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DOCUMENTS FRANÇAIS SUR LA BATAILLE DE NANCY

il y eut encore en Alsace des poèmes semblables, demeurés inconnus et qui ont précédé la Nancéide de Pierre de Blarru*. — Les historiens alsaciens sont venus après les poètes. II semble bien que Tœuvre d'Erhart a été connue du continuateur de Kœnujshofen que Schilter a édité', aussi bien que du compilateur auquel Ton doit VArchivchronik^. Ces écrivains nous donnent quelques détails très précis et des dates qui rectifient souvent la Chronique de Lorraine. Parmi les chroniques postérieures, il faut attacher une certaine importance à celle de Jacques Trausch. Bien qu*elle ait été rédigée seulement au début du xvii^ siècle, elle a recueilli une foule de légendes locales très intéressantes ♦.

En tête des documents français se trouve un récit tout à fait contemporain qui a été composé après la découverte du corps du Téméraire (7 janvier) et avant son enterrement à la collégiale Saint-Georges (12 janvier). Il porte pour lilre : Fm Desconfiture de monseigneur de Bourgogne Jaiie par monsei" gneur de Lorraine ^ Le document, très précis, nous donne les noms des morts et des prisonniers, et insiste sur la trahison de Campo-Basso. Il a été très répandu, peut-être même imprimé dès le début de i477« Les historiens français s'en sont beaucoup inspirés et Jean de Roye, Fauteur de la Chronique scandaleuse, l'insère à peu près complètement dans son récit, avec des plaisanteries de son cru ^. Commines passe vite sur la bataille a pour ce que je n'y estoye point », dit-il. Mais il nous en montre admirablement les conséquences et il met en pleine lumière, avec le caractère du Téméraire, toutes les fautes qu'il a commises. En homme habitué aux intrigues et qui connaissait bien des secrets de la cour, il tire au premier plan le traître Campo- Basso 7. Thomas Basin, homme d'église, n'insiste pas sur les événements militaires et il est très bref, à son ordinaire, sur la bataille de Nancy ^. Les chroniques postérieures sont insignifiantes et se bornent à répéter les faits déjà connus.

I. PcTRUs SicuLus, un énidit italien, écrit en 1477 ^ Albert de Bonstetten : i Perfecissem enim quod Rcribis, nisi valetudine quadam adversa et pennolesta premerer, quo fit ut inceptum de Renato Lotharingie duce nostro carmen nondum perfecerim. > (A. BOchi, Albrecht von Bonsletten, Briefe und ausgewûhlte Schrijlen dans les Quellen car Schweirer Geschichie, t. XIII, p. 73.)

a. Die ùlteête teutsche Strassburgische Chronik, Strasbourg, 1698, pp. 3C7-385. Cf. la strophe de Erhart : Von Tuse, Lienstat und Rosier avec le passage édité par Schilter, p. 379.

3. Code historique et diplomatique de la vile de Strasbourg, de Sghivéeoans, t. II, pp. i84-ao4.

4. Éd. Dacbeux, dans Les Chroniques strasbourgeoises, t. 111, pp. a3-a8.

5. La Desconjlture a été imprimée par Lrnolet du Fresnot, Commines, t. III, pp. 493-49^» d'après un manuscrit de la biblitohèque du roi (Béthune, n9 7C79, aujourd'hui, fonds français, n^ 1707, fol. 48 et 49)» tin texte un peu différent se trouve dans im manuscrit de la bibliothèque de Lille, n9 539, f^ II 3. (Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques. Départements, t. XXVI, p. 4 10.) M. MuGxiER, conseiller à la cour de Chambéry, signale un autre manuscrit dans les archives du sénat de Savoie. Il se propose de le publier. Cf. Mémoires de la Société savolsienne d^ histoire et d'archéologie. Séance du i3 mai 1900. La Desconfiture a été publiée encore par Caton, cf. supra, p. 469, n. 3, et par J. Meter dans VAlemannia de Birunoer, t. X, pp. i38-i4a> J* Mcter a suivi le manuscrit cité de la Bibl. nationale.

6. Édition B. de Mandrot dans la Société de l'histoire de France, t. II, p. 35 et ss. Il ajoute, par exemple : à ladicle descharge (des canons de Bourgogne) qui n'estoit pas des généraulœ des finances,

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