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O. DE WnÉE, o. L, pi. 108. DOUET d'ArCQ

6. Les DioaumeDls qui porteat l'écusson, tel que nous venons de le décrire, uns les armoiries de Gueldre et Juliers, datent à coup sur des anoées i48o i iS^B. C'est de celle manière que le* armoirie* ■ont diapoMea sur la porterie du palais ducal.

55o HISTOIRE DE NANCY.

de Juliers. Mais de nombreux concurrents lui disputèrent cet héritage, et, après toutes sortes de përipéties, Charles-Quinl, comme jadis son aïeul le Téméraire, mit la main sur le duché en litige et l'ajouta à ses vastes États (i543). Les ducs lorrains n'oublièrent pas leurs droits, et, pour bieo montrer ses prétentions, le petil-fils de Philippe de Gueldre, le duc François I", ajouta à ses armoiries celles de Gueldre et de Juliers; celles de Gueldre : d'azur, au lion contourné d*or, à duuhie queue, armé, lampassé et couronné de gueules ; celles de Juliers : d'ur, au lion de sable couronné, armé et lantpassé

(Sur le rcvcra de

de (jueules*. Les armoiries des quatre duchés furent désormais placées en pointe dans l'ordre suivant : Anjou, Gueldre, Juliers et Bar. On les trouve ainsi pour la première fois en i545 sur un toston du duc* ; quelque temps après, en i55o, elles sont décrites et dessinées dans un ouvrage de du Uoullay, héraut d'armes de Lorraine ', et elles ont subsisté jusqu'au moment où la Lorraine a cessé de former un État indépendant.

Ces armoiries des ducs n'ont pourtant pas disparu; elles continuent de figurer en chef sur les armes de la ville de Nancy et complètent l'écusson de notre cité.

Au même moment où se constituait l'écu des ducs, la croix à double traverse tendait à devenir le symbole de h nationalité lorraine. Quelle est l'origine de cette croix ? Autrefois, on la faisait remonteraux croisades mêmes et à la conquête du royaume de Jérusalem par « le duc de Lorraine » Godefroy de Bouillon. La croix serait devenue double, pour indiquer le zèle spécial que les Lorrains avaient déployé pour la délivrance du Saint-Sépulcre. Un ancien docteur, prononçant l'oraison funèbre de Claude de Guise, s'écrie avec

1. .Ainsi le lion de Juliers a ^I^ décrit p*r les anciens spéciatistea : Éoiood du Boullaj, Hcmiqnei, (rtc. En iK56. M. GrEnniKn dk Ddhast. g'^lanl informé aiipréE des aulorilés de Gueldre des umoiries de Gueldre et de Juliers, re;ut comme réponse que le lion de Guetdrc «Tait bien sa courooDc, mais (|ue celui de Juliers n'en avait pas. Pcul-ttre à Juliers lui eùt-on dil tout le contraire Gumniut DE DuKtsT préleadil dès lors que ce tersil un crime de couronner le lion de Juliers (Sur lat oitilia ormoinet de la oitlt </e Nancy, iS56, p. ta). Il ■ été suivi par Jàhioib, Le* armoiriea de la oilU rit Nancy, 1871), p. 10. Et il en est aitisi dans l'écu oFlldellement adopté par la ville.

ï. Du S.iULCï. Beeherchet tur Ut monnoùi det dam hrréditaïret de lAirraine, pi. XVil, 11° g.

3. /.e très rxcttUnl enterrement du Irèt liault et Irrt iiliutre prince Claude de Lorraine, duc dt Gayte. l'iris, [55o.

éloquence : « Gomme Abraham eut augmentation de lettres en son nom pour sa grande foy, ainsi la famille lorraine a eu augmentation de signe de croix pour leur fervent zèle à la défencion de la terre saincte^ » Et une pareille opinion est exprimée par le roi d'armes Émond du BouUay, dans le récit qu'il fit des funérailles de ce prince *. Mais, en réalité, la croix de Lorraine n'a pas une antiquité aussi reculée. Elle n'est venue en notre pays qu'avec le duc d'Anjou René I*'.

De façon générale, la croix à double traverse a une origine orientale. On l'appelle en archéologie la croiœ byzantine, et le croisillon supérieur représentait sans doute, tout d'abord, légèrement exagéré, le titrCj c'est-à-dire l'écriteau trilingue qu'on clouait sur le bois de torture. Cette croix fut estimée être la croix symbolique de Jérusalem, et on s'explique que le patriarche de cette ville en ait fait l'insigne distinctif de sa charge. Or, voici que les rois de Hongrie s'emparent de cet emblème ; pour la première fois elle apparaît sur les sceaux d'André II (i2o3-i235) qui précisément prit le surnom de Hiérosolymitain^ Mais, quelque temps plus tard, des princes de la maison d'Anjou devinrent, par suite de mariages, rois de Hongrie ; et, pendant près d'un siècle, la couronne de saint Etienne resta dans leur famille. La dernière héritière de cette maison, Jeanne II, adopta, peu de temps avant sa mort qui arriva en i435, le jeune René, et désormais ce prince, qui aimait les emblèmes et les multipliait, a adopté la croix à double traverse de Hongrie^. Sur le grand sceau dont il se servit de i435 à i453, il a fait dessiner son écu, qui représentait au premier quartier, nous l'avons vu, les armes de Hongrie moderne \ mais à côté il a fait graver un second écu offrant, au-dessus d'un mont à trois coupeaux, la croix à double traverse qui est de Hongrie ancien^. Et, désormais, cette croix apparaît sur les monnaies, comme nous l'avons vu ; elle est

1. Claude Guilliaud, L'oraison Junèbre déclarative des gestes, meurs, vie et trespas du très illustre prince Claude de Lorraine, duc de Guy se et (TAumalle, à Paris, par lehan Dallier, i55o, P» 8 verso,

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