‹ Histoire de NancyChapitre 425 sur 642 · Lecoy i>k la M\h(.iik, Le Hoi Hené, l. 1, pp. 407 et · texte numérisé non relu

Lecoy i>k la M\h(.iik, Le Hoi Hené, l. 1, pp. 407 et

48o HISTOIRE DE NANCY.

il annulait les dons que lui ou son lieutenant, le sire de Craon, avait faits en ces pays ; il remettait en liberté les anciens officiers du Barrois qui étaient prisonniers à Sainte-Menehould'. Il semblait que dès lors toutes ces villes allaient revenir au pouvoir du duc René II qui devait un jour hériter du Barrois. Mais en juin 1476 René était fugitif et son propre duché au pouvoir du Bourguignon ; le sire de la Trémoille continua par suite d'occuper le duché de Bar'. Plus tard, René recouvra sans doute ses États et Nancy. Ce n'était pourtant là qu'une occupation éphémère; Charles revint en Lorraine et, sous ce prétexte, Craon restait à Bar. Il observait avec soin les événements, rendant un compte exact au roi de France. Il envoyait même des détachements à l'est, et sous sou commandement 600 lances se logèrent près de Toul'; il était ainsi à deux pas du théâtre des hostilités.

Campo-Basso résolut de se joindre à ces troupes ♦. Le mercredi i*' janvier, avec 180 hommes, il quitta subrepticement le camp de Charles de Bourgogne, et vint à Commercy olfrir ses services aux Français. Craon avait l'ordre de ne rien engager ; il devait, en apparence du moins, respecter la trêve de Soleuvre et ne donner aucune prise au Téméraire sur le roi de France 5. Mais il donna en secret à Campo-Basso et à ses compagnons le conseil de s'entendre directement avec le duc de Lorraine. Par un long détour, le traître vint trouver René II à Saint^Nicolas ; ses deux fils, Angelo et Jean de Montfort, s'étaient joints à lui du côté de Ludres, le vendredi 3 janvier^, et avaient détaché de l'armée bourguignonne 120 autres hommes. Tous avaient quitté la croix de Saintp-André pour prendre celle de Lorraine?. Campo-Basso renseigna exactement René sur la situation de Tannée adverse ; il lui montra que la victoire était certaine, s'il savait profiter de l'occasion. Le duc promit de le recevoir à son service, de lui laisser le château de Condé, présent du Téméraire à son iils, de lui restituer immédiatement Commercy et ses dépendances. Mais les Suisses et les Alsaciens montrèrent toute l'horreur qu'une telle trahison leur inspirait. Ils ne voulurent point combattre avec cet homme : Campo-Basso n'était pas digne de lutter, la poitrine découverte^. Une seule besogne lui convenait : qu'il aille garder le pont de Bouxières-aux-Dames, l'unique chemin par où les Bourguignons, en cas de défaite, peuvent s'échapper; et là, il les prendra ou les

I. La pièce publiée dans Dom Calmet, t. III, Pr., col. a83. Louppy-le-Ghàteau, c. de Vaubéoourt; Kœiir-la-Grande, c. de Pierrefille; Goadrecourl, chef-lieu de c. ; Morley, c. de Monticra- sur-Saoh ; Hevigny, chef-lieu de c, Meuse.

n. En janvier 147O, Louis XI avait donné à Georges de la Trénooille le comte de Ligny-en-Bar. confisqué sur le comte de Saint-Pol. (Louis de la Thémoille, Archive* (fan Meruiteur de Louië Xlh Nantes, 1888, p. %.)

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