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LA BATAILLE DE NANCY ET LE THEATRE

lions' ». G. de Pixérecourt savait planter un sombre décor; il avait encore d'autres habiletés. Quand il publia son drame en i833, il demanda en guise de préface une lettre stratégique au général Jomini*.

Pour qu'un drame comme celui de Nancy émeuve, il n'est point besoin d'inventer des personnages fictifs et d'introduire dans l'exposition des faits de fades amours. Il suffit de présenter aux spectateurs les scènes mêmes de l'histoire. C'est ce qu'a compris M. Adolphe Ribaux qui, en juin 1897, a fait jouer un Charles le Téméraire en plein air, sous les murs croulants du vieux château de Grandson'. Fort adroitement, il a coupé en tranches l'histoire, suivant le Téméraire depuis le 26 décembre i475 où il convoque au palais de Nancy les états généraux de Lorraine, jusqu'au moment où le corps est trouvé dans l'étang Saint-Jean. Mais M. Ribaux a surtout en sa pièce glorifié les Suisses ; comme Ta écrit M. Save : « Il reste une pièce à faire en se plaçant au point de vue lorrain, et l'épopée nancéienne peut encore donner lieu à un drame patriotique puissant, en trois actes : le siège, la bataille, la mort du Téméraire, dans chacun desquels viendraient se placer les nombreux épisodes consignés dans nos chroniques*. » L'auteur de ces lignes pensait qu'un jour un pareil drame, écrit par quelque jeune Lorrain, se jouerait devant des milliers de spectateurs, dans les massifs de la Pépinière. Il n'a point vu la réalisation de son rêve ; peut-être jamais ce drame ne sera-t-îl écrit, et c'est dommage.

Nous ajoutons que la bataille de Nancy et la mort de Charles le Téméraire ont fourni certains épisodes à des romanciers; Walter Scott s'en est inspiré pour le dénouement d'Anne de Geiersieîn, lajîlle du Brouillard ; Gustave de La Lance, pâle imitateur du maître, a encadré les faits de l'histoire d'une intrigue amoureuse dans Lorraine et Bourgogne^; enfin, le vicomte d'Arlincourt, dans le Solitaire ou P Ermite du Mont Sauvage^ y a supposé que Charles le Téméraire n'était pas mort devant Nancy, mais que, retiré dans une solitude de Suisse, il devenait le héros de toutes sortes d'invraisemblables et échevelées aventures.

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