‹ Histoire de NancyChapitre 474 sur 642 · Paris, Froment, 1839, 4 vol. in-ia · texte numérisé non relu

Paris, Froment, 1839, 4 vol. in-ia

0. Paris, i8ai, in-S^ de 395 pages. Ces romans ont été analysés par M. (^ollignon, Notes sur teê monuments,.,. Le Solitaire eut treize éditions successives et fut traduit en une dizaine de langues.

HISTOIRE DE NANCT.

C'est jusqu'à un certain point à la bataille du 5 janvier 1^77 qu'il faut faire remonter les emblèmes héraldiques qui symboliseront à l'avenir la famille ducale, la nationalité lorraine et la ville de Nancy. Peu de temps après la détaite du Tùinùraire, les armoiries des ducs se complètent et se fixent; la croix à double traverse devient la croix de Lorraine, et le chardon rappelle la glorieuse résistance de la cité aux Bourguignons.

Depuis que l'usage des armoiries s'est répandu, les ducs de Lorraine avaient choisi comme emblème les trois alérions, qui dérivent sans doute de l'aigle impériale. Nous trouvons pour la première fois cette représentation sur le sceau d'un cadet de la maisoD de Lorraine, Ferri de Bitche; il est appendu à un titre de l'abbaye de Sturtzelbronn, de l'année 1196'.

Le fils de ce Ferri, Ferri II, succéda en i3o5 i son oncle Simon II dans le duché de Lorraine, et désormais les alérions restèrent le signe de U famille ducale; ils sont disposés par trois sur une bande héraldique qui traverse l'écu. Au bas des chartes ducales, les sceaux représentent le duc à cheval, se couvrant d'un semblable écu d'une main, soulevant de l'autre un fanion avec ces mêmes armoiries : souvent même, si;eau riEs notaires i.omiaims [gg liousses qui parent les chevaux

portent les trois alérions'. Quand des notaires en titre furent établis dans le duché, ils employèrent le sceau de la cour de Lorraine qui représente de même l'écu avec la bande chargée de trois alérions + SIGILLVM CVRIE DUCIS LOTHARINGIE. Les cou-

de 1* laycUc lie Mandres. Cf. lupn ». Voir le iceau de Fer.i It sur u

1, !>■ Tii. Cr. Hemar^oét lur Ut «ceou [ preuves, col. 3og. Noua aTooi d^à dit au d'une charte de SimoD II (1176-iw»)

LES ARHOIRIRS DUt^ALF.S, 547

leurs choisies pour l'écu étaient d'or (jaune) ; la bande de gueules (rouge) et les trois alérions d'argent (blancs). Comme nous l'avons vu plus haut, à partir du règne de Mathieu II (i2ao-i25i) l'alérion commence à apparaître sur les monnaies ducales'.

Les armoiries de la maison ducale ne varièrent point jusqu'au jour oi'i René 1" fut nommé duc de Lorraine. Ce ]mnce devait régner sur de nom-

breux États; il cumula en un seul éoussun les armoiries, comme il unit les couronnes sur sa tête. D'origine angevine, il ne quitta jamais les armoiries de son duché natal : d'azur, semé de fleurs de lis d'or, brisé d'une bordure de gueules. Puis, il était duc de Bar, et aux armes angevines et lorraines, il ajouta l'écussun de Bar : d'azur, à deux barbeaux adossés et d'or, l'écu

. Cf. tapra, p. i3i.

aemé de quatre croisettes recroisetécs au pied fîrlié de même. De i43i à 1435, il unit en son écu ces trois armoiries et les disposa de la façon suivante : écartelé d'Anjnu et de Bar, et, sur le tout, de Lorraine'. Mais, en 1434, à la mort de son frère Louis III, il élail devenu le mattre de l'Anjou et de la Provence ; en i435, il acquit des prétentions au royaume de Sicile et de Jérusalem ; et il ne pouvait oublier que jadis sa famille était mattresse d'un autre royaume, celui de Hongrie ' ; s'il ne représenta par aucun signe dans ses armoiries la Provence, simple comté, il pnt les armoiries de Hongrie, de

DB 147.1 A :4So

•■omtai de Flajutre.)

Sicile et de Jérusalem ; — de Hongrie : burelé d'argent et de gueules, de huit pièces; de Sicile : d'azur semé de fleurs de lis d'or sans nombre, brisé en chef d'un lambel de gueules à trois pièces ; de Jérusalem : d'argent à la croix potcncée d'or, cantonnée de quatre croisettes de même. Il disposa son écu en six quartiers, les supérieurs, de Hongrie, de Sicile et de Jérusalem, c'esl-à-<lire des trois royaumes; les inférieurs, d'Anjou, de Bar et de Lop-

I. Sur I* dale des dinërend écussoriE de Hens (•>', voir un article de Lion GiitMAia, Xole $ar aw miaialure du bréviaire du roï René dans le J, S. A. L , iSSo, p. 116. Du mime, Obtii/aliaiu nv du monamenli héraldique* à Sarrrbourg dans les M. A. S., 1900, p. 168.

1. Sur les litres que rercndiquaicnl les ducs de Lorraine, voir E. Bnuim et H. Letaoi, Dt* tilrt* el prélenlioiu ilee duo héridiluirei de Lorraine dans les M. S. A. L., i8B5, p. 3oi-455.

LES AKMOIRIKS DUCALES. 54a

raine, c'est-à-dire des trois duchés". Quand en l'année i453, à la mort d'Isabelle de Lorraine, il eut abandonné cet État à son fils aîné Jean II, il supprima le sixième quartier'. Mais, en l'année i46G, il fut appelé, en vertu des droits de sa mère Yolande, à la couronne d'Aragon ; à ses anciennes armoiries il ajouta l'écu d'Aragon brochant sur le (out : d'or h quatre pals ou vergettes de gueules '.

Quand Hené II fut appelé en 1 4?'^ au duché de Lorraine *, il conserva les armes de son aïeul dans les 2' cl 3' quartiers de son écu, telles qu'elles étaient constituées à cette date, et plaça dans les i" et 4' les armes pures de la maison de Lorraine, dont il était le chef. Il garda cet écu jusqu'à la mort de son aïeul en i48o. Vers ce moment, il en changea la disposition. Il porta son écu coupé : au premier, les quatre royaumes, Hongrie, Sicile, Jérusalem, Aragon; au second, les deux duchés, Anjou et Bar; et sur le tout, les armes de son état principal: la Lorraine). Encore que son titre de roi de Jérusalem et de Hongrie fAt vide de sens, qu'il ne pût songer jamais à reconquérir l'Aragon et qu'il cédât formellement ses droits sur Naples et la Sicile au roi de France Charles Vlll, il conserva ccl écusson jusqu'à la fin de sa vie, et sonlils Antoine n'y fit aucun changement*. L'écusson avait été fixé quelque temps après la bataille de Nancy; il fut bien vile connu de par le monde, et, à la vue de ccl écu, les hommes songeaient que ce petit état avait été le théâtre de si grands événements; les armoiries de Lorraine devinrent célèbres avec le duché lui-même.

Au cours du xvi' siècle, ces armoiries allaient subir une dernière modification. Kené II avait épousé en secondes noces Philippe de Gueldre, qui lui survécut longtemps — elle ne mourut que le 28 février i547 — et à qui sa retraite au couvent des Glarisses de Pont-à-Mousson donna une grande popularité. Cette princesse devint en i538, après la mort de son frère (^haries d'Egmont, héritière du duché de Gueldre, auquel avait été jadis uni le duché

da-Rkâne, pi. XX. Beuthand de BnoDssrLLoti et Padi. uc Fariit. Sigillographie det teigneart de Laoai, Paris, iSSS, pp. g6. nfi, gg, loo.

1. BiniKAUD Di Bdouesii-lon el Paul de Kabct, o. I., pp. 103, io3.

3. DoM Cauikt, l. Il, iceau, n* XXV. BEniKAnit dk Bhoussillou et Paul de Finci, o. /., pp. io5,

4. L,e duc Jeta I! avait coDserré l'écu du roi René tel qu'il existait avtnl i453- f^- "s Whke, o. /., pi. loS. DouiT d'Aucq, IiuieiUaire de la eolleclion de* tceaux det arelûott de CEmpirr, a» 789. Nicolai avait mis sur la tout lea aroiei d'Aragon, dk Wrék, pi. 108.

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