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2. Le texte allemand porte : Landthsuts. L'éditeur von Liebenau a conjecturé: Laneuveville; nous préférons y voir une corruption du mot Nancy ^ avec lequel le scribe n'était pas familier.
5l4 HISTOIRE DE NANCY.
plus avant, ils prirent la fuite d*un commun accord ; et ainsi ils furent chassés j)ar force de leur camp et de leur parc. Et les nôtres les poursuivirent de près sur plus de deux grands milles; et les Suisses tuèrent dans la fuite plus de 3.ooo Bourguignons et, en vérité, de notre côté, il n'y eut pas plus de dix hommes hors de combat. — Item dans le parc il y avait deux comtes, l'un d'Angleterre ' et l'autre de Nassau'; l'un des deux a été tué et l'autre prisonnier; mais nous ne savons encore au juste lequel est tué et lequel est prisonnier, seulement l'un est tué et l'autre pris. Et les nôtres ont couru jusqu'à Saint-Nicolas-de-Port) et alors la nuit tomba. Les nôtres étaient accablés de fatigue et de faim, et ils ne savaient où se procurer à manger ; ils n'avaient point encore reçu leur solde. Us firent alors demi-tour et se dirigèrent de nouveau vers le psirc et ils pillèrent 3.ooo morts, et arrivèrent dans le parc et là campèrent la nuit et mangèrent. Ils y ont trouvé huit très bonnes coule vrines, deux très grosses bombardes, et beaucoup d'autres arquebuses k char, à croc, à mains. Les Bourguignons ont laissé derrière eux tout ce qu'ils possédaient sauf le corps, ceux du moins qui ont pu fuir. Et les Nancéiens dans leur ville ont souffert de la faim, ils ont mangé des chats, des chiens, des ânes, des chevaux, et ils n'auraient pu à cause de la disette tenir quatre jours de plus. Le duc de Bourgogne n'était pas très fort; pourtant il avait ao.ooo hommes^; le chiffre des Suisses et des Lorrains n'était pas beaucoup supérieur k i5.ooo. Us n'étaient pas tous au combat, car quelques-uns furent postés en une embuscade.
Les Bourguignons se sont réfugiés en une île formée par deux cours d'eau : l'un de ces cours s'appelle la Moselle. Le jour des Rois^, de bon matin notre capitaine a envoyé un messager k mes seigneurs de Zurich ; il est arrivé le jeudi^. On n'avait pas écrit, parce qu'on n'avait pas le temps. Et le jour suivant de bonne heure ils devaient se réunir en conseil; nous ne savons pas encore ce qu'on y a décidé, si l'on veut pénétrer plus avant dans le pays. Mais nous savons que dans tout le pays suisse on a une grande joie et qu'on a sonné en signe de réjouissance dans toutes les églises. Ainsi se sont passés ces événements de guerre ; vous pouvez aflirmer qu'ils sont vrais ; car un conseiller de Zurich me l'a dit et m'a engagé k écrire ; il n'y a pas de doute que les villes de l'empire en auront une grande joie. En une année ou plutôt en moins d'une année il a été battu trois fois et trois
de ses parcs ont été conquis avec l'aide de Dieu 7; et que Dieu soit loué Écrit
en toute hâte k Zurich, le samedi matin après l'Epiphanie en l'an 77^.
I. Les chroniqueurs buisses |>arleDt beaucoup de ce comte qui aurait été fait prisounier. Cf. supm, p. 609, II. 4* En réalité, il n*a pu être identifié.
a. Enijelbert de Nassau. Lontjtemps ou crut qu'il était mort. Cf. supra, p. Sog.