‹ Histoire de NancyChapitre 428 sur 642 · DESCRIPTION DU CHAMP DE BATAILLE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DU CHAMP DE BATAILLE

champ de bataille. Charles le Téméraire résolut de se porter au-devant du duc René, de s'interposer entre lui et la ville de Nancy. Dans la nuit du 4 stu 5 janvier, il quitta en secret son camp ; mais il laissa un détachement autour de la ville pour continuer le blocus. Jean de Toullon devait veiller sur la porte de la Crafle et sur la courtine jusqu'à la poterne derrière la cour; John Middleton sur le côté est, depuis la poterne jusqu'à la porte Saint-Nicolas, les baillis du Hainaut et du Brabant sur le côté ouest'. Charles, avec le gros de l'armée, vint se ranger en bataille, sur la route de Saint^Nicolas. Quelques détails topographiques sont ici nécessaires.

Des hauteurs de Vandœuvre, coulent, à trois cents mètres environ de distance, deux petits ruisseaux. Le premier, le plus rapproché de Nancy, porte le nom de ruisseau d'Anzécor ou de Nabécor ; on l'appelle aussi ruisseau de la Madeleine. Il franchit, non loin de sa source, la route de Nancy à Neufchâteau, marque la limite entre les communes de Nancy et de Vandœuvre. A une petite distance du Sacré-Cœur, il atteint le quai du chemin de fer, puis suit sous terre la rue de Nabécor, coupe la rue de Strasbourg, alimentait jadis le lavoir qui a succédé à l'ancienne maladrerie de la Madeleine, dépendance des Dames précheresses, et qui a été remplacé lui-même par une fabrique, aujourd'hui abandonnée. De là, le ruisseau n'a plus qu'un petit chemin à parcourir pour aller se jeter dans le canal, au delà du boulevard Lobau. Le second ruisseau s'appelait jadis le ruisseau de Jarville; on le désigne aujourd'hui sous le nom de ruisseau de Brichambeau ou de Bonsecours. Il est à peu près parallèle au premier ; il laisse à droite la ferme de Brichambeau, franchit la route qui mène de Nancy à Richardménil et à Flavigny, contourne l'église actuelle de Bonsecours et va se jeter dans la Meurthe à quelques pas de là. Entre ces deux ruisseaux de la Madeleine et de Jarville se dresse une hauteur assez apparente encore aujourd'hui, quoiqu'elle ait été bien décapée par suite des constructions modernes. De nos jours, entre ces deux ruisseaux ont été établis le réservoir des eaux de Saint- Charles, les baraquements de l'artillerie, la maison de campagne dite de Prébois, le cimetière du Sud, le Sacré-Cœur et les maisons qui bordent des deux côtés la rue de Strasbourg; mais, en i477) cet espace était vide : c'étaient, près de la Meurthe, des champs appartenant presque tous à la maladrerie de la Madeleine ; c'était, un peu plus loin, vers Vandœuvre, un bois très épais qui dépassait d'un côté le ruisseau de Jarville pour venir se terminer vers la ferme de la Malgrange, qui franchissait de l'autre côté le ruisseau de la Madeleine et touchait presque, à travers les régions dites aujourd'hui de la Garenne et de Sainte-Marie, à l'étang de Saint-Jean et au ruisseau qui, descendu des hauteurs de Villers, alimente l'étang. On donnait à ce bois le nom de bois de Saurupt. Sa lisière était là où sont aujourd'hui les baraquements de Tartillerie près de la maison qui porte le nom significatif de Prébois. Le ruisseau de la Madeleine était assez insignifiant ; en revan-

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