‹ Histoire de NancyChapitre 470 sur 642 · Cf. supra, p · texte numérisé non relu

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an 1785 la porte à laquelle fut donné d'abord son nom et qui, au xix* siècle, prit le nom de Désilles, pour perpétuer la mémoire d'un généreux dévouement, il chargea le sculpteur Schuncken de l'orner de bas-reliefs. Du côté intérieur, celui-ci représenta des scènes rappelant l'intervention de Louis XVI i»n faveur des colonies anglaises d'Amérique révoltées et la liberté rendue aux mers et au commerce grâce à la ligue de neutralité. Mais, du côté extérieur, quel autre sujet pouvait mieux convenir que la bataille de Nancy? C'était rappeler aux ennemis l'héroïque résistance opposée par la ville et aux assauts et aux tortures de la faim. A gauche, on voit la silhouette de Nancy avec les deux tours de la Craffe, celles de l'église Saînt-Èvre et de la collégiale Saintr^Seorges ; devant les remparts s'étendent les fossés et l'étang Saint-Jean ; à droite arrivent les Suisses de l'armée de délivrance et le duc René II ; au milieu s'engage la bataille furieuse. Les cavaliers s'élancent les uns contre les autres ; les chevaux piafTent et foulent les cadavres sous leurs sabots. La composition est très animée, les mouvements un peu heurtés. Schuncken, surtout connu par ses gracieux groupes d'enfants, a voulu nous laisser une page d'histoire ; et on peut dire que, malgré certaines imperfections de détail, il a réussi'.

Du reste, un événement d'une grandeur aussi tragique que la bataille de Nancy est un sujet qui s'impose en quelque sorte aux artistes. A diverses reprises, les uns ou les autres ont tenté de le traiter. Assez nombreuses sont les anciennes miniatures ou les gravures qui reproduisent des épisodes de cette journée ; on nous en a dressé un catalogue très exact et très complet*. Nous ne pouvons ici signaler que deux ou trois œuvres parmi les plus connues. Le i4 septembre 1828, Charles X, de passage à Nancy, se rendait à l'hôpital militaire, quand le général marquis de Pange lui montra d'une fenêtre la croix de Bourgogne, qui venait d'être réédifiée dans l'étang Saint- Jean, et lui rappela de quels événements elle perpétuait le souvenir. Le roi demanda aussitôt si la ville possédait un tableau représentant la bataille ^ ; et, sur la réponse négative, il déclara qu'il en allait commander un « à un jeune peintre déjà connu par des productions distinguées »; ainsi le document officiel désigne Eugène Delacroix. Le ministre de l'intérieur fut un peu effrayé ; et, pour se couvrir, il demanda à la municipalité nancéienne de ratifier ce choix, (uclle-ci consulta la Société royale des sciences, lettres et arts — nom que portait à cette date l'Académie de Stanislas — ; et, unanimement, il fut reconnu qu'un tel sujet était « le plus propre à embellir le nmsée de la ville, à entretenir le noble sentiment de l'orgueil national et à faire briller les talents de l'artiste ♦ ». Delacroix, que son éclatant succès au

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