Jean Lud, Dialogue, p
n. Knebel, t. III, p. 108. Item der herre von Pichardia hatt Hans von Nuwenstein gon Ropolsttwilr gebrochL II s'agit ici de Philippe de Croy, comte de Chimay. Olivier de la Marche, t. III, p. a4o, écrit : « Fut le comte de Chimay mené en Allemaigne. *
la. Voir les comptes du receveur Philippe Krug dans Albrecht, Rappoisteinisches Urkundenbuch, '• V, p. 79.
i3. Id., ibid. Tous les textes sur cette captivité sont réunis en cet endroit.
5lO HISTOIRE DE NANCY.
Antoine fut racheté par René lui-même à Jean de Bidos qui l'avait pris, pour une somme de 12,000 francs. Le duc espérait en tirer une rançon très forte, quand Louis XI réclama le prisonnier. Il n'osa refuser, mena le bâtard à Amiens et comptait aller le présenter au roi à Arras. Mais Louis XI lui signifia qu'il lui envoyât le prisonnier et demeurât lui-même où il se trouvait. A peine permit^il au duc de venir lui faire la révérence, après l'avoir dépouillé sans aucune indemnité de son captif ^
Les Bourguignons avaient ainsi sijJ^i de grandes pertes, tandis que l'année victorieuse comptait un petit nombre de morts et de blessés. Les chroaiques suisses et alsaciennes nous donnent un chifire très faible de victimes. Elles nous annoncent que 3o soldats au plus auraient été tués, et encore ils auraient été massacrés, non par les ennemis, mais par leurs propres compatriotes, parce qu'ils avaient commencé le pillage avant la fin de la bataille*. Ce nombre est évidemment trop bas, puisque nous savons d'ailleurs que 2.5 habitants du canton d'Unterwalden périrent ', que Bâle eut 4 nioris et 8 blessés^. Mais certainement les pertes des alliés étaient insignifiantes en comparaison de celles des Bourguignons.
Le butin fut bien moins important que celui qui avait été ramassé sur le champ de bataille de Morat, et surtout sur celui de Grandson. Charles le Téméraire commençait lui-même, dans son parc, à sentir les atteintes de la famine K Néanmoins, l'on trouva une quantité assez considérable de matériel de guerre. On prit trois gros canons, une soixantaine de coulevrines, une centaine de petits canons à crochets ^. On décida de partager plus tard ce butin entre les alliés. On s'empara des tentes 7 et on conquit de nombreuses bannières ; les Strasbourgeois en rapportèrent huit, qui flottèrent longtemps sur la flèche de la cathédrale, récemment achevée; ils avaient aussi obtenu une cotte de mailles du Téméraire^. D'autres étendards furent pris par les Suisses et ont été distribués entre les différents cantons. Enfin, on trouva sur le champ de bataille l'anneau du duc de Bourgogne '.
La bataille de Nancy n'a pas été un fait militaire très important. 11 était facile aux 20,000 alliés d'écraser les 10,000 Bourguignons, épuisés par le froid et les fatigues d'un long siège. Pourtant, on remarquera que les as-
i. D'alogue de Jean Lud, pp. 186-187. René II ne toucha qu'une rançon d'Henri de Neuchàtel. Mais il donna sur la somme 6,000 florins au comte de Thierstein et a,ooo à Jean de Bron (^ibid,, p. 189). On rapporte que la rançon du margrave Philippe de Rœteln fut de i5o,ooo florins.
a. Of.roi.d Edlibach.