‹ Histoire de NancyChapitre 419 sur 642 · Éd. QUICHERAT, t. II, pp. ^lO-l^lO · texte numérisé non relu

Éd. QUICHERAT, t. II, pp. ^lO-l^lO

Les chroniqueurs bourguignons sont en général très sobres sur la bataille. L'événement est pour eux trop cruel. Ils s'efforcent de diminuer l'importance de la journée et de montrer dans la victoire de René II l'effet d'un simple hasard. L'historiographe de Bourgogne, Georges Chastelain, était mort au siège de Neuss et avait été remplacé par Jean Molinet, chanoine de Valenciennes. Rien n'indique que Molinet ait été présent devant Nancy. Il a eu certainement sous les yeux le récit de la Desconfiture; il le reproduit en partie ' et le corrige sur certains points * ; mais, en outre, il a interrogé des témoins oculaires de la journée ; il ajoute des détails nombreux et surtout il nous donne des événements une impression très vive, telle qu'il l'a reçue luimême; sous sa plume s'anime le récit froid et sec du document française Olivier de la Marche était au contraire présent à la journée et a fait avec vaillance son devoir : a II fault faire du mieulx que l'on peut, quand l'on est en nécessité. » Puis, prisonnier, il demeura assez longtemps captif. Pourtant, s'adressant à Philippe le Beau, petit-fils du Téméraire, il n'insiste pas sur la funeste bataille ; il passe très vite et ne montre point les graves fautes commises par le duc de Bourgogne ^.

Tels sont les documents, assez nombreux, sur la bataille de Nancy. Nous souhaiterions qu'un jour ils fussent réunis eu un beau volume, comme il a été fait pour tous ceux qui concernent la bataille de Morat^ Les historiens les ont mis souvent en œuvre et, à leur tour, ont décrit la mémorable journée, les uns s'efforçant d'être précis, les autres éloquents. Il nous est impossible de citer toutes les expositions qui se trouvent dans les histoires générales de France ou de TEurope ; car il n'est point d'écrivain qui n'ait eu l'occasion de parler de ce grand événement. Mais au moins devons-nous signaler les ouvrages spécialement consacrés à Charles le Téméraire ou à René II, et les récits les plus saillants. Nous passons sur le xvii^ siècle où nous ne trouvons rien à signaler. La Lorraine fut à cette époque si malheureuse qu'elle ne pouvait songer au passé, tout entière aux tristesses du présent. Au début du xvm^ siècle, Léopold nomma comme historiographe de la Lorraine l'abbé d'Étival, le P. Hugo ; celui-ci composa une histoire de quelques ducs lorrains, écrite avec soin. Il a traité, ce semble, avec amour, le règne de René II. L'œuvre est parfois déclamatoire ; mais elle se distingue par les qualités sérieuses où Ton reconnaît l'auteur des Antiquités de tOrdre des Prémontrés. Il est grand dommage qu'elle soit demeurée manuscrite^. La bataille de Nancy, sans que

I. Quelquefois, il parait ne l'avoir pas très biea compris; mais peut-être sonimes-noas en préseocr de fautes commises par l'éditeur et non par Tauteur. Voir ce qu*il dit du départ d'Angelo et de Jean de Mootfort.

a. Sur la lisle des morts, par exemple. Il a supprimé le passage concernant la mort de Galeotto.

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