de Lorraine, voulut expliquer quelle fut, pendant la guerre de Bourgogne, la politique de René II et aussi la justifier. II usa du moyen du dialogue et il se décomposa en quelque sorte en deux, pour avoû* les personnages nécessaires. Tantôt Jean explique à Lud, tantôt Lud à Jean ce qu'il importe de savoir, — et de la bataille de Nancy Lud nous donne une description très précise. Le dialogue corrobore le récit de la Chronique et sur quelques points le complète J. — Je ne cite que pour mémoire la Nancéide de Pierre de Blarru qui a paru pour la première fois à Saint-Nicolas-de-Port en i5i8 avec quelques gravures fort curieuses ♦ : c'est un ouvrage poétique où les faits se trouvent amplifiés. Comme l'a démontré avec beaucoup de sûreté M. Collignon î, l'auteur est en général fidèle à la vérité historique ; mais il crée de toutes pièces des épisodes ; il fait intervenir, suivant les procédés de l'épopée, les dieux antiques et les saints du christianisme. Dans le Discours des choses advenues en Lorraine depuis le decez du duc Nicolas jusques à celui du duc René JI^, le célèbre procureur général de Lorraine, Nicolas Rémi, si connu pour la manière dont il poursuivait les sorciers, reproduit en grande partie en un style plus classique et plus froid la Chonique de Lorraine ; mais il donne aussi quelques nouveaux détails ; seulement, la plupart d'entre eux nous sont suspects ;
I. Sur eux, Lepage, Commenicûres, p. 52. Nos préférences vout à Pliilippe de Linange. l\ nous paraît que l'auteur sait l'alleinand, a combattu à Morat et a été employé à la fin de 1476 aux négociations en Suisse, toutes conditions que remplit Philippe.
3. f n y a plus de vingt-deux ans que ce fut b, édit. Lepage, p. i85. M. Paul Maricual a démontré A propos de Johannes Lud, J, S* A, L,, 1893, p. 6, que le Dialogue a été écrit entre le 2 août 1499 et une date très voisine du 3o juin i5oo.
3. Le Dialogue se trouve dans un manuscrit de la BU)l. de Hancy, 793 (94)» qui parait être de la fin du xvi« ou du début du xvii'' siècle. D'après ce manuscrit, le Dialogue a été public pour la première fois par Jean Caton sous le faux titre : Chronique ou dialogue entre Joannes et Chrétien, secrélaires de René II, duc de Lorraine, sur la défaite de Charles le Téméraire, id44. in-4* A la suite de cet ouvrage, Caton a réimprimé la Vraye déclaration, et la Desconfiture dont il sera question plus loin. En i854i dans le /. i^. A, L., pp. 149-1941 Lepage a donné du Dialogue une édition bien supérieure, d'après le Liber omnium, volume du cartulaire de Thierry Alix, A. D., B, 4i6* Nous avons signalé un autre manuscrit du Dialogue, qui se trouve à la Bibliothèque de Florence, M. S. A. L., 1900, p. 119. Nous indiquons pour mémoire une biographie de René II, imprimée à Saint-Dié en i5io, Renati secundi Syciliœ régis et Lothoringise ducis vita per loannem Alutsium Crassum Calabrum édita» Elle a été reproduite par l'abbé Guillaume, dans le /. S. A. L., 1875, pp. io3 et ss.
4« La Nancéide a été publiée pour la première fois à Saint-Nicolas-de-Port en i5i8 : Pelri de Blarrorivo parhisiani insigne Nanceidos opus de bello Nanceiano. P. Jacobi, pet. in-folio. Elle a été rééditée, avec traduction française et toutes sortes de considérations pliilosophiques, par M. Scuûtz. Nancy, Grimblot, Ray bois et C^*, i84o, a vol. in-8.
5. De Nancéide Pétri de Blaro rivo parisiensis, Nanceii, ex typis Berger-Levrault et sodalium, 1892, in^.
6. L'ouvrage a paru au Pont^à-Mousson, par Melchior Bermard, in-4°, i6o5. La bataille est racontée pp. 109-136. Le livre» a eu deux autres éditions, à Épinal par Pierre Horion, 1O17, petit in-4", et i6a6, petit in-8*>.
ils semblent empruntés à la tradition orale, qui a altéré les événements. Nicolas Rémi, qui écrivait au commencement du xvii* siècle, est du reste plutôt un historien qu'un chroniqueur. A ces récits il faut ajouter les nombreuses lettres patentes, qui contiennent les dons faits par René II aux combattants de Nancy. Elles nous font quelquefois connaître sur la bataille des particularités intéressantes. M. Lepage a relevé avec soin la plupart de ces mentions'. Les récits suisses sont l'œuvre de soldats qui ont assisté à la bataille de Nancy et en ont été les acteurs principaux, ou de gens d'église, de clercs, ayant reçu les confidences des soldats de Nancy, ayant lu les rapports envoyés par eux au conseil de leur ville'. II était présent au combat, il a lutté avec vaillance, Pctermann Etterlin, de Lucerne, qui, dans sa vieillesse, a écrit une chronique de sa ville, où il donne une place importante à la bataille de Nancy. C'était à Lucerne l'un des principaux partisans de la France : il connaissait très bien la langue française et il s'est certainement entretenu avec les Nancéiens, après la délivrance '. La chronique d'Etterlin a été remaniée cl continuée par son compatriote, Diebold Schilling, qui avait combattu à ses côtés le 5 janvier i477j âgé seulement de 17 ans, et qui a ajouté sur les guerres de Lorraine plusieurs détails curieux ^. Les ouvrages d'Etterlin et de Diebold Schilling ont été suivis en grande partie par un patricien de Nuremberg, Bilibald Pirckheimer, le célèbre humaniste, le protecteur éclairé d'Albert Durer. II avait pris part à la guerre de Maximilien contre les Suisses en 1499 et avait été frappé d'une si vive admiration pour les ennemis qu'il résolut de composer leur histoire. Son récit est écrit en un latin très élégant et présente un vif intérêt, même pour la partie plus ancienne. Nous en détachons Texposc de la bataille de Nancy *'. — Après les historiens de Lucerne, celui de Berne. Lui aussi porte le nom de Diebold Schilling. Il n'a sans doute pas assisté à la bataille de Nancy ; mais, attaché à la chancellerie de sa ville natale, il a reçu les rapports des combattants et les a résumés^. Sa narration est nette, sinon impartiahs car il manifeste contre le Téméraire une haine très rive.
I. Commentai reit sur la ChrotUque de Lorraine, Extrait des M. S. A. L., i85<j.
a. On consultera, sur les chroniques suisses, Geoho von Wtss, Geschichte der iiUtoriograpkie in der Schweie. Zurich, 1895, pp. i35 et ss.
3. La i^ édition a paru à BAlc en 1607. Nous nous sommes servi de celle de J.-J. Sprend: Kromea von der loblichen Eidgnoscha t, Ihr harkomen und siut seUsamen Stritten und Getchichten, eoUigirt and in Geschrift vervatzt von Petermann Etterlin. Bâlc, 1752. Cf. l'élude de A. Beiuiooilu. Etlerlins Chronik der Eidgenossenschift nach ihren Qaellen untersuchi, dans le Jahrbuchjar schweieeritche Geschichte, t. I. Nous avons traduit dans notre Histoire de N<Mcy, Kreis, p. 355, le récit d'Etterlin sur la hataille de Nancy. Nous y renvoyons le lecteur.
/|. DiruoLD ScuiLi.iyG f Srftweicerc/ironik. Lucerne, 186a, éd. Fr. SchiflTmann. Le manuscrit de Diebold Schillintj offert au conseil de Lucerne en i5i3 contient, sur 34 1 feuilles de parclieniin, 443 miniatures.
5. Voir Appendice à ce chapitre. La chronique de Pirckheimer a été publiée dans le TVbetaurM historiés Helveticœ, Tiguri, 1735, in-fol. Notre texte a été établi sur un manuscrit de la biblioUièqDe de Brème, */ig.
6. Diebold Scuilli.\o, Bescfireibung der Burgundischen Kriege. Berne, 1743, in-folio. Uneplandie représente la bataille de Nancy : Herrlibcrgcr excud. Une nouvelle édition de Diebou» Schillcvo par G. ToBLER, est en cours de publication : Die Berner Chronik des Diebold Schilling, Im Auftrage des historischen Vcreins des Kantons Bern. Berne, K. J. Wyss, 1897. Le tome !•' s'arrête en 1A76. Voir Appendice.