LES MOHTS ET LES PRISONNIERS DE LA BATAILLE. OO
Jean I^'. Comme nous l'avons dit, René II (it élever à son ennemi un beau tombeau par l'imagier Jean Crocq de Bar-Ie-Duc; en i55o, Charies-Quint réclama les restes de Charles le Téméraire et on les transporta à Bruges^ si toutefois les commissaires n'ont pas fait d'erreur '.
Combien d'hommes ont péri, à côté de Charles le Téméraire, dans cette bataille de Nancy ? II est bien difficile de donner des chiffres précis. Knebel parle de 3,ooo 5, Edlibach de 5,ooo*, Diebold Schilling de Berne de 6,000 5, Etterlin de 7,000^, et ce nombre est indiqué aussi par l'auteur de la Chro^ nique de Lorraine^. Peu^-être y a-t-il dans ces chiffres quelque exagération ; mais en prenant le chiffre moyen de 5,ooo hommes, l'on voit que les pertes des Bourguignons furent grandes. Nous avons estimé plus haut l'armée bourguignonne à 8,000 hommes, plus 2,000 hommes laissés autour de Nancy. C'est dire que moitié de cette armée fut exterminée. Mais surtout les capitaines les plus vaillants avaient succombé. Avec le sire de Bièvres étaient tombés le fils aîné du bâtard Antoine; Louis le Jeune, seigneur de Contay ' ; Frédéric de Flersheim '; le sire de Viéville ; Ferri de Cesano, sire de Belvoir ; le seigneur de Citey; le capitaine Troylo; Henri d'Haraucourt ". Au début, l'on crut à la mort de beaucoup d'autres nobles qui furent retrouvés dans la suite ". Si nous sommes mal renseignés sur les morts, nous pouvons dresser une plus longue liste des prisonniers. Les petits gentilshommes avaient été massacrés ; mais, par l'espoir d'une riche rançon, des Lorrains ou des Alsaciens avaient caché les seigneurs les plus puissants et les avaient soustraits à la fureur des Suisses'^. Au nombre des prisonniers étaient, outre le bâtard Antoine *5, son demi-frère le bâtard Baudouin**;