‹ Histoire de NancyChapitre 416 sur 642 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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La victoire de Nancy est, en grande partie, une victoire des Suisses, un pendant à la journée de Grandson et à celle de Morat ; n'oublions pas d'interroger les historiens de la Suisse qui nous apprennent tant de détails curieux. Qui pourtant à Nancy connaît les noms d'Etterlin, des Schilling, d'Edlibach et de Knebel? Aux récits des historiens n'oublions pas d'ajouter les chansons populaires en langue allemande qui célèbrent le grand triomphe de la patrie. On en trouvera deux fort curieuses dans le recueil de R. von Lîliencron'. La première a pour auteur deux compagnons suisses (JSwei Switzerknaben) que la mort du Téméraire met en joie, a II était autrefois très riche. Mais combien différent aujourd'hui ! On l'a trouvé nu et dépouillé avec ses terribles blessures ». » La seconde est l'œuvre de Mathis Zollner, dont l'âme s'élève reconnaissante vers Dieu : a Louons Dieu qui a fait cette œuvre et qui n'a pas voulu laisser ce crime impuni. L'attaque du duc a manqué à cause de ses grands méfaits. Il a fait beaucoup de veuves et d'orphelins. Aussi je ne veux pas le plaindre ^ »

En Alsace, la bataille de Nancy et, d'une façon générale, la lutte contre les Bourguignons n'eurent pas un moindre retentissement qu'en Suisse. Les Alsaciens, eux aussi, avaient pris part à ces guerres acharnées et y avaient moissonné des lauriers. Leurs compatriotes qui étaient restés dans leurs foyers étaient avides de connaître les détails de toutes ces expéditions, de savoir comment avait péri leur terrible adversaire, Charles le Téméraire. Et, Tannée même de cette mort, parut à Strasbourg un récit en vers allemands racontant toute cette guerre de Bourgogne avec une exactitude minutieuse. II se partage en 63g strophes rimécs de quatre vers, soit a, 556 vers. L'auteur se nomme à la fin du poème : Hans Erhart Tusch ; mais Tusch est-il son vrai nom, ou faut^il traduire Jean Erhart l'Allemand ? L'ouvrage dut avoir du succès, car on en connaît deux éditions, publiées la même année : l'une, in-4 (bibliothèque de Schlestadt); l'autre, petit in-folio, qui est ornée de gravures sur bois (exemplaires à Bâle et à la Bibliothèque nationale). Parmi ces gravures l'une est la plus ancienne image de la bataille de Nancy ^; nous la reprodui-

1. R. V. LiLiEifCRON, Die Idstorischen Yolkslieder der Deutschen vont j3. bis j6, Jahrhamiiri, i865, t. II, p. io3 et S8., no* i45 et i46. Leipzig. Cf. G. Toblcr, Schivetzeriêche RamUchaa, I. pp. 3 1 4-330.

a. Ja ist er Je gewesen rich.

Dent gieht er jeté gar ungelich, Man hat in na/cet funden, naket und blosz, mit sin verserten wunden.

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