BusiMGER, Gescftichte von Untertvalden, t. II, p. ao
4. Lettre du 5 janvier. (Knebel, Basler Chroniken, i, III, p. 96.) .5. Lettre du 7 janvier à Bâlc. (Kmebel, p. 96.)
6. Edlibach dit 65 coulevrines ; dans une lettre des capitaines on trouve le chiflRre de SS. (Kkiul, t. III, p. 98.) Schilling (de Berne), p. 371, parle de io3 canons, a grosses booibardes, 6 canoos d'où l'on tire des boulets plus gros que la tète d'un homme.
7. Dans deux lettres des capitaines bAlois. (Knebel, t. III, pp. gS et 98.)
8. Archivchronifc, t. II, p. 2o3. Les Strasbourgeois rentrèrent avec ces trophées le la jajiyier.
9. Il fut envoyé plus tard par un chanoine de Lucerne au duc de Milan, Jean Galêas. Cf. Motta dans VAnzeiger, 1878, p. 188; /. S. A. Z., i883, p. 16.
CONSEQUENCES DE LA BATAILLE DE NANCY. l> I I
saîllantii eurent recours à une tactique savante, et l'on enregistre dans les annales des guerres le mouvement tournant qui surprit Charles le Téméraire et causa sa défaite, plus peut-être encore que sa Faiblesse numérique. Le duc de Bourgogne avait commis deux fautes graves que lui reproche avec grande netteté l'un des plus grands tacticiens des temps modernes, le général Jominî : tt La première fui de recevoir le combat adossé à un étang et à la ville de Nancy qui se trouvait au pouvoir de IVnnemi, en sorte qu'il n'iin étroit défilé pour opérer sa rciraile ; la seconde fut de placer sa droite à un bois non occupé', faute niant plus criante que, la gauche appuyant À la rivière, il était évident que ce serait la droite que l'ennemi attaquerait. Charles E pouvait donc rien faire de mieux pour batlu, dès que ses adversaires auraient le bon sens de ne pas prendre le taureau par les cornes en attaquant son centre. Us manœuvrèrent au coniraire fort sagement sur l'aile décisive, et leur triomphe était presque certain ivanl même d'en- (lager le com-
Celle bataille si aisément gagnée, ce « petit événement de guerre ^ » eut des conséquences immenses, et avant tout la chute du royaume de Bourgogne. Ce royaume, que Charles le Téméraire voulait créer entre la France et l'Allemagne, était à jamais anéanti. Le roi Louis XI, qui avait suivi avec un intérêt mal dissimulé les péripéties de la hitle sans s'y être mêlé lui-même, mit aussitôt son armée sur pied, s'empara de la Bourgogne et des villes de la Somme qui restèrent unies au domaine royal, de la Franche-Comté et de i'.Vrtois que son successeur, Charles Vlll, eut plus tard le tort de rendre. Pour sauver le reste de son héritage, la hlle du Téméraire, Marie, qui pen-
I. Nolonii encore i|iie le duc de Bourgogne ne fit pas fouilter ce bois.
3. L>eUre de JoHini i M. de Pixprécourt. ra préTace à son drame de Charla le Téméraire dans PuMÉcouRT, Théâtre choiti, 111, Paris, iS^i, p. igg.
3. C« tnanusiTit appartenait en 1S73 à M. Horner, bibliut liées Ire di' la vitli- de Zuricli.
4. Expression du colonel du iji'nïc RrucitHt:, Xutice tirotégïgae (ir la baliiiile dt Nanci/, diai
Pi:
ibid., III, :
5l2 HISTOIRE DE NANCY.
dant longtemps ne voulut pas croire à la mort tragique de son père ' et dut enfm se rendre à Tévidence, offrit sa main à Maximilien, fils de Tempereur d'Allemagne, et, protégée par lui, elle put non sans peine garder au royaume de France le comté de Flandre et, en dehors du royaume, les diverses possessions néerlandaises réunies par ses ancêtres. La Bourgogne était ainsi abattue, la France agrandie et relevée. Mais le mariage de Marie et de Maximilien, en unissant aux possessions autrichiennes les principautés des Pays-Bas, rendra le roi des Romains, plus tard élu empereur d'Allemagne, singulièrement puissant. Leur fils, Philippe le Beau, s'alliera à rhéritière de la Castille et de TAragon : et ainsi, l'Espagne, l'Allemagne, les Pays-Bas allaient échoir à un même prince : Charles-Quint. L'indépendance de l'Europe même était menacée par cette formidable puissance* La journée de Nancy a fait disparaître la Bourgogne et fortifié la France : ce sont les conséquences immédiates. Elle a préparé la puissance de Charles- Quint et cette lutte formidable que la France soutiendra aux xvi* et xvii^ siècles contre les Habsbourg : ce sont les conséquences lointaines.
Cette journée, si importante dans l'histoire du monde, a eu une influence très grande sur l'histoire du duché de Lorraine. C'est de cette date que la Lorraine a été vraiment connue de l'Europe. On parlait avec enthousiasme de ce petit peuple contre lequel était venu se briser le grand duc d'Occident. Le nom de Lorraine ira désormais de pair avec celui des plus grandes nations. Précisément, peu de temps après la bataille de Nancy, la Lorraine se complète par la réunion définitive du Barrois. René II obtint de Charles VID, moyennant finances et moyennant renonciation au reste de l'héritage d'Anjou et aux prétentions sur la Sicile, libre jouissance du duché de Bar, qui désormais ne fut plus séparé de celui de Lorraine ^. L'unité territoriale de la Lorraine était consommée et devant elle s'ouvrait la perspective d'un fjlorieux avenir.
I. Cf. la lettre adressée par Marguerite d*York et Marie de Bourgogne à Louis XI, de Gand, 18 janvier 1477, et publiée par Kerwyk de Lettenhove dans les Bulletins de V Académie rotfale de BelgiquCt l. XXI, I" partie, i854, p. 107.
a. DiGOT, Histoire de Lorraine, t. III, p. 378.
APPENDICE AU CHAPITRE XVI
Récits de la bataille de Nancy.
Nous avons publié dans la première éditiou de Y Histoire de Nancy le texte allemand et la traduction française des récits de la bataille de Nancy, faits par Petermann Ëtterlin et Gérard Edlibach; nous donnons ici, soit en original, soit en traduction, d'autres récits contemporains qui sont, croyons-nous, tout à fait inconnus à Nancy.
Récit envoyé le 11 janvier 1477, par Qeorg^es Hochmuth, secrétaire de Zurich, au bourg^uemestre et au Conseil de Donauworth, sa ville natale.
(Le texte original est publié dans V Anzeiger Jûr Schweizerisvhe Gesrhichte, iHy8, p|». 67-Gg. Cf. supra, p. 471 •)
Traduction
... « Le dimanche avant les trois rois, à midi', ils sont arrivés k Nancy', devant le parc des ennemis. Le duc de Bourgogne les attendait ; il avait établi des sentinelles et observait une surveillance stricte ; il avait dirigé ses canons contre les assaillants et assigné k chacun sa place. Et ainsi les nôtres sont tombés sur les soldats en sentinelle, ont engagé la lutte avec eux, les ont chassés. Ainsi les Bourguignons rentrèrent dans leur parc et dans leur camp, les nôtres les suivirent et attaquèrent le parc de trois côtés k la fois. Les Bourguignons essayèrent d'abord de se défendre et tirèrent sur nos troupes huit coule vrines. Mais une seule nous fit du tort ; elle nous tua trois hommes de Tavant-garde ; mais les autres coups se perdirent par-dessus nous, et ainsi les nôtres entrèrent de trois côtés dans le parc. Quand les Bourguignons virent que les nôtres résistaient et pénétraient toujours